L'avenir du Togo passe par les biocarburants

06/06/2008
L'avenir du Togo passe par les biocarburants

Les problèmes d'approvisionnement électrique –et les délestages que cela engendre- et la hausse fulgurante du prix du pétrole conduisent la plupart des pays africains à rechercher des solutions alternatives. On ne parle plus que de biocarburants. Le sorgho à sucre, une culture adaptée aux climats secs, capable à la fois de produire de la nourriture, des aliments pour bétail et du biocarburant, offre un énorme potentiel pour répondre aux besoins surtout des pays en développement, expliquent des scientifiques. D'autres voix affirment que la production de biocarburants en Afrique menace la sécurité alimentaire.

Le Togo a fait le choix de produire cette énergie de substitution. Jacques Inglese (photo) a créé en 2006 en zone franche la Société d'Energie Renouvelable Togolaise. Où en est ce projet aujourd'hui ? ; il répond à nos questions. Republicoftogo.com : Les biocarburants au Togo, c'est pour quand ?

Jacques Inglese :

Nous avons signé en juillet 2006 un protocole d'accord avec l'Etat pour la mise en place d'un projet de bioénergie, c'est-à-dire du biocarburant à partir de l'éthanol et bioélectricité à partir de la bagasse de la canne à sucre. Aujourd'hui nous sommes à l'étape du recensement des terrains. Nos géomètres sont sur place depuis un an pour recenser les parcelles indiqués pour ce projet. Il nous faudra au total environs trente mille hectares. Une fois que ces terrains seront rassemblés nous passerons à l'étape de la plantation des cannes.

Republicoftogo.com : Tout cela semble quand même un peu long à mettre en place

Jacques Inglese :

C'est exact. Nous avons en fait commencé le recensement des terrains après une longue étude effectuée par des experts mauriciens et français pour déterminer les zones appropriés. Et actuellement nous avons déjà acquis environ huit mille hectares. Je pense que ça avance maintenant parce que nous avons expliqué aux paysans notre projet pour qu'ils puissent libérer les terrains. De plus on traîne beaucoup dans l'administration, les dossiers n'évoluent pas rapidement, si bien que finalement nous n'avons pas encore réussi à boucler le financement parce que les banques suédoises nous demandent des certificats de conformité de l'environnement. Nous ne les avons pas encore.

Republicoftogo.com : Comment se présente le projet ?

Jacques Ingles : Le projet se subdivise en deux parties. Une partie agricole dont nous sommes en train de faire l'étude d'impact environnemental avant la phase de la pépinière. La première pépinière sera de 1500 hectares et elle couvrira la première tranche de 15000 ha de cannes.

La deuxième partie concerne l'usine où va s'effectuer le broyage de la canne, l'extraction du jus, la distillation… et ensuite la production de l'énergie électrique à un prix très abordable à partir de la fibre de canne brûlée. Mais il y a dans ce projet, un volet essentiel qui est relatif au social. C'est bien d'envisager la production de l'énergie, mais il est capital de penser aussi au mieux vivre des populations.

Nous allons construire des centres sociaux, des écoles, pour former des instituteurs, pour faire des adductions d'eau, des forages etc. Ce volet compte beaucoup dans notre projet et j'espère surtout que nous aurons les financements nécessaires pour le réaliser.  

Republicoftogo.com : La bioculture ne risque-t-elle pas de mettre en péril l'agriculture traditionnelle ?

Jacques Inglese :

Je suis au Togo depuis vingt-cinq ans. Je n'ai pas encore vu un projet sérieux. Par contre quand je sillonne le pays j'observe qu'il existe des dizaines de milliers d'hectares non cultivés.

Il est important de comprendre que démarrer l'agriculture mécanisée, que ce soit par l'éthanol ou par autre chose, c'est le début de développement du pays.

Nous faisons, comme au Brésil ou à l'Île Maurice, du biocarburant à partir de la canne à sucre ; ce n'est pas à partir du maïs ou du blé.

Vous voyez bien la surenchère au niveau des produits pétroliers ! L'alternative de la bioénergie est plus que nécessaire aujourd'hui et dans notre cas cette culture n'entame en rien les activités des paysans, au contraire. Nous entendons leur aménager des champs, des zones vertes pour leurs cultures vivrières. Le projet va générer 2400 emplois au Togo avec un peu plus de 120 ingénieurs. L'essentiel de cette main d'Œuvre sera locale.

Republicoftogo.com : Quelle est la quantité d'énergie que vous comptez produire et quelle en sera la part réservée au Togo ?

Jacquees Inglese : 

Le biocarburant à l'éthanol sera exporté sur la Suède puisque, pour l'instant, le Togo ne dispose pas de véhicules qui fonctionnent à base de l'éthanol (j'espère que ce sera le cas dans les années à venir).

Par contre l'énergie électrique sera distribuée à la Compagnie Electrique de Bénin (CEB). Il faut compter entre trente à trente-six mois pour espérer avoir l'énergie produite.

Nous comptons pouvoir produire environs 75Méga Watts dans un premier temps dont 12MWT seront utilisés au niveau de l'usine et le reste sera mis à la disposition de la CEB.

Le projet a été sérieusement étudié par la Banque Mondiale. Son soutien est un gage de sérieux pour le Togo.

Propos recueillis par Luc ABAKI

 

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