Cacao : les producteurs ne veulent pas être chocolat

01/06/2012
Cacao : les producteurs ne veulent pas être chocolat

Nous l’évoquions mercredi, le gouvernement a été autorisé par l’Assemblée nationale à ratifier l’accord international sur le cacao. Ce document, d’une validité de 10 ans, est basé sur un consensus qui prévoit l’abandon des mécanismes régulateurs tels que les quotas de production, les stocks tampon et d’autres mesures de soutien des prix. Toutefois, les faibles revenus des petits producteurs sont largement reconnus comme étant le défi le plus important pour l’économie mondiale du cacao. 

Au delà de ces intentions de principe, la ratification aura des effets pratiques et positifs sur la filière, assure d’Anselme Gouthon (photo), secrétaire général du Comité de coordination pour les filières de café et de cacao au Togo.

La production s’est effondrée depuis 1960. En cause une gestion chaotique du secteur, mais aussi les ravages du swollen shoot qui a décimé une grande partie des cacaoyers. 

Le cacao fait vivre aujourd’hui 12.000 familles et représente 7% des recettes d’exportation.

Republicoftogo.com : La ratification de cet accord international aura-t-il des effets bénéfiques pour la filière ? 

Anselme Gouthon : Absolument. De nombreux avantages à la clé dont le renforcement des relations avec l’Organisation internationale du cacao (ICCO), l’élaboration d’une politique cacaoyère, les formations  et informations techniques, scientifiques, commerciales, la participation aux projets de coopération relatifs à l’amélioration de la productivité, de la production, de la qualité, de la transformation et de la commercialisation. 

En ratifiant cet accord, le Togo réaffirme son éligibilité aux projets régionaux initiés par l’ICCO. Cela va permettre de mobiliser des ressources pour la réalisation des programmes de développement de la filière et d’accéder aux financement du Fonds commun des produits de base (FCPB). Le FCPB accorde des aides pour lutter contre la maladie du swollen shoot du cacaoyer qui est un véritable fléau.

Donc globalement la ratification est un formidable atout.

Republicoftogo.com : Que représente la production de cacao ?

Anselme Gouthon : Le secteur a été tour à tour libéralisé, puis nationalisé, puis libéralisée à nouveau à partir de 1997.

Depuis 2008, nous assistons à un retour progressif de l’Etat et c’est une bonne chose.

Le cacao constitue l’un des principaux produits d’exportation du Togo et occupe, ensemble avec le café, le 3ème rang après le phosphate et le coton. Il représente 7% des recettes totales d’exportation et 30% des recettes des produits agricoles. 

Le cacao garantit des revenus substantiels  à plus de 12.000 familles et assure des devises à l’Etat. 

La production moyenne annuelle et la commercialisation des cinq dernières années se situent à 11.305 tonnes. Elle a connu une croissance de 13,25% sur la période.

Le verger cacaoyer compte aujourd’hui 18.000 hectares, contre 40.000 en 1960. La cause ? La redoutable maladie virale du swollen shoot à l’origine de l’arrachage de millions de cacaoyers dans la préfecture d’Agou entre 1960 et 1970. 80% du verger a été décimé dans les zones d’Agou et de Kloto. Cette virose qui détruit complètement les cacaoyers sévit dans toutes les zones de production.

A la situation sanitaire défavorable, s’ajoute le vieillissement avancé des plantations. En effet, 60% des vergers ont plus de 50 ans. 

Les aléas climatiques, la précarité des financements, la faiblesse et l’instabilité des prix aux producteurs constituent d’autres freins.

Un investissement important et sur le long terme est nécessaire pour protéger les vergers et relancer cette filière.

Avec le lancement du Programme national d’investissement et de sécurité alimentaire (PNIASA), des dispositions sont prises pour lever les contraintes majeures à la production. 3 milliards de Fcfa ont d’ores et déjà été octroyés à la filières café-cacao. En outre, l’accès au crédit devrait être facilité.

Le Togo fait partie des petits producteurs de cacao, très actif et reconnu pour la qualité du produit. Il  occupe le 8ème rang sur une cinquantaine de pays producteurs  après la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Indonésie, le Nigéria, le Cameroun, le Brésil, et l’Equateur.

Republicoftogo.com : Les producteurs sont les premières victimes de la volatilité des cours

Anselme Gouthon : L’un des objectifs de l’accord international de sur le cacao est d’obtenir des prix justes générant des recettes équitables pour les producteurs, les exportateurs et au final le prix le plus abordable pour les consommateurs.

Le problème est que le planteur ignore tout de l’actualité des cours, faute d’information ; il est pénalisé.

C’est pourquoi, le Comité de coordination pour les filières café et cacao assure la diffusion de cette information tous les 15 jours via les médias, y compris les radios rurales.

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