Cellule africaine : l'envers du décor

13/07/2007
Cellule africaine : l'envers du décor

Les juges enquêtant sur d'éventuelles pressions sur la justice française dans l'affaire Bernard Borrel, un juge tué en 1995 à Djibouti, ont perquisitionné les domiciles de l'ex-responsable de la cellule africaine à la présidence française. Les magistrates se sont rendues lundi dans la résidence du sud de la France et mardi au domicile parisien de Michel de Bonnecorse, le "Monsieur Afrique" de l'Elysée durant la présidence de Jacques Chirac.

Elisabeth Borrel, veuve du juge Bernard Borrel, tué dans des circonstances non-élucidées, a porté plainte avec constitution de partie civile le 25 juin contre Michel de Bonnecorse pour "pression sur la justice". 

Cette plainte vise une déclaration de M. de Bonnecorse au journal Jeune Afrique (29 avril - 5 mai 2007) dans lequel il indique : "contrairement à ceux qui préjugent de l'assassinat de Bernard Borrel sur ordre des autorités djiboutiennes, je préjuge, moi, qu'il s'est suicidé".

 

Dans un communiqué du 19 juin, le procureur de la République de Paris a confirmé officiellement l'origine criminelle de la mort du juge Borrel.

 

Et Michel de Bonnecorse ne semble pas au bout de ses démêlés judiciaires, mais au contraire à ses débuts.

 

Car une autre plainte  le concerne à présent. Celle déposée par Charles Debbasch (photo), ancien Doyen de l'université d'Aix-Marseille (sud de la France) et actuellement Ministre conseiller à la présidence du Togo.

M. Debbasch accuse l'ancien conseiller à l'Elysée d'avoir effectué des pressions sur la justice en étant intervenu politiquement pour le faire condamner et réactiver le mandat d'arrêt dont il faisait l'objet jusqu'à 2006 et qui avait été pourtant régulièrement  levé par la justice.

 

Charles Debbasch connaît des ennuis judiciaires en France depuis une quinzaine d'années dans le cadre de la Fondation Vasarely qu'il a gérée bénévolement au nom de l'Université.

Pour tout justiciable cette affaire aurait du se terminer par un non-lieu

 

Mais il se trouve que Charles Debbasch exerce des fonctions importantes au Togo. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde. Et c'est sans doute la raison de l'acharnement  judiciaire dont il est victime.

 

Le constitutionnaliste réputé affirme que Michel de Bonnecorse a fait tout ce qu'il pouvait pour l'éliminer du paysage togolais ; y compris une proposition offrant une levée du mandat d'arrêt en échange d'un départ du Togo.

 

Curieuse conception de la séparation des pouvoirs.

 

D'autant plus gênant pour l'ex-Monsieur Afrique de Jacques Chirac qu'il n'a pas résisté au plaisir de commenter cette affaire à plusieurs reprises auprès de journalistes français qui ont d'ailleurs publié ses confidences.

 

Pour Charles Debbasch, il existe un ensemble de faits précis et avérés qui mettent en cause la responsabilité pénale de Michel de Bonnecorse.

 

L'ancien confident des chefs d'Etat africains pensait prendre une retraite paisible deux mois après avoir quitté l'Elysée. Mais son programme risque désormais d'être légèrement modifié.

 

Entre Elisabeth Borrel et Charles Debbasch, les possibles mises en examen auront de quoi occuper son temps.

 

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