Côte d'Ivoire : de guerre lasse

18/01/2007
Côte d'Ivoire : de guerre lasse

Le processus de paix ivoirien, plus que jamais dans l'impasse, revient vendredi à Ouagadougou sur la table de la Communauté économique des Etat d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) en présence du président Gbagbo, qui affiche sa volonté de "dialogue direct" avec les rebelles.

Les chefs d'Etat ouest-africains prendront le relais des diplomates du Groupe de travail international (GTI) sur la Côte d'Ivoire, qui ont avoué vendredi dernier à Abidjan leur impuissance à résoudre une "impasse totale".  

Constatant l'échec de la résolution 1721 de l'ONU adoptée le 1er novembre dernier, le GTI a chargé la Cédéao et l'Union africaine (UA) de "procéder à un réexamen de la situation".

 

A l'issue de sa réunion, la Cédéao transmettra ses recommandations à l'UA, qui étudiera à son tour le dossier ivoirien les 29 et 30 janvier à Addis-Abeba.

 

Leurs conclusions serviront de base à un rapport d'étape sur l'application de la 1721 qui doit être envoyé le 1er février au conseil de sécurité de l'ONU.

 

Selon une source diplomatique à Abidjan, la Cédéao étudiera vendredi quatre propositions peu radicales: envoyer une délégation ouest-africaine pour expliquer la situation ivoirienne au conseil de sécurité de l'ONU, convaincre celui-ci d'envoyer une mission d'évaluation en Côte d'Ivoire, envoyer une délégation de la Cédéao à Abidjan, le tout "en maintenant les grands principes de la résolution 1721".

 

Le GTI a pourtant constaté l'échec cuisant de la 1721, dont l'objectif principal, l'organisation d'élections avant la fin octobre 2007 pour réunifier un pays coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat rebelle de septembre 2002, semble d'ores et déjà hors de portée aux yeux de nombreux diplomates.

 

De guerre lasse, et faute d'option alternative, la communauté internationale semble aujourd'hui résolue à composer avec le président Gbagbo, après avoir tenté en vain, avec la résolution 1721, de réduire ses pouvoirs au profit du Premier ministre Charles Konan Banny, qu'elle lui avait imposé fin 2005.

 

Même la France, ancien colonisateur, principal artisan de la 1721 et qui jamais caché son hostilité envers M. Gbagbo, a fini par endosser la dernière proposition du président ivoirien d'un "dialogue direct" avec la rébellion qui contrôle la moitié nord du pays.

 

Signe de cette ouverture, la ministre française déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin a rencontré pour la première fois M. Gbagbo vendredi dernier.

 

Officiellement, la France, tout comme l'Union européenne et la rébellion, approuve l'idée d'un "dialogue direct dans le cadre de la résolution 1721".

 

Or "les deux termes sont incompatibles: soit on continue la 1721 avec Banny, soit on l'écarte au profit d'un dialogue direct", relève un diplomate européen, qui dénonce "un slogan cache-misère destiné à masquer l'impasse actuelle".

 

La promotion du "dialogue direct" nourrit les spéculations sur le remplacement de M. Banny, qui n'a jamais su s'imposer face au président Gbagbo, par le chef de la rébellion, Guillaume Soro.

 

Reste à savoir si la Cédéao, qui sera présidée à partir de vendredi par le président burkinabè Blaise Compaoré, réputé proche de la rébellion ivoirienne, ira jusqu'à prôner une cohabitation Gbagbo-Soro.

 

Un responsable français estime que "cela est possible, car l'impasse est telle qu'on ne peut pas rester dans la situation actuelle".

 

Un diplomate européen et un observateur ivoirien estiment de leur côté cette option "peu probable" et considèrent le "dialogue direct" comme "un nouvel artifice politique destiné à amuser la galerie" jusqu'à la fin de la transition prévue par la résolution 1721", et censée être "finale" pour M. Gbagbo.

 

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