"Le gouvernement ne saurait être un rassemblement de roitelets »

01/12/2007
"Le gouvernement ne saurait être un rassemblement de roitelets »

Le président du Gabon, Omar Bongo Ondimba, a dénoncé samedi, à l'occasion du 40e anniversaire de son arrivée au pouvoir, la corruption et l'affairisme qui ont "gangrené" l'Etat, accusant l'administration d'avoir fait "main basse" sur les fonds destinés au développement.

Le doyen des chefs d'états africains, dont la longévité politique est inégalée sur le continent, a promis de nommer "le moment venu" un nouveau gouvernement "resserré" et plus efficace.L'Etat gabonais est "aujourd'hui affaibli par l'ethnisme, le clientélisme, l'affairisme, la corruption, la politisation outrancière, qui ont gangrené les pouvoirs publics", a-t-il déclaré dans une allocution télévisée.

"Je sais que l'état de notre réseau routier, de nos infrastructures sanitaires et scolaires, de nos moyens de transport publics, a connu une grave dégradation", a-t-il ajouté.

Omar Bongo, devenu président le 2 décembre 1967 après le décès de son prédécesseur Léon Mba, a estimé que les "détournements", la "course pour l'enrichissement illicite", la "corruption" dans la haute fonction publique et "l'impunité ambiante" avaient été autant de freins au développement du Gabon, pourtant riche en pétrole, en bois et en minerais.

"Je n'ai eu de cesse de me battre avec votre soutien pour la paix, la stabilité et l'unité nationale sans lesquels aucun travail ne peut-être fait", s'est félicité le président Bongo.

Mais il a reconnu que "beaucoup (restait) à faire".

"Je constate, pour le regretter chaque jour, que nous n'avons pas toujours fait ce qu'il fallait pour préserver les nombreux acquis engrangés au fil des ans", a poursuivi le président Bongo, déplorant "le coût de la vie et le chômage" élevés.

Grâce à la manne pétrolière, le Gabon est le 84e pays au monde si on considère son PIB par habitant (6.954 dollars), mais il n'est que 119e dans le classement de l'Indicateur du développement humain (IDH) publié cette semaine par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

Le président Bongo, qui est pourtant le chef de l'exécutif, a attribué cette contre-performance au reste de la classe dirigeante qui, depuis le retour au multipartisme en 1990, "consacre beaucoup trop de temps à la politique".

"Il est grand temps que la classe dirigeante (...) cesse de s'investir pour elle-même au détriment de l'action publique", a-t-il estimé.

"Je ne crois pas que faire main basse sur l'argent destiné à construire les routes (...) soit profitable au Gabon", a lancé le chef de l'Etat.

"Je refuse de croire que le manque de médicaments dans nos structures sanitaires, malgré les budgets importants qui sont alloués tous les ans, n'est pas dû aux détournements", a-t-il poursuivi.

"Le gouvernement ne saurait être un rassemblement de roitelets (...). Je demande pour cela au Premier ministre (...) de me proposer le moment venu une nouvelle équipe gouvernementale qui devra se caractériser par son efficacité, son intégrité, la bonne gouvernance", a conclu le président Bongo.

 

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