Exécution extrajudiciaire ou assassinat

28/10/2011
Exécution extrajudiciaire ou assassinat

«Le décès tragique du Colonel Kadhafi, Chef d’Etat, survenu dans des conditions qui ressemblent à une sorte d’exécution extrajudiciaire voire d’assassinat, est inadmissible et inacceptable, mais aussi indigne de la morale et de l’éthique». Ces propos ne sont pas ceux d’Hugo Chavez, fidèle allié du Guide libyen, mais d’Edem Kodjo, l’ancien Premier ministre du Togo, aujourd’hui à la tête de la Fondation Pax Africana.

Pour M. Kodjo, on peut reprocher beaucoup de choses à ce dirigeant mais, souligne-t-il, « il a contribué, autant qu’il a pu, à l’édification de son pays et de l’Afrique. A cet égard, comme tout Chef d’Etat, sa personne mérite respect ».

Pax Africana demeure très critique sur l’intervention de l’OTAN en Libye et sur le fait que l’Afrique soit totalement restée en marge.

« (…) même si le droit d’ingérence humanitaire est permis, il y a lieu de veiller à ce que sa mise en œuvre n’affecte pas dangereusement les fondamentaux d’un Etat et encore moins les valeurs que nous avons tous en commun », souligne un communiqué de Pax Africana.

 

Voici la déclaration d’Edem Kodjo.

La réalisation de l’aspiration des peuples aux libertés fondamentales a un prix. Survenu dans la foulée du printemps arabe, le conflit libyen, qui aura durée une dizaine de mois, est révélateur de cette réalité historique à laquelle n’échappe aucune révolution.

Le conflit libyen, caractérisé par l’intervention armée de la communauté internationale à la demande du Conseil de sécurité des Nations Unies, vient de s’achever.

La chute du régime de la révolution de la Grande Jamahiriya Socialiste, la mort du colonel Mouammar El Kadhafi, dans des circonstances non encore élucidées, et la prise effective du pouvoir par le Conseil National de Transition (CNT), sans oublier les nombreuses victimes et la destruction massive des biens, sont les conséquences majeures que le monde entier retient de cette guerre fratricide.

Les conséquences malheureuses découlant de la nouvelle révolution libyenne, soutenue par l’intervention militaire appuyée de l’OTAN remettent à l’ordre du jour du débat politique, deux questions fondamentales liées à la gestion du pouvoir politique, voire à la gouvernance politique en Afrique.

-       L’Afrique  doit-elle continuer d’être un théâtre permanent  de conflits, en raison, entre autres, de l’accaparement  et de la détention sans partage du pouvoir politique, pouvoir du peuple souverain, par certains gouvernants ?

-      Cette attitude politique suicidaire ne met-elle pas en exergue le déficit démocratique que connaissent encore de nombreux pays africains ?

L’histoire politique des nations instruit que la détention du pouvoir pendant trop longtemps conduit à l’arbitraire et s’achève toujours avec des conséquences dramatiques qui, politiquement, humainement et moralement, sont inacceptables.

L’intervention militaire étrangère sur le Continent, soutenue cette fois-ci par trois pays africains membres non permanents du Conseil de sécurité, qui ont depuis, dénoncé le dépassement de ce mandat, remet fondamentalement en question le champ d’application de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité, visant à protéger les populations libyennes.

La liberté, la démocratie, l’Etat de droit, la paix, la sécurité et le bien-être des peuples, qui reposent  sur des règles de droit, sont des questions vitales au titre des droits de l’homme.

Cependant, même si le droit d’ingérence humanitaire est permis, il y a lieu de veiller à ce que sa mise en œuvre n’affecte pas dangereusement les fondamentaux d’un Etat et encore moins les valeurs que nous avons tous en commun.

L’enseignement que tire PAX AFRICANA de la situation dramatique et préoccupante de la Libye, est que les Etats africains doivent pouvoir s’organiser et dire « NON, PLUS JAMAIS CA ». Il faut arrêter de déconstruire l’Afrique et son image.

Pour éviter d’aliéner  la souveraineté des Etats africains et de prêter le flanc, il est impératif d’avoir à cœur, l’obligation civique, morale et éthique que commande la pratique volontaire de l’alternance politique.

Le décès tragique du Colonel Kadhafi, Chef d’Etat, survenu dans des conditions qui ressemblent à une sorte d’exécution extrajudiciaire voire d’assassinat, est inadmissible et inacceptable, mais aussi indigne de la morale et de l’éthique. L’histoire retiendra que, quel que soit ce qu’il fût, le défunt Leader libyen a contribué, autant qu’il a pu, à l’édification de son pays et de l’Afrique. A cet égard, comme tout Chef d’Etat, sa personne mérite respect.

Du reste, ce décès doit  éveiller la conscience des Africains et les emmener à des choix conformes à leur vision du monde, à la dignité et à la prospérité de leurs peuples.

PAX AFRICANA en appelle aux nouvelles autorités libyennes à mettre tout en œuvre pour :

-      réaliser et garantir l’unité nationale et la stabilité,  reconstruire une nouvelle Libye, libre, fraternelle et démocratique ;

-      assurer aux Libyens, le respect, la protection et la jouissance effectifs des droits de l’homme.

Enfin, PAX AFRICANA exhorte les pays africains, particulièrement ceux du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, situés autour du Sahara, à prendre les dispositions appropriées, conformes aux Conventions et Traités internationaux en vigueur, pour neutraliser la circulation illicite des armes de guerre, afin d’enrayer la multiplication des foyers de tension et la criminalité transfrontalière.

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