Mugabe affaibli mais pas hors jeu

04/04/2008
Mugabe affaibli mais pas hors jeu

Le parti du chef de l'Etat zimbabwéen Robert Mugabe a lancé sa contre-offensive vendredi après ses revers aux élections générales du 29 mars, en se disant prêt pour un second tour à la présidentielle et en contestant sa défaite aux législatives.

"Nous sommes affaiblis, mais pas hors jeu", a tonné le secrétaire pour l'administration de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), Didymus Mutasa, à l'issue de cinq heures de réunion entre les membres du bureau politique de la Zanu-PF."Il est certain qu'il y aura un second tour", a-t-il poursuivi. "Le candidat sera évidemment Robert Gabriel Mugabe. Qui d'autres pourrions nous choisir à la place de notre cher Vieux?"

Alors que les résultats officiels de la présidentielle n'étaient toujours pas publiés six jours après le scrutin, le plus âgé des chefs d'Etat africains, 84 ans, se prépare à affronter à nouveau Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

Et son parti entend contester sa défaite aux législatives dans au moins 16 circonscriptions, arguant que des irrégularités y ont été commises. "C'était l'élection la plus mal organisée que j'ai jamais vécue", a assuré Didymus Mutasa.

Selon les résultats définitifs des législatives, la Zanu-PF a perdu sa majorité à la chambre des députés en obtenant seulement 97 sièges sur 210 contre 109 au MDC.

Mugabe, qui dirige l'ex-Rhodésie du sud britannique depuis l'indépendance en 1980, s'était fait très discret depuis le scrutin, se contentant d'une brève apparition à la télévision jeudi.

Vendredi, il est apparu souriant et décontracté. A un membre de la Zanu-PF vaincu aux législatives, il a lancé: "Vous avez été frappé par la foudre!"

De son côté, le MDC a annoncé avoir saisi la justice pour obliger la commission électorale du Zimbabwe (ZEC) à publier le décompte des suffrages.

Des associations de défense des droits civiques ont également appelé à la diffusion "d'urgence" des résultats pour restaurer "une certaine confiance publique dans le processus électoral".

La communauté internationale a ajouté sa voix à cette requête, la présidence slovène de l'Union européenne (UE) demandant une publication "sans nouveau délai".

Anticipant d'éventuelle manipulation des résultats, le MDC avait diffusé mercredi son propre décompte, assurant que Tsvangirai avait gagné au premier tour. Le MDC avait toutefois ajouté qu'il se plierait à un second tour si les résultats officiels différaient des siens.

Les anciens combattants de la guerre d'indépendance du Zimbabwe, dont Mugabe est le héros, ont qualifié d"'illégale" cette revendication, jurant de "défendre la souveraineté" du pays. "Il ne faut pas nous chercher!" a lancé leur leader Jabulani Sibanda.

"Mugabe a toujours voulu rester au pouvoir à vie" et ses proches sont prêts à "lutter jusqu'au bout", a commenté Jonathan Moyo, ancien proche de Mugabe devenu l'un de ses plus féroces critiques, en prédisant: "On va voir les vétérans de guerre et les milices terroriser les villageois".

Dans cette atmosphère tendue, deux journalistes, un Américain et un Britannique, ont été inculpés vendredi par la police pour avoir couvert les élections sans accréditation. Selon leur avocat, le procureur général a cependant estimé "qu'il n'y avait pas lieu de poursuivre" et ils "devraient être libérés".

Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont exprimé leur inquiétude et la France a demandé à Harare de "relâcher sans délai" ces reporters.

A contre-courant, l'Afrique du Sud, souvent critiquée pour sa "diplomatie discrète" envers Mugabe, a accusé une partie des médias étrangers de mener une "campagne orchestrée" pour discréditer Harare.

Quelque 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, députés, sénateurs et conseillers municipaux, sur fond de marasme économique, marqué par une hyperinflation record de plus de 100.000%.

 

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