Eco & Finance

La Chine n’a pas de plan de colonisation de l’Afrique

Si la Chine n’est pas un acteur nouveau en Afrique, sa présence s’est beaucoup renforcée au cours des dix dernières années. Cette évolution s’inscrit dans un basculement généralisé du centre de gravité de l’économie mondiale, de l’Occident vers le Pacifique et vers le Sud. L’intérêt croissant de la Chine pour l’Afrique fait l’objet de critiques diverses (sur-spécialisation, ré-endettement des économies africaines, renforcement de la corruption,…). 

Pourtant, les  données statistiques et issues d’enquêtes de terrain montrent que la situation est plus nuancée : les interventions chinoises en Afrique diffèrent selon les pays et les secteurs. Un document stratégique a été défini, mais aucun plan coordonné de « colonisation » de l’Afrique n’existerait.

Enfin, la coopération chinoise conduit à remettre en question l’efficacité de celle des bailleurs de fonds traditionnels et devrait conduire à la « nécessaire » réforme du système de coopération de ceux-ci, même si une telle réforme ne doit pas faire abandonner ses principes fondamentaux. 

Telles sont quelques unes des conclusions d’un forum organisé il y a quelques jours à Paris par l’Agence française de développement (AFD) qui intervient depuis de longues années au Togo. Un colloque qui avait pour thème « Les relations Chine-Afrique, impacts pour le continent africain ».

Le rapport publié à l’issue des débats est intéressant car c’est la première fois que la question est abordée de manière aussi lucide.

L’offensive de la Chine en Afrique date d’il y a une dizaine d’années. Désormais, la présence chinoise dans les grandes villes africaines n’a plus rien de surprenant. Commerçants, supermarchés, concessionnaires automobiles, restaurants et salons de massages coquins côtoient les commerces traditionnels. Sur les marchés, le textile et l’électronique sont presque à 100% Made in China.

Mais le gros de l’investissement se trouve ailleurs ; dans les infrastructures réalisées par des entreprises chinoises et dans l’octroi de financements concessionnels.

Au Togo, des routes, l’extension de l’aéroport de Lomé, la création d’un network de E-gouvernement, notamment, sont assurés sur financement de l’Exim Bank of China. Récemment, c’est une entreprise chinoise qui a pris 50% de la concession de la nouvelle darse au Port de Lomé.

L’engagement chinois au Togo reste cependant modeste comparé à d’autres pays producteurs de matières premières (Gabon, Angola, Nigeria, …), mais il est précieux car sans l’aide de Beijing, les autorités togolaises auraient eu beaucoup plus de difficultés à boucler les prêts permettant de moderniser les infrastructures.

Information additionnelle

Colloque Chine-Afrique AFD.pdf

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