La Chine est-elle un partenaire sincère ?

12/11/2009
La Chine est-elle un partenaire sincère ?

La Communauté de Sant'Egidio organise jeudi et vendredi à Rome un colloque consacré aux relations entre l'Europe, l'Afrique et la Chine auquel est invité le conseiller diplomatique du président Faure Gnassingbé.

Pour Robert Dussey (photo), le mode de coopération choisi par la chine, caractérisé par l'absence de conditions et la non ingérence dans les affaires intérieures des Etats, "satisfait considérablement les dirigeants africains".Le conseiller diplomatique du président du Togo, également professeur de philosophie politique à l'Université de Lomé (Togo) et auteur du livre, "L'Afrique malade de ses hommes politiques", estime également que l'Afrique a gagné un statut d'égal à égal grâce à sa coopération avec Pékin.

Le colloque de Rome est organisé en partenariat avec le ministère italien des Affaires étrangères et l'Institut des Etudes africaines de l'Académie chinoise de Sciences sociales.

Plusieurs experts s'exprimeront lors des travaux dont des universitaires venus du Kenya, du Bénin, de Chine, de France, d'Italie, de Guinée Bissau, d'Afrique du Sud et du Gabon.

Voici le discours prononcé jeudi par Robert Dussey

Introduction

Mesdames et Messieurs, chers collègues, l'honneur m'échoit ce jour de prendre la parole devant cette auguste assemblée pour parler de la coopération Sino-africaine 4 jours après le sommet Chine-Afrique de Sharm el-Sheikh en Egypte. Je ne peux prendre la parole sans remercier la prestigieuse "communauté d'i Sant'Egidio," organisatrice de cette rencontre, précisément son fondateur l'éminent Professeur Andréa RICARDI, son Président, Marco IMPAGLIAZZO et "l'africain francophone" à multiples casquettes, l'incontournable Mario GIRO.

Pour mieux comprendre "l'amour" entre chinois et africains, écoutons cette affirmation : "A l'heure actuelle, la crise internationale continue à se propager et à s'accentuer. En dépit des défis majeurs que nous affrontons, nous considérons toujours les difficultés de l'Afrique comme les nôtres et nous devons faire face ensemble aux temps difficiles." C'est en ces termes que Monsieur Dai Bingguo, Conseiller du Président Chinois avait ouvert le 25 mai dernier à Pékin la journée mondiale pour l'Afrique. Cette assertion est la démonstration du soutient économique de la Chine aux Etats africains.

L'Afrique est le continent réunissant le plus grand nombre de pays en voie de développement, alors que la Chine est pour sa part le plus grand pays en voie de développement. Que ce soit dans le domaine de la politique internationale ou dans ceux de l'économie et du commerce, la chine et l'Afrique peuvent s'entraider et chacun à besoin de l'autre. La coopération bilatérale sera profitable et avantageuse pour les deux parties si elle est basée sur le respect mutuel. Mais quelle coopération pour quel développement ?

I/    Le soutien Africain

L'amitié traditionnelle entre l'Afrique et la Chine qui se développe depuis un demi-siècle s'est renforcé depuis le voyage du Président Chinois en janvier 2004 en Afrique (Egypte, Gabon, Algérie) ; avril 2006 (Maroc, Nigeria, Kenya) ; février 2007 (Cameroun, Libéria, Soudan, Zambie, Namibie, Afrique du Sud, Mozambique, Seychelles) ; février de cette année (Mali, Sénégal, Tanzanie et Maurice). La Chine travaille de concert avec l'Afrique pour promouvoir un partenariat stratégique de coopération dans le respect des principes d'amitiés, d'égalité, de réciprocité et de développement commun.

L'Afrique n'a pas manqué de soutenir la chine dans les institutions internationales et précisément aux Nations Unies. La chine a retrouvé un siège aux Nations Unies en 1971 après vingt deux ans d'exclusion.

L'Afrique à aider la Chine à éviter l'isolement diplomatique sur la scène internationale. Aujourd'hui, seuls quatre pays africains (Gambie, Swaziland, Burkina Faso et Sao Tomé et Principe) contre  10 pays en 1993 qui continuent à soutenir le Taïwan. L'Afrique est incontestablement le meilleur soutient pour la Chine. Mais ce soutien n'est pas sans ignorer les intérêts des deux partenaires.

II/    Nouveau partenariat sino –africain

Lors du sommet de Beijing en 2006, consacré au forum sur la coopération sino-africaine, huit mesures ont été présenté afin de développer les relations sino-africaines :

•    L'aide chinoise à l'Afrique,

•    Les prêts et crédits préférentiels,

•    La construction d'un centre de conférence pour l'Union Africaine,

•    L'annulation des dettes,

•    Une plus grande ouverture du marché chinois,

•    Etablissement des zones de coopération commerciale et économique en Afrique,

•    Formation des professionnels africains.

En faisant le choix de l'économie du marché au début des années 1980, la chine s'est lancée dans la compétition mondiale. Elle acquiert l'essentiel de ses besoins en hydrocarbure en Afrique. La Chine est devenue au fils des ans, le premier fournisseur du continent. On dénombre à peu près 900 à 1000 entreprises chinoises en Afrique. Le volume des échanges avoisine 110 milliards de dollars en 2008, soit une augmentation annuelle supérieure à 30% lors des 8 dernières années.

La chine a signé des accords d'aide financière avec 48 pays africains ; des accords-cadres avec 20 pays d'Afrique pour des prêts préférentiels, le fonds de développement sino-africain, fondé en 2007, a permis d'injecter 100 millions de dollars dans la réalisation de 6 projets.

III/    les bénéfices de cette coopération

Après un demi siècle, la coopération économique et commerciale entre la Chine et l'Afrique s'est renforcée en examinant l'évolution du développement de cette coopération, force est de constater que la Chine bénéficie énormément du manque de potentiel industriel africain. Mais pour le moment, les échanges se font plus ou moins de manière cordiale. Ce qui est important pour les peuples d'Afrique qui garde le souvenir de l'esclavagisme et de la colonisation.

Aujourd'hui, la mise en place du Forum sur la coopération sino-africaine a créée une nouvelle plate forme d'échange. La conférence des entrepreneurs chinois et africains, la Chambre de Commerce et d'Industrie Chine-Afrique, ainsi que d'autres ONG permettent par ailleurs de multiplier les contacts économiques et commerciaux.

La coopération se diversifie entre la Chine et l'Afrique. Si elles se limitaient au commerce des marchandises et à l'assistance économique (dans les années 1970-1980, la chine a pratiqué quelques donations bien ciblées et a mis en Œuvre des projets de coopération dans l'agriculture, l'éducation, la santé et les infrastructures) ; elle s'est ensuite élargie à l'investissement direct, aux prestations et aux travaux forfait, avant de donner naissance à des zones de coopération économique et commerciale. La coopération bilatérale englobe à présent le commerce, la transformation des matières premières, l'exploitation des ressources naturelles, les transports et les communications, les télécommunications, l'infrastructure, l'agriculture etc.

Conclusion

La coopération économique et commerciale sino-africaine revêt une importance certaine en ce qu'elle contribue à la pérennité de son développement économique durable (les matières premières). Les exportations vers l'Afrique constituent des sources de revenus en devises pour les entreprises chinoises. Le mode de coopération choisi par la chine, caractérisé par l'absence de conditions et la non ingérence dans les affaires intérieures des Etats, satisfait considérablement les dirigeants africains. Ce principe de coopération attire l'attention de l'occident et permet à la chine d'accroître son influence sur la scène internationale.

L'Afrique a gagné un statut d'égal à égal à travers sa coopération avec la Chine. Depuis la chute du mur de Berlin, les pays occidentaux ont subordonné leur assistance au respect par le continent africain des valeurs démocratiques.    

 

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