Gilbert Bawara : « Consolider et amplifier les relations avec la France »

17/04/2008
Gilbert Bawara : « Consolider et amplifier les relations avec la France »

Gilbert Bawara est le ministre togolais de la Coopération. A ce titre, il est l'un des artisans de la reprise des relations entre Lomé et l'Union européenne. Avec son collègue de l'Economie et des Finances, il s'emploie à renouer avec les institutions internationales qui avait mis le Togo en quarantaine pendant la crise. Qu'il s'agisse de la Banque mondiale, du FMI ou de la Banque africaine de développement.

M. Bawara revient de Washington où il a participé aux Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI.Au centre des discussions, la crise alimentaire qui frappe de plein fouet les pays en développement et qui n'épargne pas le Togo.

Comment faire pour réduire les effets de la hausse des produits de première nécessité ?

Gilbert Bawara :

Je me félicite que les responsables du FMI et de la Banque mondiale aient pris la décision, en marge des travaux réguliers, d'évoquer la crise alimentaire. En ce qui concerne le Togo, je suis heureux de constater que l'Association togolaise des consommateurs (ATC) comprennent qu'il s'agit d'un phénomène qui dépasse le Togo et qui dépasse l'Afrique. Nous devons essayer de nous serrer les coudes pour surmonter cette crise.

Dans l'immédiat, il faut veiller à ce qu'il n'y ait pas de rupture de stock et surveiller que les prix de montent pas de manière incontrôlée. Il faut surtout se préparer à relancer la production agricole.

Savez-vous que dans la sous-région ouest-africaine, le Togo est à ce jour l'un des pays où l'engrais est le moins cher ; moins élevé qu'au Burkina ou qu'au Ghana, par exemple.

Cette crise a au moins un avantage : elle nous a fait prendre conscience de l'intérêt des biocarburants. Nous allons maintenant réfléchir à l'adéquation entre la relance de la production vivrière et l'utilisation du pétrole vert pour réduire notre facture énergétique.

Union européenne, FMI, BAD ou Banque mondiale. Des communiqués annoncent tous les jours de bonnes nouvelles avec des promesses d'aides. Mais les Togolais veulent savoir si tout cela est vraiment concret ?

Gilbert Bawara :

C'est vraiment du concret. Depuis 2006, le président Faure Gnassingbé n'a pas attendu le réengagement avec les partenaires économiques. Il a d'abord souhaité optimiser les recettes internes. C'est pourquoi, il a installé de nouveaux responsables à la tête des douanes et des impôts. Aujourd'hui, avec ces nouvelles recettes fiscales et douanières nous arrivons à faire face à ce qui est essentiel et prioritaire.

Bien sûr, le Togo est un petit pays et il était absolument nécessaire de renouer avec les partenaires au développement. Nous avons totalement renoué avec l'Union européenne et nous sommes en bonne voie avec la Banque mondiale et avec le FMI. A Washington où je me trouvais il y a quelques jours, nous avons pratiquement bouclé la stratégie de réengagement qui incluse l'apurement des arriérés et un appui budgétaire qui va nous permettre de faire face au service de la dette.

Par ailleurs, le ministre de l'Economie vient de signer avec la BAD un accord qui va permettre d'apurer la dette estimée à 10 milliards de FCFA et d'envisager un appui budgétaire.

Toutes ces aides vont nous permettre de faire face aux urgences en matière d'éducation, de santé, d'infrastructures et d'assainissement.

Le nouveau secrétaire d'Etat français à la Coopération sera à Lomé en début de semaine prochaine. Cette visite marque-t-elle la reprise de la coopération avec la France ?

Gilbert Bawara :

Malgré les difficultés que nous avons connu, nous avons toujours été heureux de compter la France parmi nos grands amis, toujours à nos côtés. Ainsi, la France a offert 3 millions d'euros au Togo pour l'organisation des élections législatives d'octobre 2007.

Naturellement, il ne faut pas sous-estimer la prochaine visite à Lomé du secrétaire d'Etat français à la Coopération (Alain Joyandet, ndlr).

Cette visite va permettre de réaffirmer davantage les liens historiques et particuliers qui existent entre le Togo et la France. Il s'agit aussi pour le ministre français de tâter du doigt le terrain togolais. Je ne suis pas certain qu'il connaisse les réalités actuelles. Il fera connaissance avec le président de la république et avec d'autres autorités.

Cette visite permettra de voir comment consolider et amplifier des relations qui sont véritablement chaleureuses et sur lesquelles nous comptons beaucoup.

Vous êtes membre d'un gouvernement dont le pays est revenu sur la scène internationale après des années de quasi-boycott. Quel sentiment cela vous inspire ?

Gilbert Bawara :

C'est évidemment un sentiment de satisfaction. Satisfaction et privilège de pouvoir travailler aux côtés d'un président qui a su, malgré les difficultés, donner une nouvelle image du Togo et qui est parvenu à rassembler les Togolais grâce à une politique de réconciliation nationale. Il a su trouver les mots justes pour expliquer à nos partenaires que nous n'étions pas des montres, mais des gens attachés à la démocratie et au respect des droits de l'homme. Il a montré qu'il était déterminé à engager des réformes audacieuses dans les secteurs sociaux et économiques et à pratiquer la bonne gouvernance.

C'est donc un sentiment de grande satisfaction qui m'anime.

 

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