Forces vives et fanfares pour le 50e anniversaire

02/10/2008
Forces vives et fanfares pour le 50e anniversaire

Premier pays d'Afrique subsaharienne à avoir obtenu son indépendance de la France, la Guinée a fêté jeudi ses 50 ans de "liberté", sans que le général Lansana Conté, au pouvoir depuis 24 ans, n'apparaisse en public, et dans un contexte de marasme économique, social et politique.

Conviés aux festivités, sept chefs d'Etat de la région ont répondu présent: Joao Bernardo Vieira (Guinée-Bissau), Yahya Jammeh (Gambie), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Ellen Johnson Sirleaf (Liberia), Amadou Toumani Touré (Mali), Abdoulaye Wade (Sénégal) et Ernest Bai Koroma (Sierra Leone).Une cérémonie et un défilé des "forces vives", en fanfare, ont rassemblé plusieurs milliers de personnes sur un boulevard aménagé pour l'occasion, face au palais présidentiel. La première dame, Henriette Conté, a déposé une gerbe pour "tous les martyrs" de la Guinée.

Au pouvoir depuis un coup d'Etat en 1984, Lansana Conté n'a pas participé aux festivités de la mi-journée. Le chef de l'Etat âgé de 74 ans, affaibli par la maladie, a néanmoins reçu ses homologues à déjeuner au palais présidentiel.

Le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, nommé en mai, a déclaré dans un bref discours: "C'est pour moi un honneur de souhaiter, au nom du chef de l'Etat, la cordiale bienvenue à nos hôtes venus célébrer avec nous deux dates historiques, celle du +Non+ à la puissance coloniale le 28 sept 1958 et celle de la proclamation de l'indépendance le 2 octobre de la même année".

Il a alors cité la phrase restée célèbre du "premier président de la Guinée indépendante": "il n'y a pas de dignité sans liberté, donc nous préférons la liberté dans la pauvreté à l'opulence dans l'esclavage".

Potentiellement très riche grâce à son sous-sol (bauxite, fer, or et uranium), la Guinée reste très pauvre, classée 160e sur 177 pays sur l'échelle du développement humain du Programme de l'ONU pour le développement (Pnud).

Entre 1958 et 1984, le "Père de l'indépendance" Ahmed Sékou Touré avait rapidement troqué ses habits de président progressiste pour ceux de dictateur paranoïaque, gouvernant d'une poigne de fer un pays exsangue.

Jeudi matin, des familles de victimes du sinistre camp Boiro se sont recueillies sur le charnier de Nongo, dans la banlieue de Conakry.

"Nous avons choisi ce charnier de Nongo parce que nous sommes sûrs au moins que l'un des plus illustres fils de ce pays, Diallo Telli, y a été enseveli", a déclaré Fodé Maréga, président de l'Association guinéenne des veuves et victimes du camp Boiro. "Nous sommes à la recherche des autres charniers et nous sommes sûrs que nous parviendrons à les localiser", a-t-il ajouté.

Accusé de complot contre Sékou Touré, Diallo Telli, ancien secrétaire général de l'Organisation de l'Unité africaine (1964-1972), était mort en 1977 dans une cellule du camp Boiro.

Ce camp est devenu la prison symbole du régime répressif de Sékou Touré qui a fait quelque 50.000 morts ou disparus selon les estimations des organisations des droits de l'Homme.

Dans son discours à la nation mercredi soir, le général Lansana Conté n'a jamais prononcé le nom de Sékou Touré.

"Il y a aujourd'hui 50 ans, des hommes et des femmes engageaient notre pays dans la voie historique pour la maîtrise de son destin", a-t-il dit. "Je m'engage avec l'ensemble des membres du gouvernement à favoriser le dialogue et la concertation pour trouver les solutions appropriées à nos difficultés", a ajouté le président, régulièrement confronté à des manifestations contre son régime, toujours violemment réprimées.

"Nous voulons le développement économique et social de notre pays dans un environnement de liberté et de paix. Nous voulons le bonheur de chaque Guinéenne et Guinéen", a conclu Lansana Conté, dont le régime depuis 24 ans est très critiqué par les organisations de défense des droits de l'homme.

 

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