Comment mieux organiser l’économie populaire ?

20/03/2015
Comment mieux organiser l’économie populaire ?

L’économie informelle représente aujourd’hui entre 40 % et 75 % du PIB

L’économie informelle traduit les capacités de résilience de sociétés à faible productivité face aux chocs extérieurs. A bien des égards, son développement peut être considéré comme la réponse apportée au défi de la croissance de la population, donc de la demande d’emplois souvent au détriment de l’accumulation du capital. Le secteur informel est devenu depuis 1980 le principal pourvoyeur d'emploi urbain, même si les entreprises modernes assurent encore 80 % de la valeur ajoutée non-agricole, et il devrait le rester à l'avenir.

L’informel a été, de fait, le principal moteur de la construction des villes et de l’animation de la vie urbaine. En dehors des quartiers « modernes », la ville ouest-africaine d’aujourd’hui est le fruit du travail de l’économie populaire qui bâtit les maisons, fabrique les meubles, crée et transforme les produits agricoles, répare les automobiles, anime les marchés, organise l’épargne, distrait (restaurants, buvettes, troupes théâtrales et musicales) et même soigne (tradipraticiens).

Egalement qualifiée d’économie populaire, l’économie informelle constitue un mode de vie, voire de survie, de la population urbaine, pour laquelle elle permet la satisfaction de besoins fondamentaux : se nourrir, se loger, se vêtir, se former, se soigner, se déplacer. Elle concerne différentes activités alimentaires (distribution, préparation, restauration), de services personnels, de réparation, récupération et recyclage. Le commerce et la distribution représentent la majeure partie de ces activités. Au niveau des principales villes de l’UEMOA (Cotonou, Ouagadougou, Abidjan, Bamako, Niamey, Dakar et Lomé), trois quarts des unités informelles comptent un seul employé et seules 7 % emploient plus de trois personnes, la taille moyenne d’une unité informelle étant de 1,5 personne.

Ce secteur contribue en revanche peu aux dépenses publiques liées, notamment, à l’urbanisation (eau, électricité, voierie...). La plupart des activités de l’informel ne sont pas ou sont peu assujetties aux impôts et taxes.

Le gouvernement souhaite organiser cette économie populaire. Il a créé à cet effet la Délégation à l’organisation du secteur informel (DOSI). 

Ce projet inquiète nombre de petits commerçants, artisans et plus généralement tous ceux qui exercent une activité hors cadre légal car ils redoutent d’être soumis à l’impôt.

Un partenariat gagnant-gagnant

Le volet fiscal est une chose, mais la vocation de la DOSI est d’abord d’offrir aux travailleurs du secteur informel des avantages leur permettant d’exercer leur métier dans de meilleures conditions et dans la sécurité, explique Mme Awadé qui cite l’accès à des mutuelles de santé ou l’obtention de crédits et de micro-crédits, 

Pendant deux semaines, elle est allée délivrer ce message sur les marchés de Lomé, cœur de l’activité commerciale de la capitale togolaise, avant de se rendre dans quelques jours dans la région des Savanes et de Kara.

En dépit des efforts croissants déployés en vue d’analyser l’économie informelle, les activités correspondantes demeurent insuffisamment mesurées voire non enregistrées dans les comptes nationaux. Au niveau national, on estime que l’économie informelle représente aujourd’hui entre 40 % et 75 % du PIB. Ce secteur emploie entre 50 % et 80 % de la main-d’œuvre disponible.

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