Le Togo devance les attentes de la Banque mondiale

22/04/2018
Le Togo devance les attentes de la Banque mondiale

Albert G. Zeufack

La dernière édition d’Africa’s Pulse, le rapport semestriel de la Banque mondiale, a été publiée cette semaine à l’occasion des Assemblées du FMI et de la BM à Washington.

Une rencontre bi-annuelle à laquelle prend part le ministre togolais de l’Economie et des Finances, Sani Yaya.

Le rapport analyse l’état des économies africaines et s’intéresse au rôle de l’innovation pour accélérer l’électrification en Afrique. 

Une thématique déjà développée au Togo avec la mise en œuvre du projet ‘Cizo’ qui prévoit le raccordement de 300.000 foyers en systèmes solaires domestiques. Les habitants pourront recevoir de l’électricité, brancher une télévision ou charger un téléphone à partir d’un simple kit.

L’amélioration de l’accès à l’électricité est en effet essentielle au développement de l’Afrique, qui possède actuellement le taux d’électrification des ménages le plus faible du monde, estime la Banque mondiale.

‘L’accès à l’électricité permettra des gains de productivité inter et intrasectorielle’, affirme Albert G. Zeufack, économiste en chef de la BM pour la Région Afrique. 

‘Les pays africains doivent adopter la technologie et mettre à profit l’innovation pour que l’électricité soit de qualité, durable et bon marché’.

Très exactement ce que le Togo est en train de faire.

Le rapport indique qu’en 2016, le taux d’électrification des ménages dans la région s’établissait à 42 % en moyenne. On observe de grandes disparités entre les pays (certains pays fragiles affichent même un taux inférieur à 10 %), mais aussi entre ménages ruraux et urbains (22 %, contre 71 % environ). 

L’Afrique est en outre confrontée à divers problèmes : faible consommation, fourniture irrégulière et peu fiable, coût élevé du kilowatt et entreprises d’électricité déficitaires.

Le rapport se penche sur le potentiel des systèmes domestiques solaires dans les zones faiblement peuplées et isolées. Les progrès rapides de ces technologies pourraient conduire à des réductions de coûts substantielles et permettre d’apporter l’électricité à des populations qui en étaient jusqu’ici privées. Toutefois, s’ils améliorent les conditions de vie, les systèmes domestiques ne peuvent pas à eux seuls accroître les revenus et l’emploi, ni réduire la pauvreté dans ces régions, car ils sont insuffisants pour fournir la quantité d’électricité nécessaire à la plupart des activités productives.

Selon les conclusions du rapport, les mini-réseaux constituent une solution viable pour améliorer l’accès à l’électricité dans les zones où l’extension du réseau coûte cher ou n’est pas encore possible. 

Même si le développement de ce secteur est jusqu’ici limité en Afrique subsaharienne, à l’exception de la Tanzanie, plusieurs autres pays (comme le Nigéria et le Rwanda) ont entrepris d’importantes réformes de la réglementation afin de réduire les obstacles à ce type d’investissements. 

Le rapport met en évidence deux principales raisons qui freinent l’engagement du secteur privé dans les mini-réseaux : le problème du recouvrement des coûts et l’incertitude quant aux perspectives d’avenir de cette infrastructure lorsque le réseau commencera à couvrir la zone en question.

‘Si l’on veut sauter les étapes traditionnelles de l’électrification qui reposent sur le développement du réseau national, il faut combiner différents systèmes afin de répondre à des besoins divers’, explique Punam Chuhan-Pole, économiste principale à la Banque mondiale et auteur du rapport. ‘Pour développer l’électrification, il faudra impérativement faire appel au secteur privé.’

C’est le chemin choisi par le Togo qui a confié le projet ‘Cizo’ à l’opérateur britannique BBOXX. Il y en aura d’autres.

La BM recommande de rationaliser la tarification de l’électricité, d’abaisser les obstacles réglementaires qui limitent l’investissement du secteur privé dans la production sur le réseau et hors réseau, d’accroître l’efficacité et la transparence des entreprises du secteur et d’encourager une réglementation sectorielle plus indépendante.

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