Stratégie globale contre le terrorisme en Afrique

13/05/2013
Stratégie globale contre le terrorisme en Afrique

Le Conseil de sécurité, qui débattait lundi des moyens à mettre en œuvre pour réduire durablement la vulnérabilité de l’Afrique face au terrorisme, a plaidé pour l’adoption d’une stratégie globale visant à promouvoir, sur le continent africain « mais aussi dans d’autres régions », la croissance économique, favoriser la bonne gouvernance, faire reculer la pauvreté, renforcer les capacités des États, étendre les services sociaux et combattre la corruption.

Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a insisté, lui aussi, sur la nécessité de « mener la lutte sur plusieurs fronts », y compris en s’attaquant aux conditions qui favorisent son développement

Intitulé « Les enjeux de la lutte contre le terrorisme en Afrique dans le contexte du maintien de la paix et de la sécurité internationales », ce débat public de haut niveau, que présidait le Chef de l’État du Togo, Faure Gnassingbé, était l’occasion pour les participants de « s’appesantir sur les spécificités des facteurs et conséquences du terrorisme en Afrique ainsi que sur les efforts régionaux et le besoin d’une assistance accrue de la communauté internationale »*.

Comme l’a rappelé le Secrétaire général à l’ouverture du débat, qui a rassemblé une vingtaine de délégations, dont plusieurs étaient conduites par des ministres, le terrorisme en Afrique est façonné aujourd’hui par les activités de Al-Chaabab, dans l’est, de Boko Haram, dans l’ouest, et d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), dans le nord.

Dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité a pris note du « changement de nature et de caractère du terrorisme en Afrique », se déclarant « préoccupé par le lien de plus en plus étroit, dans de nombreux cas, entre terrorisme, criminalité transnationale organisée et activités illicites telles que le trafic de la drogue et des armes et la traite des êtres humains ».

Il a souligné l’importance de « renforcer la coordination des efforts engagés aux niveaux national, sous-régional, régional et international pour apporter une réponse mondiale plus énergique à ce grave problème et à la menace qu’il constitue pour la paix et la sécurité internationales ».

« Seule une réponse plurielle, qui n’est plus étroitement militaire, permettrait de contenir les groupes de criminels et de narcoterroristes », a déclaré M. Gnassingbé.  La Stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU, adoptée en 2006, « va dans ce sens » et il est, selon le Président togolais, « indispensable de combiner les questions de sécurité avec celle du développement et de la promotion des droits de l’homme ». 

Directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), M. Abdullahi Shebu a fait valoir qu’une paix et une sécurité réalistes en Afrique passaient par des partenariats stratégiques et un engagement politique plus ferme, la mise sur pied d’un mécanisme d’alerte rapide pour la prévention du terrorisme, ainsi que le renforcement des capacités et de l’appui aux États pour promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance et la reddition de comptes. 

Lors du débat, les délégations ont toutes convenu que le terrorisme en Afrique présentait la particularité d’être de plus en plus complexe, transnational et évolutif, avec le risque que le continent devienne son épicentre.

Ainsi, pour le Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Maroc, M. Saad Dine El Otmani, il existe un « lien croissant entre les groupes terroristes, les mouvements sécessionnistes et les réseaux criminels impliqués dans le trafic de stupéfiants, la contrebande d’armes, la traite d’êtres humains et la piraterie ». 

L’Afrique doit s’en tenir à une « stratégie efficace pour prévenir les conflits sur le continent, en s’attaquant à ses causes profondes », a observé le représentant du Rwanda.  « La plupart de celles-ci sont également les causes du terrorisme, a-t-il dit, en citant la division artificielle des frontières héritées du colonialisme, les ingérences étrangères, la corruption, la mauvaise gouvernance, la pauvreté, la famine et les frontières poreuses. »

De nombreuses délégations, à l’instar de celle du Royaume-Uni, ont par ailleurs exprimé leur préoccupation face aux enlèvements et aux prises d’otages ayant pour but de lever des fonds ou d’obtenir des concessions politiques, des actes qui se multiplient en particulier dans la région du Sahel.

Plusieurs pays, comme la Fédération de Russie, ont en outre jugé nécessaire d’axer les efforts, à long terme, sur les activités de lutte contre la radicalisation des populations, surtout des jeunes, et de renforcer la lutter contre les tendances extrémistes.

Photo : lundi à New York, Faure Gnassingbé et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon

© untogo.org

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