Ciment : une usine à 258 millions de dollars

25/04/2012
Ciment : une usine à 258 millions de dollars

Le président Faure Gnassingbé a posé mercredi à Tabligbo, préfecture de Yoto (90 km au sud ouest de Lomé), la première pierre de l’usine ScanTogo-Mines, filiale togolaise du cimentier allemand Heidelbercement Group, spécialisée dans la production du clinker.

L’investissement est conséquent : 258 millions de dollars et des travaux qui vont durer 27 mois.

L’usine produira 5000 tonnes de clinker par jour et créera un millier d’emplois directs et indirects ; elle comprendra une cité résidentielle de 140 logements pour le personnel.Le ministre des Mines, Dammipi Noupokou, a indiqué que l’ « important gisement de calcaire que ScanTogo-Mines va exploiter à Tokpli, matière première pour la production du clinker, composant essentiel dans la fabrication du ciment est estimé à plus de 175 millions de tonnes ».

«L’impact économique est de l’ordre de 80 milliards de Fcfa par an, dont 20 milliards chaque année pour le budget de l’Etat », a précisé de son côté Daniel Gauthier, directeur exécutif du group HeidelbergCement. Il a également annoncé la construction au nord-Togo d’une usine de broyage du clinker.

HeidelbergCement est présent dans plus de 40 pays.

 Voici le discours prononcé par le ministre des Mines, Dammipi Noupokou

Pourrais-je me permettre au regard de l’importance du projet qui nous réunit ici ce jour, de dire que lentement mais sûrement, la politique de relance de l’économie togolaise initiée par le chef de l’Etat et les plus hautes autorités est en train de prendre forme ? La réponse à cette interrogation me semble sans conteste l’affirmative. Tant les preuves sont palpables et les impacts visibles.

Hier, à Pagala dans la préfecture de Blitta, sous le haut patronage de son Excellence Monsieur le Président de la République nous avons lancé les activités de la carrière de la société POMAR, spécialisée dans l’exploitation des pierres ornementales.

Avant-hier, je veux dire l’année dernière, nous avons tous été témoins du lancement de plusieurs grands travaux de construction d’infrastructures routières. Je citerai notamment le lancement des travaux d’extension du port et de l’aéroport de Lomé ; les travaux de réhabilitation ou de reconstruction de certaines routes de Lomé ou des villes de l’intérieur du pays, particulièrement les contournements de Défalé et d’Alédjo. Comment oublier les projets du secteur agricole, de l’énergie, notamment l’électrification de plus d’une centaine de localités et les différentes initiatives gouvernementales pour l’amélioration subséquente du climat des affaires au Togo, singulièrement l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Un mécanisme dans lequel le Gouvernement s’est librement engagé pour d’une part promouvoir la transparence dans la gestion des ressources générées par l’exploitation de nos différentes ressources minières et d’autre part, permettre à nos populations d’être mieux informées sur l’exploitation de nos ressources.

De fait, la liste des actions engagées est longue, et je ne saurais la dresser totalement ici. Mais elle mérite d’être complétée. Et c’est justement pour consolider les acquis que nous sommes ici ce matin, sur les terres de Yoto, pour poser la première pierre d’une usine de la filiale togolaise du cimentier allemand Heidelbercement Group, SCANTOGO, spécialisée dans l’exploitation du calcaire, pour la production du clinker et du ciment.

Cela dit, vous comprenez aisément mon émotion de prendre la parole ce jour 25 avril 2012 devant cette assemblée, au-devant de laquelle le chef de l’Etat, pour délivrer, au nom du Gouvernement Togolais, le discours de circonstance de la présente cérémonie. Mon émotion est d’autant plus grande que c’est un certain 25 avril 1978 que le père de la nation, le Président GNASSINGBE Eyadéma, paix à son âme, posais la première pierre de l’usine de ciment de CIMTOGO à Lomé appartenant également au même groupe Heidelbercement.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Distingués invités,

C’est un grand honneur et un réel plaisir pour moi de saisir cette occasion pour souhaiter à tous et à chacun de vous la bienvenue sur ce site de Sika Kondji. Je tiens particulièrement à saluer au nom du Président de la République, les membres du corps diplomatique, les représentants des pays de la sous-région, de l’Europe, de la Chine et des Etats Unis d’Amérique qui ont bien voulu honorer de leur présence, la cérémonie de ce matin. Nos sentiments de gratitude vont également à l’endroit des représentants des institutions de développement ; fidèles partenaires du Togo dans son irréversible marche vers la croissance et la lutte contre la pauvreté.

A tout Seigneur, tout honneur. Mes plus vifs remerciements vont à l’endroit du Chef de l’Etat, son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République, qui, malgré son emploi du temps extrêmement chargé, a accepté présider personnellement cette cérémonie de pose de première pierre. C’est dire quelle importance les plus Hautes Autorités Togolaises accordent à ce projet dans le cadre de la relance de l’économie de notre pays.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Après votre premier mandant placé sous le signe du dialogue, de l’apaisement et de la réconciliation, vous avez fait de la relance de l’économie nationale la première priorité de votre second quinquennat au sommet de l’Etat. En effet, après 20 ans de crise sociopolitique et 15 ans de rupture de la coopération avec la communauté internationale, le souci majeur d’un Gouvernement soucieux de l’avenir de ses gouvernés, ne pouvait qu’être la relance de l’économie nationale. Et l’exploitation minière nous semble plus que jamais, en être, un axe majeur. Monsieur le Premier ministre n’en disait pas moins lorsque, le 04 juin 2010, devant les députés à l’Assemblée nationale, exposant les grandes lignes de la politique du Gouvernement, il déclarait qu’ «une nouvelle approche quand à la gestion de nos ressources minières galvaniserait notre croissance économique».

Dans la pratique, l’exploitation des ressources minières dans les pays comme le nôtre ne cesse de faire l’objet de réflexion afin de permettre à nos Etats d’en tirer meilleure partie. Mais que ne furent les difficultés ? Point n’est besoin que je revienne ici sur les douloureux souvenirs de ce secteur au Togo. Toutefois, souffrons ensemble que je dresse un bref aperçu de l’exploitation du calcaire dans notre pays.

Mesdames et Messieurs, distingués invités,

Tout a commencé dans ce secteur ici dans le Yoto, depuis la période allemande par la découverte d’indices de calcaire. Suite à cette découverte, d’importants travaux géologiques entrepris ont conduit à la mise en évidence d’un important gisement de calcaire d’une exceptionnelle qualité, matière première nécessaire pour la production du clinker, composant essentiel et primordial dans la fabrication du ciment, et dont les réserves étaient évaluées à plus de 175 millions de tonnes.

Au lendemain de l’indépendance de notre pays, alors que nos jeunes nations rivalisaient d’ambitieux et gigantesques projets de construction d’infrastructures et dans le souci d’une utilisation optimale de nos ressources, le Togo, en accord avec le Ghana et la Côte d’Ivoire, a créé, à l’issu d’un traité international signé le 12 décembre 1975, la société des Ciments de l’Afrique de l’Ouest, CIMAO. Cette société, expression vivante de la politique d’intégration africaine de nos illustres devanciers et dont la mission est de produire aux bénéfices de ses Etats membres, le matériau nécessaire à la mise en œuvre des politiques des grands travaux concoctés ici et là, n’a pu faire l’objet de l’orthodoxie qu’auraient souhaitée ses pères fondateurs.

Certains investisseurs, contactés en ce moment n’avaient pas cru bon d’accompagner le Togo dans la reprise des activités de la CIMAO. C’est pourquoi, après une longue décennie de mise sous administration provisoire, la CIMAO sera liquidée et ses actifs cédés à un opérateur privé.

Excellence Monsieur le Président de la République, avec la cérémonie de ce jour, nous écrivons une nouvelle page de l’exploitation minière de notre pays, notamment pour ce qui est de l’exploitation du calcaire, de la production du clinker et de la fabrication du ciment. En effet, avec l’usine de SCANTOGO-Mines, le Togo entend se doter d’un important outil pour lutter contre la pénurie de ciment, aussi bien à l’intérieur de nos frontières, qu’au-delà. La satisfaction du marché national en ciment a été un facteur déterminant pour la prise de décision d’octroi de la licence. Car, avec une production journalière de 5.000 tonnes de clinker, SCANTOGO-Mines, pourra satisfaire à terme le marché national et sous-régional. Pour y parvenir, la nouvelle société entend ériger sur ce site un complexe industriel moderne respectant les normes environnementales édictées par la Banque mondiale et bien d’autres partenaires en développement. Des dizaines d’emplois seront nécessaires pour manager l’entreprise et assurer la production. Les services techniques de l’Etat veilleront, chacun en ce qui le concerne, à la mise en œuvre stricte des mesures énoncées dans la convention d’investissement, dans l’étude de faisabilité et dans le protocole d’accord additionnel.

Parallèlement à la production, SCANTOGO Mines s’est aussi engagé, en application toujours de la convention et des dispositions de la loi du 05 mai 2011 portant contribution des entreprises minières au développement local à créer un fonds dédié à cette fin, traduisant ainsi dans les faits, votre engagement à veiller à ce que les ressources minières profitent davantage aux populations riveraines. C’est aussi pour nous assurer de la prise en compte de ses exigences minimales, que nos équipes techniques et nous-mêmes avons effectués, avant, pendant et après des audiences publiques relatives à l’étude d’impact environnemental et social, pour entre autre sensibiliser nos compatriotes à participer activement aux consultations et à exprimer leurs préoccupations et doléances au promoteur sans aucune crainte.

En tout état de cause, nos équipes techniques et nous même avons veillé au grain avec toute la vigilance nécessaire lors des 12 mois de longs et parfois difficiles round de négociations relatifs à la convention d’investissement et à l’étude de faisabilité pour préserver l’intérêt national en général et celui des populations locales en particulier. Mais il n’en demeure pas moins vrai qu’aucune œuvre humaine ne saurait être totalement parfaite.

Le projet pour lequel nous nous sommes réunis ici ce jour, et dont le montant des investissements est estimé à 258 millions de dollars américains, va sans nul doute donner un nouveau visage à la ville de Tabligbo. Les travaux sont prévus pour durer 24 mois. Et dès la mise en service de l’usine, SCANTOGO-Mines contribuera de manière significative au budget de l’Etat au titre des redevances et des dividendes ainsi qu’au développement local.

En attendant et pour finir, je voudrais inviter, avec votre permission Excellence Monsieur le Président de la République, le maître d’ouvrage, l’entreprise attributaire et l’ensemble des intervenants au travail bien fait et au sens élevé de responsabilité. Je demeure convaincu que chacun d’entre eux est bien conscient des attentes du peuple Togolais et des peuples frères de la sous-région et que tous œuvreront pour la satisfaction de l’intérêt général.

Je voudrais également exprimer la reconnaissance et les sentiments de gratitude du Gouvernement Togolais à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réussite de ce projet.

Enfin, je m’en voudrais de ne pas renouveler mes sincères remerciements à chacun et chacune d’entre vous, et plus particulièrement au chef de l’Etat qui a bien voulu faire le déplacement de Sika Kondji ce jour.

Longue vie au partenariat entre l’Etat et la société SCANTOGO Mines,

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