Lutte contre les cartels de la drogue

28/10/2008
Lutte contre les cartels de la drogue

L'Afrique de l'Ouest est "devenue une plaque tournante du trafic de drogue", a déploré mardi à Praia la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, dont le Togo est membre)), qui veut renforcer sa "coopération" avec l'Amérique du Sud et l'Europe pour combattre les cartels.

"Au moment où le monde fait face à la crise financière et alimentaire, il y a des fléaux moins médiatisés, mais tout aussi ravageurs, comme le trafic de drogue", a déclaré le chef de l'Etat burkinabè, Blaise Compaoré, président en exercice de la Cédéao. "Notre région est devenue une plaque tournante du trafic de drogue", a-t-il déploré d'emblée.M. Compaoré s'exprimait à l'ouverture d'une conférence ministérielle de deux jours consacrée "aux menaces du trafic de drogue sur la sécurité" en Afrique de l'Ouest, co-organisée par la Cédéao et l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

L'ONUDC a appuyé son constat par des chiffres: "Depuis 2005, au moins 46 tonnes de cocaïne" à destination de l'Europe ont été saisies alors qu'elles transitaient par l'Afrique de l'Ouest". Avant cette date, les saisies sur l'ensemble du continent atteignaient rarement une tonne.

Selon l'Office spécialisé, la plupart des cargaisons de drogue sud-américaines "accoste dans le nord de la Guinée-Bissau et au sud du Ghana".

Puis "une grande quantité de drogue est expédiée en Europe par des +mules+ (des passeurs ayant souvent ingurgité des dizaines de capsules de cocaïne ndlr) sur des vols commerciaux".

Pour l'organisme spécialisé de l'ONU, "le trafic de cocaïne ajoute une étincelle dans une région déjà très inflammable et (...) les risques que cela représente en matière de sécurité sont réels".

L'ONU estime certes "peu probable qu'un cartel de cocaïne étranger tente par lui-même de renverser un gouvernement" mais, prédit-t-elle dans un rapport, "les dissidents locaux devenus puissants grâce au profit retiré du commerce de la drogue le peuvent".

En outre, poursuit le rapport de l'organisme onusien, "la situation en Afrique de l'Ouest pourrait finir par ressembler à celle à laquelle le Mexique est confronté aujourd'hui, dans laquelle des forces de police locales ont été enrôlées par des réseaux de trafiquants, qui se livrent à une guerre ouverte avec l'Etat et entre eux".

"Le temps presse, la menace s'étend", a mis en garde le directeur général de l'ONUDC, Antonio Maria Costa. Il a appelé la communauté internationale à aider les pays ouest-africains à regagner le contrôle de leurs côtes et de leur espace aérien, et à former des forces de police spéciales pour enquêter sur le crime organisé et le trafic de drogues. Il a également proposé la création d'un centre de partage de renseignements de l'Afrique occidentale.

Quant à la Cédéao, elle a affiché sa volonté d'action en "synergie".

"Le combat (contre la drogue) ne doit pas se limiter à l'intérieur de chaque pays. Il exige un combat intégré", a jugé le président cap-verdien Pedro Pires.

M. Compaoré a appelé à "une coopération renforcée entre l'Afrique de l'Ouest, l'Europe et l'Amérique latine" dans la lutte contre le narcotrafic.

Les ministres de l'Intérieur ou de la Justice des 15 pays membres de la Cédéao doivent adopter mercredi "un plan d'action" commun contre ce fléau.

L'ONUDC leur a loué le "bel exemple" de lutte contre le trafic de stupéfiants que constitue le Cap-Vert, devenu "une destination à risques pour les trafiquants de drogue grâce à une coordination meilleure et renforcée entre les responsables des services de douanes et d'immigration, les garde-côtes et la police". "La même chose peut être reproduite partout", a insisté M. Costa.

 

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