Améliorer l’environnement des affaires

07/02/2018
 Améliorer l’environnement des affaires

Croissance soutenue en 2018

La Coface vient de publier une analyse risques pays sur le Togo.

Comme en 2017, la croissance 2018 devrait continuer à récolter les bénéfices de l’investissement public massif sur la période 2012-2016. Les réformes négociées avec le FMI dans le cadre d’un programme FEC permettraient notamment de consolider la croissance, souligne la Coface dont le métier consiste à proposer une offre complète d'assurance-crédit pour protéger les entreprises contre le risque de défaillance financière de leurs clients. 

L’activité va demeurer soutenue tirée par le secteur de l’agriculture qui représente environ 30 % du PIB. Le dynamisme de ce secteur est imputable à l’exécution relativement réussie du Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA). 

Lancé en 2011, le PNIASA a, notamment, permis aux agriculteurs de s’équiper pour améliorer les rendements. Les ambitions du secteur agricole devrait continuer à être porteuse en 2018 grâce à la création de l’agropole pilote de Kara. Dans le secteur secondaire, le début programmé de l’exploitation, par les sociétés Elenilto et Wengfu, d’un gisement de phosphate susceptible de produire, à terme, 5 millions de tonnes par an servira le redressement de la filière. 

L’ouverture de la cimenterie d’Awandjelo en juillet 2017 permettra de porter la production annuelle de ciment au-delà des deux millions de tonnes dès 2018. Le transport de marchandises continuera à contribuer positivement à la croissance malgré la baisse attendue de l’investissement public pour enrayer la dynamique de la dette. 

Ce secteur bénéficiera, en effet, des gains d’efficacité consécutifs à l’investissement dans l’amélioration du réseau routier et de l’expansion des port et aéroport de Lomé. Les meilleures infrastructures combinées à la présence du seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest à Lomé feront du Togo une destination privilégiée de l’investissement privée en 2018 dans la sous-région. 

Le port de Lomé devra néanmoins faire face à la concurrence émergente du port en eau profonde de Kribi (Cameroun). Le soutien de l’Afreximbank devrait également permettre de financer des projets d’infrastructures permettant de continuer à soutenir, les secteur des transports et de la construction. L’investissement privé pourrait, toutefois, souffrir d’une détérioration du climat politique.

En 2018, l’inflation devrait augmenter mais restera modéré, conformément à la tendance des autres pays de l’UEMOA.

Le gouvernement devrait poursuivre l’ajustement budgétaire entamé en 2017 pour enrayer la spirale d’endettement, souligne l’étude. 

Les réformes de l’administration fiscale, parmi lesquelles la création de l’Office Togolais des Recettes en 2015, devraient notamment permettre d’augmenter les revenus. Surtout, les dépenses en capital qui ont soutenu la croissance au cours du cycle 2012-2016 devraient continuer à baisser pour revenir à un niveau plus soutenable. Les réformes entreprises et les soutiens apportés par le FMI, au titre de la FEC pour un montant de 241,5 millions de dollars, et par l’UE, avec le versement d’un appui budgétaire de 10 millions d’euros, pourraient catalyser les dons en provenance des bailleurs de fonds internationaux. 

En 2018, la dette publique devra confirmer la trajectoire descendante entamée en 2017 pour espérer repasser rapidement sous le seuil de la norme communautaire de l’UEMOA, fixée à 70 %.

Le déficit courant pourrait se réduire grâce à la régression du déficit commercial. Une hausse des exportations de ciment, de clinker et de phosphate est notamment attendue. 

Le contexte sous-régional, globalement plus favorable et les investissements récents dans les infrastructures de transport vont soutenir la réexportation. La baisse des dépenses d’investissement aura pour conséquence de faire baisser la facture des importations, compensant ainsi des prix du pétrole attendues en légère hausse. La balance des transferts, principalement ceux des travailleurs expatriés, devrait encore apporter une contribution positive au solde courant.

 La Coface note enfin que sur le plan des relations extérieures, le Togo bénéficie de son statut de membre de l’UEMOA et de la Cédéao afin de s’établir comme un hub régional. 

Seul bémol, malgré les réformes entreprises et des progrès notables réalisés, l’environnement des affaires restent insuffisant, notamment par rapport à ses voisins et concurrents de l’UEMOA.

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