A Tokpo, le développement à la base est une réalité

26/03/2010
A Tokpo, le développement à la base est une réalité

Dans le cadre du projet de soutien aux activités économiques des groupements, initié par le gouvernement du Togo et dont le chef d’orchestre est Victoire Dogbé Tomegah, la ministre du Développement à la base, plus de 5000 groupements ont été dotés d’équipements destinés à renforcer leurs capacités de production dans l’agriculture, l’élevage, le maraîchage, la transformation des produits agricoles ou la commercialisation.
Outre des motoculteurs, des motopompes, des unités de traction animale, les râpeuses, les décortiqueuses de riz, les concasseuses, les égreneuses de maïs etc.. qui ont été offerts, des crédits leur ont été octroyés à des taux préférentiels de 9% par l’entremise de trois institutions de micro Finance : FUCEC- Togo, WAGES et l’U-CMECS.
Parmi les bénéficiaires de ce Programme, le groupement Noviva de Tokpo dans la préfecture des Lacs.
Il est spécialisé dans la transformation de manioc en gari et en Tapioca et compte 40 membres (39 femmes et un homme). Il a reçu du matériel agricole et un crédit de 3 millions de Fcfa.
Le journal « Flambeau des Démocrates » est allé à la rencontre de ces agriculteurs. Visite à Tokpo, une localité de la préfecture des Lacs, située à une quinzaine de kilomètres au nord-Est d’Aného.

Voici le reportage
Les membres du groupement NOVIVA étaient en réunion sur la place publique de Tokpo lorsque l’équipe de la rédaction avait débarqué. Une à une, chacune des membres de l’association passait devant une petite table derrière laquelle se trouvait assise, une membre qui notait dans un cahier le nom et le montant de la somme que versait chaque membre dans la caisse. « Il s’agit d’une réunion hebdomadaire au cours de laquelle tous les membres du groupement y compris moi-même, faisons le remboursement partiel des fonds octroyés par le groupement. Cette réunion se tient généralement au lendemain du marché qui s’anime les lundis. Cela permet à tout le monde de s’acquitter de sa dette’’ nous a déclaré le Secrétaire Général de ce groupement monsieur Anani Folly.
D’après le Secrétaire Général, le groupement NOVIVA est créé en Avril 1992 pour combler le vide créé par la fermeture dans les années 1980 de la Féculerie de Ganavé, une industrie agro-alimentaire dont l’activité principale était la transformation du manioc en gari, tapioca etc. L’installation de cette unité de transformation à Ganavé par l’Etat togolais a amené les populations à majorité rurale de la localité à cultiver de vastes champs de manioc, dont la production était entièrement achetée par cette usine. La Féculerie de Ganavé constituait pour les habitants de cette localité voisine, une débouchée sûre du manioc pendant des années. Dans un temps record à l’instar de Ganavé, les localités comme Anamé, Anfoin, Avélé, Glidji Kpota etc. étaient devenues des zones traditionnelles de culture en manioc.
La fermeture de la Féculerie de Ganavé, suite aux ravages de la maladie de Kanyikopé sur les plantations de manioc, a été durement ressentie par les agriculteurs. La production en manioc qui a repris après le passage de la maladie de Kanyikopé, n’avait plus de débouchés. Les femmes étaient obligées de transformer sur place le manioc en gari et en tapioca et de transporter les produits finis sur les marchés. Aujourd’hui le groupement NOVIVA achète du manioc par camions à zowla, Aklakou, Sivamé, Seko, Agouégan et Afagnan. Au cours de notre visite, nous avons surpris les membres du groupement s’activer autour de deux tas (on dirait des montagnes) de manioc qu’elles épluchaient. D’autres, dans le même temps, s’occupaient de la cuisson, du tamisage et de la presse. Le travail est à la chaîne. De l’épluchage, on passe au râpe, à la fermentation suivie du pressage, du tamisage, pour terminer à la cuisson, l’ensachage et le stockage au magasin.
D’après la présidente du groupement madame Adama Mihesso, l’aide qui a été octroyée par l’Etat togolais permet à son groupement de se porter beaucoup mieux qu’avant grâce au taux bonifié de 9%.
Abondant dans le même sens, le Secrétaire du groupement nous a confié que ce n’est pas la première fois que le groupement NOVIVA bénéficie de crédit pour financer ses activités. Dans le passé il avait été financé tour à tour par l’ONG MOPIB qui leur avait octroyé une somme de 300.000 f cfa avec un taux d’intérêt oscillant autour de 12,15 et 18, par le BRS en 2007 avec un taux d’intérêt de 12%. Comme on le voit, le taux d’intérêt très élevé déposé par ces institutions de Micro Finance ne permettait pas au groupement de prospérer, il était tenu de faire face au payement des agio, au régime du compte courant fixés respectivement à 3300f cfa et 3400f cfa chaque mois.
Grâce à l’action de l’Etat, le groupement NOVIVA dispose d’un moulin à mais et d’une râpe à manioc qui non seulement servent le groupement mais aussi toute la population de la localité au prix en vigueur. Le crédit de 3 millions affecté au groupement a servi à financer l’achat du manioc et les diverses charges afférant à l’opération. Pour les responsables du groupement, les 3 millions de f cfa sont en deçà du fonds dont ils ont besoin pour mener à bien leurs activités, cependant, ils espèrent que le processus en cours leur permettra à l’avenir de disposer des moyens financiers requis pour leurs activités.
A Tokpo, nous avons été surpris par la parfaite organisation du travail, au sein du groupement NOVIVA qui n’a pour débouché que le marché d’Agouégan, un grand centre d’échanges animé tous les lundis par les commerçants venus du Bénin, du Nigeria, de Lomé etc.. Les responsables du groupement attendent du gouvernement l’organisation des journées de réflexion et d’échanges qui leur permettront de rencontrer des partenaires et enrichir leur connaissance dans le souci de la promotion de leurs affaires. Ils se soucient également de la pérennité de l’action du gouvernement et pensent que, tant que le président Faure sera au pouvoir, les groupements agricoles ne seront pas laissés pour compte.
Nous, au Flambeau des Démocrates, nous pensons que l’action du gouvernement au profit des groupements est à saluer parce que fortement salvatrice.
Cependant, pour le cas de NOVIVA spécialisé dans la transformation du manioc en gari et en tapioca, il faut aider ce groupement à dépasser le niveau naturel de la transformation pour évoluer vers la mécanisation. Cela lui permettra d’obtenir en quantité et en qualité, selon les normes conventionnelles en vigueur, du gari et du tapioca qui, calibrés en sachets, peuvent être envoyés sur le marché international. Pour ce faire, il suffira de demander conseil aux services techniques du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche qui a déjà une expérience en la matière.
Des groupements agricoles équipés grâce au savoir faire du 2ATEX 07
Depuis quelques temps, des équipements agricoles sont distribués aux groupements dans le cadre du Programme de Développement à la base. Partout où ces équipements ont été distribués, on se perd en conjecture pour ce qui est de la qualité de ces matériels qui est exceptionnelle.
Depuis que nous avons appris qu’ils sont fabriqués localement par des Togolais sur place, nous avons mené des investigations qui nous ont conduits à Anfoin, une localité située à quelques 12 kilomètres au nord de la ville d’Aného. C’est donc à Anfoin Kpota que nous avons découvert l’Atelier Associatif Expérience 07 en abrégé 2ATEX 07.
Cet atelier créé depuis 1992 successivement installé à Ganavé, Aklakou pour se retrouver présentement à Anfoin Kpota, est spécialisé dans la fabrication des râpeuses de manioc, des presses à manioc, des moulins à mais, des décortiqueuses de mais, des presses à manioc, des motoculteurs, des unités de traction animale etc.. Dirigé par un jeune et dynamique Togolais plein d’initiatives, 2ATEX 07 a été retenu pour la fabrication et la fourniture des matériels aux groupements agricoles. Selon le DG Kouévi Dossé, le début n’a pas été facile. « J’ai été sollicité en 2008 suite à une proposition des paysans qui me connaissent pour avoir souvent traité avec moi. Mais pour être sûr de la qualité et de la performance des matériels que je fabrique, le ministère m’a demandé de livrer des matériels en 2008 à Atakpamé au cours d’une cérémonie solennelle marquée par la remise de matériels agricoles aux groupements. Après cette livraison, j’ai attendu un an au cours duquel les matériels ont été mis à l’essai. Ce n’est qu’après être convaincu de la qualité et de la performance de mes matériels, que mon atelier a été retenu pour la fourniture de matériels aux groupements agricoles ».
Cependant, en partenariat avec le Ministère chargé du Développement à la Base, M. Kouévi Dossé a assis dans toutes les localités où il avait installé son atelier, une réputation sociale. Souvent sollicité par des paysans qui commandent des outils agricoles ou des râpes, des motoculteurs etc. M. Kouévi a fini par donner à son atelier, une dimension exceptionnelle. C’est ainsi que pour améliorer la qualité de la formation qu’il dispense à ses apprentis, il a ouvert un centre d’enseignement technique où des professeurs du Lycée Technique de Lomé passent dispenser des cours. Ce centre qui a débuté ses activités depuis la rentrée dernière, plus précisément en octobre 2009, prépare au CFA et au CAP
La particularité de M. Kouévi est sa capacité de travailler sous pression et de faire la livraison dans les délais impartis. Dans un tout autre registre, l’homme surprend par son attachement au milieu rural. M. Kouévi a la capacité de s’installer dans une grande ville du Togo et servir une clientèle beaucoup plus variée, mais il préfère demeurer à Anfoin pour se mettre prioritairement au service des populations rurales. Mais cela ne l’empêche pas de servir d’autres catégories de la population. En dehors de la fabrication des matériels agricoles, il fournit tous les services relevant de la soudure, du tournage, de l’ajustage et de la menuiserie.
En portant son choix entre autre sur M. Kouévi Dossé sur proposition des groupements agricoles, le Ministère chargé du Développement à la base, exprime son engagement à offrir aux entreprises locales qui le méritent, des opportunités d’affaires susceptibles de contribuer au développement du pays. M. Kouévi a donc besoin des appuis du gouvernement pour la promotion du centre de formation qu’il vient de créer.
© Flambeau des Démocrates

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