Le Japon va reprendre sa coopération

05/06/2008
Le Japon va reprendre sa coopération

Le Premier ministre togolais, Komlan Mally, a achevé il y a quelques jours une visite au Japon où il représentait le président Faure Gnassingbé. Il a pris part aux travaux de la TICAD IV à Yokohama. L'occasion de s'entretenir avec un certain nombre de responsables politiques également présents pour ce sommet Afrique-Japon.

Porteur d'un message du chef de l'Etat togolais, il évoqué avec son homologue japonais, Yasuo Fukuda, la situation au Togo et les réformes économiques engagées depuis plusieurs mois. M. Fukuda s'est félicité « de la bonne tenue des législatives d'octobre dernier » et a salué « le retour du Togo dans la concert des nations ». Léopold Gnininvi, le chef de la diplomatie et Glibert Bawara, le ministre de la Coopération assistaient à la rencontre. Yasuo Fukuda a assuré qu'une mission allait bientôt se rendre à Lomé pour procéder à une évaluation de la situation, prélude à une reprise de la coopération interrompue en 1993.

Komlan Mally a également été reçu par le vice-président de l'Agence de coopération internationale du Japon (JICA) M. Oshima. Il a en outre rendu une visite de courtoisie à John Kufuor, le président du Ghana et porte-parole des chefs d'Etat et de gouvernement africains présents à la conférence du TICAD IV.

En photo : Komlan Mally et le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda

Discours prononcé par le Premier ministre à Yokohama

C'est pour moi un plaisir que de prendre part à cette 4ème Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l'Afrique ici à Yokohama, belle citée de ce pays fascinant qu'est le Japon, pays ingénieux et laborieux,  qui entretient avec les peuples d'Afrique des relations fructueuses d'amitié, de fraternité et de coopération.

Le Chef de l'Etat du Togo, Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE aurait bien voulu personnellement prendre part  à cette importante rencontre .Empêché à la dernière minute, il m'a fait l'insigne honneur de le représenter.

Nous voici enfin à Yokohama, à cette rencontre tant attendue où nous avons à examiner avec beaucoup d'attention et sans complaisance, le thème « Vers une Afrique qui gagne, un Continent d'espoir et d'opportunité », ce thème qui fonde la nouvelle vision faite d'optimisme pour l'Afrique mais qui nous met également devant les innombrables défis que nous avons à relever en vue d'un mieux être des populations africaines.

Mais avant d'aller plus loin  dans mon propos, permettez-moi d'adresser mes vifs remerciements, au nom de la délégation qui m'accompagne et en mon nom propre, aux Autorités et au Peuple Japonais qui se sont mobilisés comme un seul homme pour faire de ce Sommet l'un des plus prestigieux qui ait jamais rassemblé autour d'une grande puissance la quasi totalité des 53 Etats que compte le Continent africain.

En effet, dès que nous avons foulé le sol de ce beau pays, cette civilisation plusieurs fois millénaire, cet empire du soleil levant qui a su si merveilleusement allier tradition et modernisme, nous n'avons cessé d'être agréablement surpris par tant de marques d'amitié de son peuple, par cet accueil chaleureux, expression de l'âme qui palpite en lui.

Je voudrais également remercier les coorganisateurs qui, aux côtés du Gouvernement Japonais, dans une collaboration tout à fait exemplaire, s'impliquent depuis une quinzaine d'années dans le processus de la TICAD dans un esprit de partenariat interactif fort remarquable et ce, dans l'unique soucis de contribuer à l'essor économique et social de l'Afrique.

Que les uns et les autres trouvent ici l'expression de la gratitude de la délégation togolaise pour la parfaite organisation de nos assises, sans aucun doute, un gage de réussite de nos travaux.

Les domaines de coopération retenus par la TICAD IV sont fort heureusement en phase avec les préoccupations africaines qui demeurent avant toute chose la réduction de la pauvreté par une croissance partagée et à travers une  concentration sélective fondée sur la recherche de la complémentarité des ressources et le ciblage des secteurs pouvant produire les meilleurs résultats. 

La relance de la croissance économique passe par le développement des infrastructures, la promotion du commerce  et de l'investissement puis de l'agriculture.

Aujourd'hui en effet, plus de la moitié de la population de l'Afrique n'a pas accès à l'eau potable ; des centaines de millions d'Africains sont sous alimentés ; plusieurs de millions d'hectares de terres agricoles sont affectés par la dégradation; les pandémies du VIH /SIDA sont plus dévastatrices en Afrique qu'ailleurs. Pour compléter ce tableau déjà sombre, l'Afrique, contrairement aux  autres régions du monde, reçoit très peu d'investissements privés et assiste, impuissante, à la diminution de l'aide publique au développement et à l'augmentation du fardeau de la dette. Malgré les taux de croissance enregistrés dans  un certain nombre de pays, il est maintenant admis que les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) consistant à réduire de moitié la pauvreté à l'horizon 2015 ne seront pas atteints en Afrique. Dans ce contexte, le thème de notre Conférence : « Vers une Afrique qui gagne » exprime la force de l'élan irrésistible de ce continent vers un avenir porteur d'espérance. Dans le même temps ce thème mobilisateur appelle l'Afrique à relever les défis qui se dressent devant elle, pour améliorer les conditions de vie de ses populations et accélérer la réalisation des OMD.

En effet, comment pouvons-nous avancer si notre agriculture n'évolue pas, si nos moyens de production restent archaïques ? Comment pouvons-nous avancer si la production de nos paysans continue de pourrir dans les champs parce qu'il n'y a pas de routes leur permettant d'acheminer le fruit de leur labeur vers les centres urbains en vue de leur commercialisation ? Comment pouvons-nous avancer si l'investissement continue de faire drastiquement défaut à nos unités de production ? Comment pouvons-nous enfin avancer si la loi du commerce international continue de défavoriser les pays pauvres  qui ne mettent sur le marché que des matières premières dont la fluctuation des prix n'autorise aucune projection dans le temps ?

 C'est dire, Monsieur le Président, que les problèmes de l'agriculture, des infrastructures, du commerce et de l'investissement se posent avec acuité et de la bonne solution qui leur sera trouvée dépendra notre  avancée dans le domaine de la croissance économique.

En ce qui concerne l'agriculture, le développement de ce secteur est d'autant plus urgent que 70% environ de nos populations s'y consacrent et en tirent  l'essentiel de leur revenu. L'importance d'une assistance technique et financière pour améliorer la production agricole n'est plus à démontrer. Le Togo appuie sans réserve tous les efforts qui s'y déploient, notamment les recherches agronomiques et souhaite vivement que des expériences telles que celle du NERICA puissent être étendues à d'autres variétés et que ces nouvelles semences soient mises à la disposition de nos agriculteurs.

Mon pays soutient également « l'initiative du Village Africain » ainsi que le projet de « Villages du Millénaires » dont l'objectif est d'aider les communautés africaines à sortir de l'extrême pauvreté par des solutions simples telles que la fourniture de semences à haut rendement, d'engrais, de médicaments, de puits d'eau potable, la construction d'écoles et dispensaires…

L'amélioration de la production agricole est sans nul doute un début de solution au phénomène de la vie chère tant décrié en ce moment sur notre continent.

Monsieur le Président,

Il demeure que l'émancipation économique de nos pays sera largement facilitée par le désenclavement de nos régions. Dans la mesure où les Etats individuellement ne peuvent trouver des solutions à tous les problèmes nationaux, l'intégration devient un impératif en particulier dans les secteurs cruciaux tels que l'énergie et les infrastructures routières.

 Il est nécessaire que soit renforcée la dimension régionale du développement avec un accent particulier sur les interconnexions électriques, la construction de barrages hydro-électriques, de corridors routiers inter-Etats qui par voie de conséquence renforceront nos processus d'intégration donc la capacité d'actions et de coordination de nos Communautés Economiques Régionales (CER).

Le Togo se réjouit de ce que la Banque Africaine de développement procède déjà à l'élaboration d'un cadre stratégique qui sera la pierre angulaire d'une approche cohérente de la création d'infrastructures en Afrique et ce en collaboration avec les pays donateurs dont le Japon.

Monsieur le Président,

Pour ce qui est du commerce et des investissements, nous ne soutiendrons jamais assez qu'ils sont les réels moteurs du développement. Les pays émergents de l'Asie en sont une parfaite illustration.

A cet égard nous apprécions à sa juste valeur tout ce qui se fait dans le cadre des échanges commerciaux et des investissements avec le Japon dans le cadre de la TICAD. Nous citerons : La Conférence sur le Commerce et l'Investissement entre l'Asie et l'Afrique (AATIC) le Forum Asie Afrique pour les Affaires (FAAA) qui en est à sa 4ème édition, le Réseau des Petites et Moyennes Entreprises (PME), le Réseau '' TICAD Exchange'' et d'autres encore qui  sont autant d'initiatives fort louables.

Le Togo invite la TICAD à mettre en place un dispositif cohérent et dynamique visant à promouvoir les investissements et le commerce avec les pays africains. Cela permettra à nos exportateurs qui ont des difficultés réelles à pénétrer les marchés étrangers, y compris japonais, de maîtriser les standards internationaux en la matière.

Par ailleurs, l'ouverture de ligne de crédit que le Japon met régulièrement à  disposition des pays africains est un motif de satisfaction pour la délégation togolaise qui souhaite son intensification.

 Même si l'Aide Publique au Développement est encore précieuse pour nos Etats, son efficacité n'en sera que limitée sans l'adjonction de mesures concrètes comme l'accès des produits du Sud aux marchés du Nord ou l'augmentation des flux d'investissement directs étrangers vers nos pays.

La délocalisation d'entreprises asiatiques vers le continent africain, la formation d'une main d'Œuvre qualifiée ainsi que des compétences industrielles sont au nombre des actions essentielles à entreprendre. Il y a lieu de saluer l'approche du processus de TICAD en matière de développement dans la mesure où elle encourage les partenariats entre l'Asie et l'Afrique, offrant à ces deux continents des possibilités de changer leurs expériences et de donner une orientation constructive à la coopération Sud-Sud dans le sens de la complémentarité. 

Le Continent africain, malgré ses difficultés, reste une région potentiellement riche dont les ressources sont insuffisamment inventoriées, développées et exploitées. Il n'y a  donc pas lieu de désespérer de voir l'Afrique surmonter ses difficultés. Nous nous réjouissons de ce que la TICAD ait pris en compte cette dimension et affirme sans ambages que l'Afrique, ce continent aîné de l'humanité, est un continent d'espoir et d'opportunités. Nous sommes décidés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer  la situation politique, économique et sociale de cette partie du monde. Nous avons tout simplement besoin du concours bienveillant de tous ceux qui, actuellement mieux nantis, sont prêts à appuyer  nos efforts. Le Japon s'y est engagé, nous lui en savons infiniment  gré.

La démocratie ne peut prendre l'essor dans la pauvreté et le sous développement. L'ayant compris, le Togo, pour asseoir une véritable politique d'apaisement et de développement socio économique s'est fixé certains objectifs : la bonne gouvernance, la réforme du système judiciaire, la fin de l'impunité, le respect des droits de l'homme, le caractère républicain des forces armées et de sécurité, l'équité et la transparence des élections. Des avancées   notables ont été enregistrées dans la mise en Œuvre de ce processus et témoignent de notre volonté de poursuivre avec détermination la nouvelle politique de réconciliation. Au bout de processus, nous avons la conviction que chaque Togolaise et chaque  Togolais où qu'il soit, aura conforté son engagement à Œuvrer pour une démocratie apaisée.

 Monsieur le Président,

Je ne voudrais pas clore mon propos sans avoir salué l'amitié qui existe entre le Togo et le Japon et me féliciter de fruits de notre coopération. Je souhaite vivement que le Japon prenne la mesure du nouveau vent qui souffle sur le Togo et reprenne la place qui est la sienne dans le processus du développement de ce pays.

Pour conclure je voudrais exprimer l'ardent désir de mon pays de voir se concrétiser les résolutions qui sortiront de notre rencontre de YOKOHAMA ce qui traduira davantage notre détermination d'unir nos force pour bâtir un monde plus équitable et plus prospère.

 

Vive la coopération internationale

Vive la solidarité entre les Nations

Je vous remercie

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