Tensions avec la France

08/03/2009
Tensions avec la France

Après des protestations et mises en garde contre ce qui est présenté comme une campagne des médias français contre son président, le pouvoir au Gabon a appelé à une révision des accords avec la France, nouveau palier dans des relations tendues entre les deux pays.

Depuis 2008, et notamment la diffusion par la télévision publique France 2 d'un reportage sur le patrimoine immobilier en France du président gabonais Omar Bongo Ondimba, des déclarations musclées dénoncent régulièrement au Gabon une "campagne de dénigrement" des médias français "publics et privés".Après une certaine accalmie, ces déclarations gabonaises ont repris à la faveur de l'annonce, fin février par la presse hexagonale, de la saisie des comptes bancaires en France de M. Bongo, après qu'il eut été condamné dans ce pays à rembourser plus de 457.000 euros versés par un Français pour faire libérer son père détenu à Libreville en 1996.

Le gouvernement gabonais a fustigé, les 4 et 5 mars, une "entreprise de déstabilisation", une opération "pernicieuse" et "abjecte", sans nommer les "auteurs et complices" de ces agissements, ce que n'ont pas manqué de faire certains journaux locaux.

Ont ainsi été cités l'AFP, Radio-France Internationale (RFI), Sud-Ouest, Le Nouvel Observateur, Libération, Le Monde et Canal+. Une "presse-commando de France", a accusé le journaliste Raphaël Ntoutoume Nkoghé, par ailleurs conseiller à la présidence, dans une tribune publiée le 2 mars par le quotidien national L'Union.

"Une armada de médias mobilisés, un vaste clonage d'articles et de commentaires. C'est la propagande", écrit M. Ntoutoume Nkoghé dans ce texte intitulé "Touche pas à l'homme blanc!".

Si les autorités évoquent "des fins inavouées", lui estime que c'est parce que le président Bongo a "décidé de multilatéraliser le partenariat", avec une ouverture notamment à la Chine, au détriment de "la belle époque du partenariat unilatéral et des privatisations pro-françaises".

Un point de vue partagé par d'autres publications, à l'instar de l'hebdomadaire satirique privé Le Nganga, qui a fait état d'une "menace de divorcer d'avec ce conjoint encombrant, gigolo et incapable d'assumer" qu'est la France pour le Gabon.

Dans une déclaration diffusée samedi, le Parti démocratique gabonais (PDG), disposant d'une majorité écrasante au parlement bicaméral et au gouvernement, a joint sa voix au concert de dénonciations, en franchissant un palier: il a invité "instamment le gouvernement et le parlement (...) à réexaminer en profondeur les accords de coopération entre la France et le Gabon".

Aucune précision n'a été fournie mais cela pourrait concerner "tous les accords", y compris ceux de défense, selon un responsable gabonais.

D'après des documents diplomatiques français, la France est le premier bailleur de fonds bilatéral du Gabon. Les interventions de sa coopération "concernent principalement l'Etat et ses institutions mais une part croissante de ses crédits appuie aujourd'hui la société civile et les collectivités territoriales."

Selon les mêmes sources, depuis 1960, les deux pays ont signé 48 "traités bilatéraux" dans plusieurs secteurs, dont la défense, la navigation aérienne, la Marine marchande, la télévision, les flux migratoires.

Une révision des accords de défense avec la France, qui dispose au Gabon d'une base avec près de 1.000 militaires, "ne nous gênerait pas", a assuré le responsable joint samedi.

En février 2008, le président français Nicolas Sarkozy avait promis la renégociation de tous les accords militaires entre son pays et l'Afrique.

 

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