La crise vient des pays développés

02/04/2009
La crise vient des pays développés

L'Afrique se présente unie au sommet du G20 pour réclamer plus de contrôle des marchés financiers internationaux face à une crise "venue des pays développés", mais qui peut "menacer directement la stabilité sociale et économique du continent". "Il y a un besoin pour une régulation transfrontalière des marchés financiers, et des efforts doivent être faits pour améliorer la coopération internationale dans la surveillance et la régulation des systèmes financiers", indique la "Position commune de l'Afrique", qui doit être présentée jeudi à Londres par l'Union africaine (UA), organisation dont le Togo est membre.

"Une des questions qui doivent être prises en compte dans la nouvelle architecture (financière mondiale) est le besoin de prêter plus d'attention à la prévention des crises (...), qui requiert des règlements appropriés et la supervision des systèmes financiers nationaux et internationaux", note le texte de 14 pages.Pour l'UA, qui souligne que "la crise vient des pays développés et n'est pas le fait de l'Afrique", "le protectionnisme doit être banni comme réponse à la crise" actuelle.

L'Afrique, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), va voir sa croissance globale réduite de moitié et perdre plus de 50 milliards de dollars sur ses revenus à l'exportation sur la période 2008-2009, selon le bloc régional.

L'UA estime que "la communauté internationale doit aider à la mise en oeuvre d'un package de stimulation de la demande pour l'Afrique", indiquant comme piste de financement "la vente des réserves d'or" par le FMI.

"L'aggravation de la pauvreté et l'augmentation du chômage (...) qui constituent les effets majeurs de la crise globale sur les pays africains, s'ils ne sont pas rapidement pris en compte de manière adéquate, peuvent menacer directement la stabilité sociale et économique du continent", avertit l'UA.

Ce rapport estime que l'Afrique est confrontée à "quatre risques majeurs": la fuite des capitaux, le risque fiscal "provoqué par un déclin des recettes et une augmentation des dépenses", "le risque à l'exportation, lié à la baisse de la demande et du prix des matières premières", et enfin le risque de manque de liquidités qui peut affecter "le secteur bancaire et les gouvernements".

"La balance des paiements devrait se creuser de 2% du PNB en 2008 à 6% en 2009 (...), tandis que la balance fiscale devrait passer d'un surplus de 5% en 2006 à un déficit de 4% en 2009 notamment à cause d'une baisse attendue de l'aide", indique le texte.

L'Afrique souhaite également mieux faire entendre sa voix dans les instances financières internationales et y être davantage représentée. Elle demande ainsi "un directeur exécutif" pour chacune des cinq régions d'Afrique représentées aux conseils de la Banque mondiale et du FMI.

L'UA rappelle enfin que le commerce étant l'un de ses principaux atouts économiques, le développement des infrastructures reste une priorité qui nécessite un financement de "80 milliards de dollars par an". D'où l'espoir que les bailleurs de fonds internationaux tiendront leurs promesses d'aide.

L'Afrique sera représentée au G20 par le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi et le président de la Commission de l'UA Jean Ping.

"La position commune africaine (...) témoigne de la ferme volonté de l'Afrique de peser désormais collectivement dans toutes les délibérations internationales en parlant d'une seule voix", souligne un communiqué de l'UA.

 

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