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De Cyprien Fabre à Faure Gnassingbé Le Togo revient de loin. Mis au banc par la communauté internationale, sanctionné pendant 14 ans par l’Union européenne, en proie à de sérieures convulsions politiques, on imaginait difficilement ce pays s’en sortir. Et pourtant en deux ans le président Faure Gnassingbé sera parvenu, à coup de réformes profondes, à redonner au Togo sa respectabilité. L’embargo européen est levé, les officiels étrangers sont de retour à Lomé et la Banque mondiale et le FMI examinent les moyens de reprendre leur coopération.
Chef de l’Etat : Faure Gnassingbé (depuis le 4 mai 2005)
Premier ministre : Gilbert Fossoun Houngbo (nommé le 7 septembre 2008)
Superficie : 56.000 Km2. Pays délimité au nord par le Burkina-Faso, à l’ouest par le Ghana, à l’est par le Bénin et au sud, sur 50 Km, par le Golfe de Guinée
Climat : équatorial au sud, sahélien au nord Population : 3,900.000 habitants dont une majorité d’animistes; 450.000 chrétiens, 250.000 musulmans -
taux de croissance : 3,1% par an
- taux de fécondité : 6,2 enfants
- répartition par âge : moins de 15 ans : 47%, plus de 65 ans : 3%
- population rurale : 71%
- population urbaine : 21%
- taux d’urbanisation à Lomé : 6,1% Langue officielle : français; deux dialectes : l’Ewé et le Kabyé Monnaie : franc CFA (parité fixe avec l’Euro) Organisation administrative : 5 régions (région maritime, des Plateaux, centrale, Kara, Savanes). 30 préfectures et sous-préfectures
Nombre de fonctionnaires : 31.796 Principales villes: Lomé (700.000 habitants), Sokodé (51.000 habitants), Kara (30.000 habitants), Kpalimé (30.000 habitants)
HISTOIRE EXPRESS
C’est grâce à un commerçant, Cyprien Fabre, que la France découvre le Togo. Il signe des traités de commerce avec des chefs locaux dans les années 1870.
En 1884, l’explorateur allemand Nachtigal annexe le Togo au nom de l’empereur d’Allemagne (traité de protectorat signé le 4 et 5 juillet 1884 entre le chef traditionnel M’lapa III et le Dr. G. Nachtigal). Après la défaite allemande, en 1919, la France le récupère. Une partie sera donnée à la Grande-Bretagne pour former le Ghana, malgré l’opposition des populations. Le Togo accède à l’indépendance en 1960. Conférence nationale
Au début des années 1990, le pays est au bord de la guerre civile. Après une longue période de stabilité et de développement (le Président Gnassingbé Eyadema est arrivé au pouvoir le 13 janvier 1967), la démocratisation fait son apparition en 1991. Une conférence nationale retire au Chef de l’Etat ses principales prérogatives. Des manifestations de rue se terminent dans la violence. Une grève générale paralyse l’activité du pays.
Les investisseurs fuient Lomé, comme les touristes d’ailleurs. Des sanctions économiques sont imposées par la communauté internationale (et en particulier par la France, l’Allemagne, les Etats-Unis et l’Union européenne) en raison du blocage du processus démocratique.
En août 1993, des élections présidentielles - très contestées- donnent la victoire au Général Eyadema (96,4% des voix et un taux de participation de 44%). Paris reconnaît la validité du scrutin. En 1994, les élections législatives accordent une courte victoire au parti au pouvoir, le RPT et à ses alliés. Un Premier ministre est nommé.
Boycott des élections par l’opposition
Il s’agit d’Edem Kodjo, ancien ministre des Affaires étrangères d’Eyadema et opposant modéré. La cohabitation est difficile entre les deux hommes. En 1996, des élections législatives partielles confortent la majorité parlementaire. Eyadema se sépare de Kodjo et fait appel à un technocrate Kwassi Klutse. L’opposition, minoritaire, est peu active, elle ne constitue plus une menace pour le pouvoir. L’ex-parti unique, le RPT, regagne le terrain perdu depuis 1991.
Au sein de l’Assemblée nationale, le principal parti d’opposition reste le Comité d’action pour le renouveau (CAR) dirigé par Yao Agboyibo. En juin 1998, Eyadema est réélu Président de la République pour un nouveau mandat de cinq ans. Les élections se déroulent dans le calme malgré quelques problèmes d’organisation et les critiques d’une partie de l’opposition dont celles de l’UFC, dirigé par Gilchrist Olympio. L’Union européenne et les Etats-Unis maintiennent les pressions sur le pouvoir togolais. Kwassi Klutse est reconduit au poste de Premier ministre. Joseph Koffigoh est nommé ministre des Affaires étrangères. Un retour spectaculaire pour le Premier ministre de la transition. Des élections législatives -boycottées par l’opposition- sont organisées en 1999. Quelques jours plus tard, un nouveau Premier ministre est nommé : Eugène Koffi ADOBOLI, fonctionnaire international auprès des Nations Unies, technicien avant tout et très éloigné des luttes politiques locales. Ce brillant expert économique formé aux Etats-Unis et inconnu du grand public doit gérer une situation économique particulièrement difficile en raison du maintien des sanctions économiques. Mais son bilan est maigre. Il est remercié au profit de Agbéyomé Messan Kodjo qui prend ses fonctions en août 2000. L’ancien directeur général du port de Lomé, âgé de 47 ans, est un homme à poigne et un proche de Gnassingbé Eyadema. Mais ce dernier est limogé en juin 2002. Il est remplacé par Koffi Sama, le Secrétaire Général du RPT (le parti au pouvoir).

En octobre 2002, des élections législatives anticipées sont organisées en l’absence de certains partis d’opposition qui boycottent une nouvelle fois le scrutin. Elles donnent la majorité des sièges au RPT. Des formations d’opposition gagnent quelques circonscriptions et font leur entrée à l’Assemblée. Le 1er juin 2003, le président Eyadema a été réélu à la tête de l’état pour un nouveau mandat de cinq. Il a prêté serment le 20 juin suivant en présence de sept chefs d’Etat africains et de nombreuses personnalités européennes.

Le 24 juin 2003, le gouvernement a présenté sa démission. Le Premier ministre, Koffi Sama, a été reconduit dans ses fonctions le 1er juillet 2003. Le nouveau gouvernement regroupe de nombreux ministres déjà présents dans la précédente équipe. L’appel à un gouvernement d’ouverture, lancé par le chef de l’Etat, n’a pas été entendu par certains leaders de l’opposition. De fait, rares sont les opposants à avoir accepté un portefeuille ministériel. Des élections régionales et locales devraient avoir lieu en 2004. Sur le plan diplomatique, le Chef de l’Etat a repris l’offensive. Ses déplacements officiels se succèdent en France, au Koweit, en Chine, au Japon, dans les Emirats, au Liban ou en Israël à la recherche de nouveaux partenaires. Sur le plan régional, il manifeste un grand dynamisme en s’impliquant dans le règlement de différents conflits dont celui de la Guinée Bissau, de la Sierra Leone, de la RDC ou, plus récemment, de la Côte d’Ivoire pour lequel il a été désigné coordonateur de la CEDEAO en octobre 2002. Les négociations entre le gouvernement ivoirien et les rebelles du MPCI se sont déroulées à Lomé pendant deux mois (novembre/décembre 2002). Le Togo a également joué un rôle dans la tentative de règlement du conflit sanglant au Liberia. Après le départ de Charles Taylor du pouvoir, en août 2003, Lomé a envoyé dans ce pays 150 soldats qui participent à la force de paix de la Cedeao (Ecomil). La Présidence de l’Organisation de l’Unité Africaine qu’il a assuré de juillet 2000 à juillet 2001 a constitué une reconnaissance africaine et internationale. Eyadema est l’un des principaux artisans de la mise en place de l’Union africaine.

Dans le domaine économique, le Togo a beaucoup souffert des années de troubles et du maintien des sanctions européennes. La situation s’améliore jour après jour mais le pays a besoin de temps et de beaucoup d’argent pour reprendre ses marques. Echaudés par la violence et l’instabilité, les investisseurs européens hésitent encore; les asiatiques semblent plus dynamiques.

Ils profitent de la zone franche de Lomé qui est pour eux un outil performant. Il faut également noter les très bonnes performances du Port de Lomé (PAL). Mais cela ne suffit pas au Togo pour redécoller. Il a besoin de la confiance de ses partenaires traditionnels, des bailleurs de fonds et de la communauté internationale toute entière. Le bon déroulement des élections présidentielles du 1er juin 2003 et le rapport favorable rendu public par les observateurs de l’Organisation de la Francophonie (OIF) pourraient inciter l’Union européenne et les autres partenaires du Togo à reprendre leur coopération économique. L’UE a indiqué qu’elle se pencherait sur le cas du Togo au mois de septembre ou d’octobre. Le président Gnassingbé Eyadema est mort subitement le 5 février 2005. Il avait dirigé le Togo durant 38 ans. Son successeur est Faure Gnassingbé qui est entré en fonction le 7 février 2005. Il a laissé sa place le 25 février 2005 à Abbas Bonfoh (intérim). Des élections présidentielles se sont déroulées le 24 avril 2005; élections remportées par Faure Gnassingbé qui a pris officiellement ses fonctions le 4 mai 2005. Un Premier ministre a été nommé le 8 juin 2005, Edem Kodjo. Ce dernier a présenté sa démission le 16 septembre 2006. Son successeur est Yawovi Agboyibo, un opposant de longue date au régime, leader du CAR et avocat de formation. Sa nomination est intervenue après la signature d'un accord politique global qui prévoit la formation d'un gouvernement d'unité nationale jusqu'à l'organisation d'élections législatives en 2007.

Après la tenue de celles-ci en octobre 2007, Komlan Mally (RPT) accède à la Primature.

Le 7 septembre 2008, il est remplacé à ce poste par Gilbert Fossoun Houngbo, directeur du Pnud pour l'Afrique et expert-comptable de formation. Un gestionnaire chargé de mettre en œuvre les réformes économiques avec le soutien des institutions internationales.
Publié le 8 September 2008.

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