La Sotral fait bouger Lomé

12/03/2009
La Sotral fait bouger Lomé

Lomé, la capitale togolaise, a la particularité de ne pas disposer de transports publics. Les habitants doivent utiliser leur voiture -s'ils en possèdent une-, prendre un taxi ou un Zémidjan. Pas simple, cher et parfois dangereux. Dans les années 90, il y avait bien eu des tentatives pour mettre en place des lignes de bus, mais l'opération avait rapidement tourné court.

Depuis septembre 2008, une nouvelle société a décidé de tenter l'aventure. La Sotral a fait l'acquisition de plusieurs bus urbains à grande capacité qui desservent les principaux axes de la ville. On est encore loin de la RATP à Paris ou de la Sotra à Abidjan, mais c'est un début encouragent plébiscité par les usagers.Kondi-Mane Ounone Balikou est le directeur général de la Sotral.

Republicoftogo.com : Comment est née l'idée de la Sotral ?

Kondi-Mane Balikou :

La ville de Lomé a abrité en 2002 la conférence de la coopération pour le développement et l'amélioration des transports urbains et péri-urbain (CODATU) et il a été question à l'époque d'envisager de nouvelles conditions de transports urbains dans les villes d'Afrique.  C'est à cette occasion que l'aventure a débuté.

La Sotral est le symbole d'une coopération dynamique entre la ville de Lyon en France (qui nous a fourni des bus) et celle de Lomé. Nous avons également reçu le concours de plusieurs partenaires dont le Port autonome de Lomé (PAL), l'EPAM (Etablissement public pour l'administration des marchés), la Chambre de commerce (CCIT) et un opérateur privé. Toutes ces bonnes volontés ont donné naissance à la Sotral.

Notre objectif est d'offrir aux habitants de Lomé un nouveau mode de transport répondant aux normes de sécurité, aux conditions de mobilité à un coût relativement bas. Nous souhaitons également contribuer à l'amélioration de la fluidité de la circulation et à la protection de l'environnement. Les Loméens doivent aussi changer d'état d'esprit en ayant recours aux bus. Enfin, si notre réseau se densifie, il faudra penser à des files spéciales réservées aux transports en commun.

Republicoftogo.com : Pour le moment, force est de constater que l'on ne voit pas beaucoup de bus de la Sotral à Lomé.

Kondi-Mane Balikou :

Pour une raison évidente. La Sotral n'exploite pour le moment qu'une seule ligne expérimentale qui va du centre ville au niveau du grand marché, jusqu'au au lycée d'Adidogomé. Cette ligne a plusieurs arrêts dont l'hôpital, les collèges, le marché, le centre administratif, les quartiers périphériques ouest de Lomé etc. Nous exploitons huit bus dont quatre sont mis en ligne et les autres servent de relais en cas de problème technique. Nous assurons aussi de la location pour les privés ou les entreprises qui ont besoin de nos services.

Republicoftogo.com : Une fois cette phase expérimentale achevée, comment allez-vous vous déployer en ville et en périphérie ?

Kondi-Mane Balikou :

Notre plan de développement prévoit la création de cinq lignes principales. Outre, Adidogomé-Grand marché, il y aura également la ligne Kégué-Grand marché, Avépozo-grand marché, la boucle entre le grand marché et les boulevards (circulaire, de la République, du Mono). Nous allons également développer un réseau secondaire destiné à les lignes principales.

Republicoftogo.com : Les usagers sont-ils satisfaits ? Avez-vous des commentaires, des remarques ?

Kondi-Mane Balikou :

Nous transportons aujourd'hui près de mille passagers par jour contre 700 il y a trois mois. C'est un signe qui ne trompe pas. Notre politique tarifaire très agressive séduit également les passagers. Enfin, ce qui est très important, les bus sont à l'heure ! Une exigence des utilisateurs qui doivent se rendre au travail ou à l'école.

Republicoftogo.com : Les autorités préconisent le développement des transports urbains à Lomé et dans le reste du Togo. Etes-vous soutenu dans votre projet ?

Kondi-Mane Balikou :

Absolument. C'est grâce au soutien du gouvernement que le projet a vu le jour. Il vient d'ailleurs de nous exonérer de certaines taxes pour permettre un essor plus rapide. Je tiens ici à le remercier.

 

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