Développement ou dépendance ?

23/09/2010
Développement ou dépendance ?

Au dernier jour du sommet sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations unies, Barack Obama a défendu mercredi l'aide américaine au développement même en temps de difficultés économiques, tout en prônant une approche différente, en favorisant les pays qui s'engagent en faveur de la démocratie et la relance économique.
Devant les dirigeants du monde entier, le président des Etats-Unis n'a pas pris de nouveaux engagements en terme financier, mais défini les grandes lignes guidant la politique d'aide au développement américaine.
Le chef de la Maison Blanche a expliqué que Washington souhaitait aider les pays pauvres à s'aider eux-mêmes, et pas offrir une aide qui offre un réconfort à court terme sans réformer les sociétés.
"Ce n'est pas du développement, c'est de la dépendance", a dit Barack Obama. "Et c'est un engrenage que nous devons briser. Au lieu de juste gérer la pauvreté, nous devons offrir aux nations et aux peuples un chemin pour sortir de la pauvreté".
"L'objectif du développement, et ce qui est le plus indispensable en ce moment, c'est de créer les conditions qui permettent qu'une assistance ne soit plus nécessaire", a-t-il expliqué. "Alors nous chercherons des partenaires qui veulent bâtir leur propre capacité à prendre en charge leur population".
Barack Obama a promis que les Etats-Unis n'abandonnerait pas les pays qui ont besoin de leur aide pour survivre. Mais il a exhorté les pays en voie de développement à prendre leurs responsabilités: "nous voulons vous aider à réaliser vos aspirations. Mais rien ne remplacera votre propre prise en main".
Les pays africains, malgré les performances d'une poignée d'entre eux, quelques taux de croissance remarquables et une accalmie des conflits, sont encore loin de remplir les objectifs de réduction de la pauvreté que l'ONU a fixés pour 2015.
Le tableau des huit objectifs du millénaire pour le développement (OMD) n'est pas uniformément sombre: 76% des petits Africains étaient scolarisés en école primaire en 2008, contre 58% en 1999, et il y a désormais 91 filles pour 100 garçons dans les classes. Quelque 60% des Africains ont accès à l'eau potable contre 49% dix ans plus tôt, selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) publié à l'occasion du sommet du millénaire.
Des succès remarquables ont été enregistrés aussi en matière de prévention du sida et de représentation des femmes dans des fonctions électives, alors que le point le plus noir reste la santé maternelle et infantile.
"La plupart des pays africains ont progressé vers tous les objectifs en dépit des récentes crises alimentaire, énergétique, financière et économique", assure le PNUD, qui se félicite de l'impact des réformes visant à une meilleure gouvernance.
"Beaucoup de pays ont mis en place des mesures pour contrer les effets de ces chocs et continuer à favoriser un développement à long terme", s'est félicité à New York le président de la Commission de l'Union Africaine (UA), Jean Ping.
Cependant, le PNUD juge "improbable" que le continent "atteigne tous les objectifs d'ici 2015". "Les rigidités structurelles et culturelles" ralentissent le progrès, relève l'agence de l'ONU.
Il faudrait accélérer le financement des investissements dans le secteur public, en particulier les infrastructures, alors même que l'aide au développement des pays riches stagne, que les financements innovants peinent à naître et que les changements climatiques entraînent des coûts imprévus.
Les partenariats avec le secteur privé, les échanges Sud-Sud sont recommandés. Les pays émergents sont appelés à contribuer à l'effort mondial. De la Chine au Brésil, l'investissement en Afrique est déjà devenu un objectif stratégique.
Succès réels et innovations ne voilent pas les difficultés de régions enclavées vivant dans le dénuement et les troubles civils. Il y a un grand écart entre le petit Ghana, "élève modèle" qui a déjà atteint l'objectif de réduction de la malnutrition, et l'immense République démocratique du Congo, où corruption, incurie et violence plombent le développement.
Si la croissance est de plus en plus soutenue par les revenus intérieurs, à l'exception de douze pays qui dépendent de l'aide extérieure pour 85% de leurs budgets, ces revenus ont pâti de la crise économique. Les variations des prix des denrées alimentaires ont provoqué des émeutes au début du mois au Mozambique, pays chéri des bailleurs de fonds.
Pour consolider la croissance, les économies africaines espèrent une reprise de la demande de la part de puissants partenaires comme la Chine. Ils attendent aussi que le cycle de négociations commerciales de Doha, actuellement bloqué à l'OMC, leur ouvre un plus large accès aux pays riches.
Un modeste élément d'optimisme vient des progrès de la paix sur le continent. Selon "l'Indice de la paix mondiale" de 2010, l'Afrique, région toujours la plus troublée du monde, a enregistré le plus de progrès entre 2007 et 2010, même si le Soudan, la Somalie, le Tchad et la RDC ont vu leurs scores se détériorer encore.
Le Premier ministre, Gilbert Houngbo, et plusieurs membres de son gouvernement ont assisté au Sommet de New York.

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