Une gestion plus inclusive du développement

01/12/2011
Une gestion plus inclusive du développement

Comment rendre la coopération au développement plus efficace ? Tel est le thème du 4e Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui s'est ouvert mardi à Busan, en Corée du Sud.

Une délégation togolaise, conduite par la ministre de la Planification, Dédé Ahoéfa Ekoué, y participe. Elle comprend des représentants de plusieurs ministères ( Finances, Secteur Privé et Affaires étrangères) et des membres de la société civile.

Les représentants de gouvernements, de la société civile et du secteur privé de pays donateurs et de pays bénéficiaires souhaitent nouer un partenariat nouveau et plus étroit afin d'améliorer l'efficience et l'efficacité de la coopération au développement.

A Busan a eu lieu, pour la première fois, un dialogue structuré avec tous les donateurs et les pays en développement, afin de créer une base commune pour une meilleure efficacité de l’aide. Il est aujourd’hui admis que le développement ne peut porter ses fruits que si l’aide est orientée vers les priorités définies par les pays bénéficiaires de l’aide . l’accent a aussi été mis sur l’importance d’utiliser les systèmes nationaux et de renforcer la responsabilité pour les résultats :: du coté des bailleurs, il s’agit de veiller a ce que tous les bailleurs qui ils soient traditionnels ou émergents s’inscrivent dans cette logique adoptée à Busan par eux tous : meilleure appropriation, un meilleure alignement aux priorités et une utilisation croissante des systèmes  nationaux. Telles sont les idées qui marquent c nouveau pacte de gestion de l’aide qui renforcera l’application de la déclaration de paris et le programme d’action d’accra . Cette orientation est vivement encouragée par le Togo. En somme il s’agit de donner aux pays bénéficiaires le leadership de leur destin et la responsabilité de veiller ensemble avec les bailleurs aux résultats de développer :,

Il a été aussi  question de veiller  à une approche inclusive qui permettra aux acteurs non gouvernementaux tels que la société civile, le secteur privé et les parlements d’être plus impliqués dans tous les processus de gestion du développement  tout en veillant à ce que chaque type d’acteurs joue son propre rôle et ait les capacités de jouer ce rôle avec efficacité. 

« Cette gestion plus inclusive du développement et des questions d'aide prévoit d’associer  les élus, la société civile et le secteur privé ainsi que les femmes et les jeunes », explique la Ministre Dédé Ahoéfa Ekoué

La finalité de cette conférence est de parvenir à un nouveau consensus plus rassembleur pour de meilleurs résultats de développement. 

Dédé Ahoéfa Ekoué

Voici l’intervention de la ministre de la Planification du Togo, Dédé Ahoéfa Ekoué

Permettez moi tout d’abord de féliciter la Corée pour l’organisation réussie de ce quatrième forum sur l’efficacité de l’aide et d’exprimer ma profonde gratitude au gouvernement et au peuple Coréen pour le chaleureux accueil et les facilités offerts à notre délégation.

Le Togo, à l’instar des autres  pays fragiles après la reprise de la coopération en 2008   a accompli des progrès sensibles dans plusieurs domaines. Grace à un leadership national déterminé et volontariste et à l’appui de la coopération internationale nous avons enregistré plusieurs avancées sur le plan de la gouvernance et du développement.  En tant que pays africain et pays fragile, le Togo s’est investi dans l’exercice des enquêtes sur la Déclaration de Paris  et sur les principes d’’engagement  international dans les Etats fragiles. Les résultats de ces enquêtes  montrent que parmi les bonnes pratiques du Togo figurent l’alignement de l’aide aux priorités du pays inscrites dans la stratégie nationale de développement, la mise en place et  opérationnalisation de la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR), l’institutionnalisation d’’un dispositif de coordination des politiques de développement , l’engagement de la société civile dans l’élaboration de la stratégie nationale de développement et dans le dialogue  multi acteurs sur l’efficacité de l’aide à travers les différentes enquêtes.

La mise en œuvre de la stratégie de développement ( document de stratégie pour la réduction de la pauvreté)  a permis d’enregistrer des progrès notables sur plusieurs plans. 

Sur le plan politique ; les élections présidentielles transparentes et l’opérationnalisation de la Commission Vérité Justice Réconciliation ainsi que la mise en place d’un gouvernement de large ouverture ont contribué à  l’apaisement du climat politique et  à la consolidation de la démocratie.

Sur le plan économique,  malgré les limites dues à l’érosion des capacités à la suite de la crise, à la faiblesse de ressources de l’aide et aux multiplies crises mondiales  ( financière, économique et climatique et alimentaire); le Togo s’est résolument lancé  dans une trajectoire  de croissance économique avec un taux de croissance d’environ 4.1% pour 2011. Le pays a engagé des reformes et assainit ses finances publiques  et atteint le point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés en décembre 2010. Par ailleurs,  l’investissement dans l’agriculture, secteur clé de l’économie et employant   plus de 60% de la population  porte ses fruits avec  des excédent de productions céréalières, contribuant ainsi à la fois à la croissance  et à la sécurité alimentaire.  Pour ce qui est des OMD, les besoins sont importants mais  les efforts importants  faits par le Togo avec l’aide de ses partenaires ont permis au Togo d’être classé parmi les 20 premiers pays qui ont fait des bonds en termes absolus par rapport deux OMD. Malgré ces bonds,  seuls deux OMD  pourraient être atteints d’ici 2015. Par conséquent, pour avancer plus vite vers les OMD, le Togo a élaboré avec l’appui des Nations Unies des cadres d’accélération des OMD qui vont permettre de mettre en œuvre des stratégies pour des avancées plus rapides vers les cibles.  Le défi important  qui reste à relever est le financement de ces stratégies, le Togo y travaille avec ses partenaires au développement.

Le Togo est maintenant tourné vers  un objectif à moyen terme de croissance forte, durable, inclusive et génératrice d’emplois particulièrement pour les jeunes En ligne avec sa déclaration de  politique gouvernementale adoptée par l’assemblée nationale en Juin 2010  pour la période  2010-2015, programme issu de l’agenda de Son Excellence Faure  Gnassingbé Président de la République. En effet, la croissance économique, la réduction de la pauvreté, la protection sociale et la création d’emplois de même que la consolidation de la paix et de la démocratie  sont des éléments fondamentaux pour la pérennisation de la stabilité socio- politique et pour la transition du Togo d’une ère de fragilité vers une ère de prospérité.  La réalisation de ces objectifs passe par une utilisation judicieuse  de toutes les ressources  (ressources internes et externes) pour accompagner la réalisation de nos priorités y compris le développement de  notre capital humain, le renforcement de nos infrastructures, et le développement du secteur privé qui est le moteur de la croissance. Dans cette optique, conscient que pour  notre pays, le développement est une urgence, nous avons ouvert plusieurs chantiers  pour optimiser la gestion du développement et de l’aide. 

Parmi les initiatives réalisées et en cours figurent :

• La formulation et la validation de la politique de l’aide ; 

• le processus de mise en place de la base de données sur l’aide ;

• la mise en place d’un dispositif de coordination des politiques de développement, cadre multi-acteurs qui va aussi servir pour la coordination de l’aide au niveau national et au niveau sectoriel

• le renforcement de ces systèmes nationaux et des capacités ( passation de marchés, planification, gestion des résultats, gestion budgétaire ; reddition des comptes, suivi évaluation et  production des statistiques, 

• Le dialogue avec la société civile sur l’efficacité de l’aide et sur la préparation de la nouvelle stratégie de développement (DSRPII).  

• Une meilleure participation des jeunes dans les processus du développement et dans la préparation de la nouvelle stratégie de développement.

L’élaboration d’un plan d’action national pour la responsabilité mutuelle pour les résultats  nous permettra de veiller à la mise en œuvre optimale de ces actions afin d’accroitre l’efficacité du développement y compris de l’aide et de renforcer la responsabilité de chaque acteur pour les résultats de ces actions de développement. La réalisation réussie et rapide de ces initiatives destinées à améliorer l’efficacité de l’aide nécessite un renforcement des capacités de tous les acteurs nationaux ( gouvernement, parlement, société civile, medias, secteur privé) tant au niveau organisationnel qu’humain.  Pour ce faire, à travers le Centre Autonome d’Etudes et de Renforcement des Capacités pour le développement du Togo,  fruit d’un partenariat entre le Togo et African Capacity Building Fondation (ACBF)  nous  renforcerons l’échange de connaissances entre les différents acteurs nationaux y compris l’administration, la société civile, le secteur privé. Par ailleurs, l’utilisation des compétences de la diaspora et la formation continue des jeunes cadres occuperont dans la durée une place de choix dans la stratégie de renforcement des capacités  humaines. . Enfin un accent accru sera mis sur la coopération SUD-SUD y compris la coopération triangulaire.

Nous saluons à cet effet l’initiative de la plateforme africaine pour l’efficacité du développement qui représente une opportunité de taille pour le renforcement des capacités, et les échanges de connaissances au niveau régional. C’est lui d’appeler à un renforcement de l’appui aux institutions régionales et sous régionales qui accompagnent le développement de  capacités nationales et  soutiennent les dynamiques d’intégration régionale et sous régionale des économies.

Nous tenons ici à exprimer  toute notre gratitude à   nos partenaires  qui nous accompagnent dans la réalisation de ces objectifs  et invitons les autres à se joindre à nous dans cette phase prometteuse d’opportunités et de succès pour le Togo. 

En tant que partie prenante  le Togo soutient le consensus de l’Afrique pour l’efficacité de l’aide au développement. En tant qu’Etat Fragile, le Togo souscrit aussi au nouveau pacte pour les Etats Fragiles appelé New Deal qui doit permettre aux états  post conflits et fragiles de passer de la fragilité à la résilience. 

Nous saluons la prise en compte des stratégies clés recommandées par ces consensus dans l’accord de Busan , accord que nous soutenons car il ouvre une nouvelle page d’espoir pour l’efficacité du développement. Nous sommes convaincus que sur la base de ces accords nous pourrons ensemble consolider et accroître les succès que nous avons enregistrés  pour un développement plus efficace  au Togo, en Afrique, dans les Etats Fragiles  et dans le monde afin d’accélérer notre avancée collective vers les OMD.

Je vous remercie.

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