La notion de "pré carré" est assez obsolète

28/05/2010
La notion de "pré carré" est assez obsolète

Le président Faure Gnassingbé participera lundi à Nice (Sud de la France) au XXVe sommet Afrique-France. De nombreux chefs d’Etat seront présents autour de Nicolas Sarkozy pour évoquer la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, la sécurité et la paix et l’économie en temps de crise internationale.
En marge des débats à huis clos, ministres des Finances et chefs d’entreprises parleront business et développement.
Un sommet que la France souhaite d’un nouveau genre : moins « Françafrique », plus concret à la demande des dirigeants africains qui trouvaient ce type de rencontres quelque peu désuètes.
« La notion de +pré carré+ est assez obsolète », reconnaît Dominique Renaux, l’ambassadeur de France au Togo qui met rappelle l’importance de plus en plus grande du partenariat Afrique-Union européenne.
En même temps, souligne-t-il, il existe un lien particulier entre la France et le continent africain. « Mais ces relations se renouvellent, s'adaptent », explique M. Renaux dans un entretien à republicoftogo.com
Republicoftogo.com : Les rencontres entre la France et l’Afrique, comme celle qui s’ouvre dans quelques jours à Nice, ont-elles encore une utilité dans la mesure ou le partenariat est désormais plus global avec une relation entre l’UE et les pays d’Afrique ?
Dominique Renaux : Vous avez raison de souligner l'importance du partenariat UE-Afrique, qui s'est bien développé ces dernières années. La France le soutient d'ailleurs activement puisqu'elle contribue au budget du Fonds européen de développement (F.E.D.) à hauteur de 20%, soit plus que sa part dans le budget général (16%).
En même temps, nul ne peut nier la spécificité et la diversité des liens entre l'Afrique et la France, la réalité de relations politiques, commerciales, universitaires très intenses, d'une coopération bilatérale diversifiée, l'existence de solidarités et d'intérêts communs, de la zone franc, ou encore le rôle de la France dans le règlement des crises...
Ces relations se renouvellent, s'adaptent, c'est le cas des accords de défense, avec le Togo par exemple. Mais la vraie spécificité tient à la place des acteurs non-étatiques.
Plus de 200.000 Français vivent sur le continent, plus de 100.000 étudiants africains en France. Les entreprises françaises se développent.
C'est pourquoi nous avons décidé d'ouvrir le Sommet de Nice aux entreprises, aux syndicats, au secteur associatif, africains comme français.
Republicoftogo.com : Le Sommet de Nice affiche une connotation économique avec la présence des ministres de l’Economie et des Finances et des chefs d’entreprises. Est-ce à dire que le volet politique passe au second plan, malgré des réunion à huis clos sur les « enjeux politiques majeurs du 21ème siècle » ?
Dominique Renaux : En dix ans, les importations françaises en provenance d'Afrique ont augmenté de 50%. Surtout, l'initiative lancée au Cap début 2008 par le Président Sarkozy a fixé une nouvelle priorité à la politique française de développement : l'essor du secteur privé africain, et donc la création de richesses et d'emplois. 2,5 Milliards d'euros de ressources seront mobilisés par l'Agence française de développement sur cinq ans. L'objectif est de créer 300.000 emplois.
Bien évidemment, le volet politique du Sommet reste essentiel. Les chefs d'Etat débattront par exemple de la place de l'Afrique dans les enceintes internationales, dans ce qu'on appelle la gouvernance mondiale, où le continent n'a pas la place qu'il mérite.
Les initiatives françaises, au G20, au Conseil de sécurité, visent à y rendre l'Afrique plus présente. Tout cela mérite que l'on en parle, comme de la prévention et du règlement des crises, ou encore des retombées du Sommet de Copenhague car l'Afrique doit, elle aussi, affronter les changements climatiques.

Republicoftogo.com : Certains dirigeants africains regrettent la perte d’identité des sommets Afrique-France en raison de la présence de pays anglophones ou lusophones.
Dominique Renaux : Je crois que ces cloisonnements s'estompent. Il ne faut pas donner l'impression de diviser l'Afrique. La notion de "pré carré" est assez obsolète.
La réalité de l'Afrique aujourd'hui, ce sont des organisations régionales ou sous-régionales qui regroupent des pays francophones, anglophones ou autres. Regardez la CEDEAO.
Des pays comme l'Afrique du sud, le Nigeria ou l'Angola sont des partenaires importants de la France. Il faut tenir compte de la réalité de l'intégration régionale et des échanges internationaux.
Cela n'enlève rien à notre attachement à la réalité et aux valeurs francophones, comme le montre notre implication dans l'Organisation internationale de la Francophonie ou le rayonnement des centres culturels ou Alliances françaises partout sur le continent, ou à notre fidélité à des liens historiques particuliers, que nous célébrerons cette année ensemble à l'occasion du Cinquantenaire des indépendances.
Et, bien évidemment, l'usage commun de la langue française est un énorme atout. On se comprend, on travaille ensemble plus facilement, on partage les mêmes valeurs.

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