Esprit de groupe à la base

16/04/2010
Esprit de groupe à la base

Le journal « Flambeau des Démocrates » poursuit sa série de reportages consacrés aux actions menées par les Groupements à la base ; des initiatives vivement encouragées et soutenues financièrement par le gouvernement.
Il a envoyé ses journalistes à Sada où un petit groupe d’agriculteurs développe les cultures de maïs, de riz et de manioc.

Voici l’article publié par le Flambeau des Démocrates
Créé le 15 décembre à Sada, le groupement Espérance est spécialisé dans les activités agro pastorales, telles que la culture du mais, du riz, du sorgho, du manioc, du niébé, de l’igname, etc ; et l’élevage de volailles, de caprins, de porcins et le maraîchage.
Les variétés de mais cultivé par ce groupement de 14 membres dont 8 femmes dirigés par Mme Yawa Gnado, sont l’Ikéné et l’obatempa, des variétés de cycle court(90 jours) qui s’accommodent plus ou moins au changement climatique en cours. La variété Ikéné est réputée pour sa résistance au soleil.
En 2009, ce groupement a produit 120 tonnes de mais.
Le site du maraîchage du groupement est étendu sur la nationale n.1 en allant vers Anié, sur un vaste domaine traversé par un petit cours d’eau réputé intarissable. On y découvre de nombreuses planches d’oignons, de piments verts, de poivrons, de choux, de gombos, d’épinards, d’Adémé et de Nyatou vendus sur le site aux revendeuses de produits maraîchers, venant de tous les horizons de la localité.
A en croire M. Sossou Kossi, 1er conseiller du bureau, le groupement ESPERANCE élève présentement 475 têtes de volaille, 78 caprins, et 38 porcins non regroupés en un seul lieu mais dispersés dans la cour de chacun des membres qui dispose d’un poulailler, d’une étable et d’une porcherie.
Dans le cadre du Projet de Soutien aux Activités Economiques des Groupements (PSAEG), le groupement ESPERANCE a bénéficié d’une égreneuse de mais, d’un motoculteur et d’une motopompe. Le PSAEG qui vise d’une façon générale à contribuer à l’amélioration des revenus des membres des groupements ruraux et au développement des emplois ruraux dans les villages d’implantation desdits groupement, initié et mis en œuvre depuis décembre 2009, a doté plus de 5000 groupements d’équipements et de matériels de travail.
Le souci du gouvernement dans l’initiation de ce projet, d’après le ministre Victoire Tomégah Dogbé, chargé du développement à la base, est d’œuvrer au renforcement des capacités productives de ces groupements en agriculture, en élevage, en maraîchage, en transformation des produits agricoles et en commercialisation.
En dépit de cette aide de l’Etat, le groupement ESPERANCE se trouve confronté à de sérieux problèmes susceptibles d’entraver son fonctionnement et par ricochet d’hypothéquer les objectifs poursuivis par le PSAEG
Sur ce chapitre, il faut noter le manque de débouchés pour les produits comme le riz qui se trouve aujourd’hui entassé dans des magasins du groupement. D’après nos informations, l’ANSAT qui est liée au groupement ESPERANCE par un contrat de vente attend que le riz stocké soit égrené et décortiqué avant de faire le pas. Or, le riz demeure la culture de base de ce groupement. Si on considère que la culture du riz, tout comme celle des autres produits agricoles est soumise à un calendrier agraire, on peut mesurer à sa juste valeur les préjudices causés à ce groupement par le manque de décortiqueuse de riz.

A ce problème, s’ajoute celui de l’utilisation du motoculteur gracieusement offert par l’Etat à ce groupement. « Le ministère du développement à la base, nous a promis l’envoi d’un technicien pour former les membres de notre groupement dans la conduite et l’utilisation du motoculteur. Mais force est de constater jusqu’au jour d’aujourd’hui que le technicien n’est jamais arrivé chez nous », nous a confié le 1er conseiller, sous le regard approbateur de Mme Yawa Gnado, la présidente du groupement. Or, l’acquisition du motoculteur a amené les membres du groupement à affecter cette année une superficie de 3 hectares à la culture du riz. Fatigués d’attendre, les membres du groupement se sont tournés vers un particulier résidant à Amou Oblo qui, à ce jour, n’a pas cru devoir répondre favorablement à leur appel.
Pour limiter les dégâts, les membres du groupement ont dû, avec les moyens de bord au demeurant rudimentaires, mettre en exploitation deux seulement des trois hectares réservés pour la culture du riz. Pour ce qui est du motoculteur qui n’est pas encore mis en fonctionnement, il ne cesse d’occasionner des dépenses pour le moins exorbitants. Aujourd’hui, 125.000 f cfa au total ont été dégagés pour « routage », entretien et frais divers.
Pour ce qui est des besoins, les membres du groupement ESPERANCE de Sada manquent cruellement de terre à mettre en valeurs. « Les sites sur lesquelles nous opérons appartiennent à des collectivités ou à des personnes qui peuvent à tout moment nous chasser. Ici, il suffit qu’ils constatent que la terre qu’ils vous ont louée devient fertile et produit de bons rendements pour qu’ils brandissent des histoires sans têtes ni queue pour vous chasser », a déclaré la présidente du groupement qui attend du gouvernement un prêt financier permettant à son groupement d’acquérir son propre terrain.
Au cours de sa visite sur le terrain, l’équipe de reportage y a rencontré les responsables de la Chambre d’Agriculture de la Région des Plateaux en l’occurrence, M. Ewovi Kébi, le président et M. Atchon Koffi, le secrétaire Général qui nous ont fourni des précisions sur leur mission : « notre mission, c’est la représentation de la profession agricole dans toutes les instances pour ce qui concerne la politique agricole du pays. Nous sommes donc le porte-parole du monde rural vis-à-vis des partenaires ».
A ce titre, ont-ils ajouté, la Chambre fait des suivis d’évaluation des groupements pour s’assurer que les organisations paysannes (OP) exécutent les travaux, conformément aux normes en vigueur d’un côté, et de l’autre que l’institut du conseil et d’appui Technique (ICAT) respecte ses engagements. La chambre d’Agriculture, au cours de ces tournées, recense les problèmes auxquels les agriculteurs se trouvent confrontés.
Le groupement ESPERANCE, composé de 8 femmes et de 6 hommes, séduit par son esprit de groupe, son esprit d’organisation du travail et son dynamisme.
Une prise en compte efficace de ses préoccupations permettra à ce groupement de prouver à la face du monde que « la terre ne trompe pas ». C’est donc légitimement que les membres de ce groupement expriment leur reconnaissance au gouvernement togolais, au Chef de l’Etat et à Madame la ministre chargé du Développement à la Base pour tous les efforts déployés à leur niveau, pour le bien-être des agriculteurs togolais.
Ils n’ont pas manqué d’exprimer leur espoir de voir leurs problèmes réglés au fil des temps, afin de pouvoir optimiser la promotion de leurs activités.
© Flambeau des Démocrates

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