Le Togo creuse son sillon

21/10/2013
Le Togo creuse son sillon

Lors des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, la semaine dernière à Washington, les deux institutions ont salué le programme de réformes mené par le Togo dans plusieurs secteurs, dont celui de l’agriculture.

La 3e mission conjointe la Banque mondiale (BM) et du Fonds international de développement agricole (FIDA) partage cet optimisme. Elle vient d’achever une évaluation de 10 jours dans le pays.

La mise en œuvre du Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) est bien engagée.

Les experts ont noté une évolution significative dans le traitement des portefeuilles de passation des marchés, de la gestion financière, du suivi-évaluation, de la gestion axée sur les résultats et de communication.

‘La mise en œuvre des trois premiers projets du Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) connaît une avancée satisfaisante. En effet, le Projet d’Appui au Développement de l’Agriculture au Togo (PADAT), le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA) et le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest – Projet Togo (PPAAO-Togo) sont en train de confirmer leurs résultats sur le terrain au profit des populations bénéficiaires’, peut-on lire dans le communiqué final.

Toutefois, le FIDA note que le PADAT n'a pas été aussi performant qu’il l’avait été lors de la dernière mission en avril dernier.

Le ministre de l’Agriculture,  Ouro Koura-Agadazi, estime que l’évaluation BM/FIDA montre qu’un pas a été franchi, mais beaucoup reste encore à faire.  ‘Nous devons ensemble donner des signaux forts avant les prochaines évaluations à mi-parcours prévues en début d’année 2014’, a-t-il indiqué.

Le PNIASA, le seul cadre d’intervention dans le domaine agricole au Togo vise à la relance de l’agriculture. Il a également pour objectif d’assurer la sécurité alimentaire, d’ accroître les revenus des exploitants et d’améliorer les conditions de vie des populations rurales, particulièrement des populations vulnérables, les femmes et les jeunes. 

Le programme est financé à hauteur de 600 milliards de Fcfa par la Banque mondiale, le FIDA, la BOAD, la BIDC et le gouvernement togolais.

La prochaine mission de supervision est prévue pour le mois d’avril 2014.

Communiqué final BM/FIDA

La mise en œuvre des trois premiers projets du Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) connaît une avancée satisfaisante. En effet, le Projet d’Appui au Développement de l’Agriculture au Togo (PADAT), le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA) et le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest – Projet Togo (PPAAO-Togo) sont en train de confirmer leurs résultats sur le terrain au profit des populations bénéficiaires.

C’est le constat unanime fait par la 3ème mission conjointe de supervision, conduite par le Gouvernement du Togo, le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et la Banque mondiale, qui a séjourné au Togo du 7 au 18 octobre 2013, pour évaluer l’état d’avancement des projets en cours.

 D’une manière générale, la mission a observé que l’amélioration dans le rythme d’exécution des trois projets notée au cours de la mission précédente (avril 2013) se poursuit, avec un renforcement des fonctions transversales au niveau du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (MAEP). L’approche d’une gestion axée sur les résultats, la rationalisation et le contrôle de la gestion financière, la passation des marchés et le suivi-évaluation ont commencé par donner des résultats appréciables dans leurs composantes techniques sur le terrain.

1. Au niveau du PADAT qui appuie la production et la valorisation des produits dans les filières riz, maïs et manioc, la mission du FIDA a salué les efforts entrepris depuis la dernière mission et qui ont donné des résultats notables.

L’opération « quick-start » a été consolidée et s’est poursuivie telle qu'elle avait été initialement conçue, avec l’acquisition de 16 300 kits d’intrants et de semences (riz et maïs) qui ont été distribués à des petits producteurs vulnérables. Cette opération a porté le nombre de bénéficiaires depuis 2011 à 53 500, dont 49% de femmes et 44% de jeunes. Les 326 champs-écoles paysans mis en place, ont été également consolidés dans le cadre de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au profit de 6 300 producteurs, dont 3 652 femmes.

Par ailleurs, le projet a poursuivi les activités de renforcement des capacités techniques et de gestion fiduciaire, ainsi que la fourniture de services socio-économiques, avec l'accompagnement dans la structuration de 150 organisations de producteurs et l’appui à leurs faîtières, à savoir la Coordination Togolaise des Organisations Producteurs (CTOP) et la Centrale des Producteurs de Céréales (CPC). Il faut noter aussi le financement, par le projet, de la conception et la mise à disposition du dispositif de suivi-évaluation aux niveaux central et régional qui permet d’assurer un meilleur suivi des activités du projet. Très prochainement, l’accord de financement du volet « Adaptation de la production agricole aux changements climatiques (ADAPT) » qui a déjà été signé par le FIDA et le Fonds mondial pour l’environnement (FEM) sera soumis au gouvernement du Togo pour déclencher la mise en œuvre des activités devant permettre aux bénéficiaires d'être plus résiliant face aux perturbations climatiques et environnementales.

Toutefois, la mission FIDA note que le PADAT n'a pas consolidé certaines des avancées notables saluées lors de la dernière mission d'avril 2013. Des retards significatifs ont été enregistrés dans des activités majeures, telles que les opérations pilotes de la petite mécanisation ou la culture attelée, et la quasi-totalité des activités de la composante « Valorisation des produits agricoles ». Ces retards, imputables essentiellement aux retards dans la passation des marchés, aux délais non maîtrisés dans la livraison des services (études) et produits (équipements et infrastructures de transformation), devront être rattrapés rapidement pour assurer des résultats tangibles avant la revue à mi-parcours du projet prévue en mars 2014.

Enfin, il faut noter que des efforts restent à faire pour la mobilisation des fonds de la BOAD et de la BIDC, en vue de rehausser le niveau des réalisations du PADAT.

2. Concernant le PASA, le projet conforte ses acquis et entre en « régime de croisière ».

Les activités de promotion des cultures vivrières stratégiques, des cultures d’exportation et de la production halieutique continentale se poursuivent de manière globalement satisfaisante et les actions entreprises au cours des 6 derniers mois se présentent comme suit. 

 Pour la valorisation des cultures vivrières togolaises, des intrants agricoles (232,5 tonnes d’engrais, 3000 litres d’herbicides et 120 litres d’autres produits de traitements) ont été acquis au profit des Entreprises de Services et Organisations de Producteurs (ESOP) pour soutenir la production du  riz (10 ESOP sur les 20 retenues), d’ananas (1 ESOP), et de soja (1 ESOP). Des équipements (30 kits de vanneuses, calibreuses et décortiqueuses) sont également en cours d’acquisition au profit des ESOP (au total 2 322 producteurs  regroupés dans 154 organisations) pour la transformation de 666,7 tonnes de riz et 137,4 tonnes de soja. 

Dans le cadre des fonds compétitifs mis en place pour soutenir des initiatives de valorisation des produits agricoles et contribuer à la création d’emplois, le PASA a décaissé un montant de plus de 170 millions FCFA pour la deuxième tranche de financement au profit de 25 sous-projets (transformation agro-alimentaire, soutien à l’émergence des filières de diversification, pisciculture). Par ailleurs, le projet a démarré les activités de promotion des produits togolais, avec l’édition et la diffusion de 10 000 exemplaires du livret « Les produits locaux togolais dans votre assiette » sur toute l’étendue du territoire. 

Concernant la production halieutique continentale, les activités du PASA depuis la dernière mission ont porté sur : (i) la formation au Bénin de 3 pisciculteurs et de 2 cadres de la Direction de la Pêche et de l’Aquaculture sur les techniques piscicoles ; (ii) l’acquisition d’équipements pour les 5 centres piscicoles pilotes (TogbleKopé, Kpime-Seva, Agbofon, Tchalanidè et Twaga) et la formation des pisciculteurs ; (iii) la collecte de données dans 82 fermes piscicoles pour la mise à jour du fichier des pisciculteurs ; (iv) l’acquisition de 2 010 filets de pêches et de 8 500 bobines qui seront distribués après la période de repos biologique du Lac Nangbéto (fin novembre 2013) ; et (v) la mise en place des équipes de surveillance du plan de gestion du Lac Nangbéto.

Dans le domaine des cultures d’exportation (café, cacao, coton), au cours des 6 derniers mois, le PASA a : (i) financé la réhabilitation de 2 des 4 centres de production de boutures, la production et la distribution aux producteurs  de 25 700 boutures racinées de caféiers et 12 000 cabosses de cacaoyers ; (ii) procédé au déploiement du nouveau dispositif de 17 experts d’appui-conseil auprès des producteurs de café-cacao, permettant ainsi à 2 326 producteurs (dont 315 femmes) de régénérer et replanter 2 014 ha de caféiers ; et (iii) financé l’appui-conseil à la Fédération Nationale des Groupements de Producteurs de Coton (FNGPC) pour le renforcement de sa gouvernance et l’amélioration de sa gestion, ainsi que l’acquisition de 52 motos pour assurer la mobilité à ses membres, et la participation d’une délégation de la faitière à une rencontre internationale sur le coton à Paris.

Les activités de relance du sous-secteur de l’élevage se sont également poursuivies, avec le bilan qui a été fait de la première campagne de vaccination et le lancement de la deuxième campagne, dont les objectifs cumulés sont de 800 000 petits ruminants (40% du cheptel) et 5 500 000 volailles (70%). Pour améliorer les techniques d’élevage et de recapitalisation des cheptels, le PASA a élaboré et validé un manuel de sélection des bénéficiaires de géniteurs améliorés et des actions de zootechnie. Dans ce cadre, 376 bénéficiaires ont été identifiés et formés, 290 géniteurs ont déjà été distribués. Par ailleurs, le Ministère de l’agriculture est en train de procéder à la restructuration de la composante « Elevage » du PASA et de la sous-composante « Production halieutique continentale », avec une revue à la baisse des objectifs chiffrés pour une harmonisation avec les résultats du dernier recensement agricole et la stratégie de développement de l’aquaculture. Aussi, le projet envisage d’apporter un appui à l’intensification de 100 fermes ovines/caprines et de 150 fermes avicoles pour contribuer à satisfaire les besoins du marché domestique.

Enfin, pour le renforcement des capacités et la coordination du secteur de l’agriculture, la modernisation du Ministère se poursuit, avec notamment : (i) la réhabilitation en cours de 5 bâtiments de l’administration centrale à Lomé ;  (ii) l’acquisition de 90 motos pour améliorer la mobilité des services ;  (iii) l’élaboration d’un plan de formation du personnel et la formation de 26 directeurs généraux, centraux et régionaux en analyse institutionnelle ; (iv) la réalisation de l’étude sur la réforme du soutien public au secteur de l’engrais et le démarrage de l’étude sur la commercialisation des produits vivriers ; et (v) l’élaboration, de manière participative, de la feuille de route du passage à l’approche sectorielle. Cet aspect des activités soutenues par le PASA contribue à l’émergence d’un environnement institutionnel propice au développement du secteur et à l’investissement privé.

3. Quant au PPAAO-Togo qui génère et vulgarise des technologies éprouvées au Togo et dans la sous-région, le projet a fait du Togo le tout premier pays à avoir adopté et publié au journal officiel les textes réglementaires de la CEDEAO sur les semences et les pesticides.

La mission a salué les efforts du PPAAO-Togo pour améliorer le traitement des dossiers techniques liés à la passation des marchés et à la gestion financière, de même que les réalisations de terrain au profit des bénéficiaires. Il s’agit de (i) la production des géniteurs améliorateurs ovins et caprins, la promotion de 3 technologies auprès de 750 producteurs ; (ii) la production et la mise à disposition de semences améliorées de maïs et de riz aromatiques à près de 30.000 producteurs, dont 7 538 femmes (28%) ; (iii) la mise à disposition de 300 cannes planteuses aux producteurs ; (iv) le développement des techniques d’élevage des pintadeaux et des chèvres Djalonké ; (v) la formation des producteurs sur diverses technologies, telles que l’embouche ovine, la lutte contre le striga, la gestion des mauvaises herbes, les techniques de semis direct avec les cannes planteuses, etc.

Par ailleurs, le PPAAO-Togo a équipé l’Institut Togolais de Recherche Agricole (ITRA) et l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) en matériels roulants et en matériels informatiques, et procèdera sous peu au démarrage des travaux de réhabilitation de leurs infrastructures, y compris l’acquisition des équipements de laboratoire. Il faut noter aussi que le projet vient de démarrer le programme de formations diplomantes au profit des jeunes chercheurs de l’ITRA, des techniciens de la vulgarisation de l’ICAT, des enseignants chercheurs de l’Ecole Supérieure d’Agronomie à l’Université de Lomé, et de l’Institut National de Formation Agricole (INFA) de Tové. Deux projets commissionnés sur le pain composite et le système de riziculture intensive sont élaborés et 11 plateformes d’innovation (5 pour la filière maïs, 2 pour la filière riz, 2 pour la filière volaille et 2 pour la filière ovin-caprin) sont en train d’être mises en place. De plus, le PPAAO-Togo a contribué à la création de 6 Entreprises de Services et Organisations Paysannes --ESOP (3 pour les semences et 3 pour la viande) sont créées, dont 3 sont déjà fonctionnelles (ESOP semences).

Au cours des différentes visites de terrain effectuées par les équipes du PPAAO et du PASA dans les régions Plateaux (Notse), Centrale (Blitta, Lama-Tessi, Koussountou, Sokodé, Kamboli, Sagbadai, Tchalanidè), Kara (Awandjello, Abouda, Lama, Soumdina, Kara, Pya, Pagouda, Lassa Poudè), les membres de la mission ont pu apprécier les progrès dans la mise en œuvre sur le terrain des activités concrètes. Ils ont ainsi pu évaluer le niveau de satisfaction ainsi que les attentes des bénéficiaires directs des projets, et ont noté avec satisfaction que certains des résultats conduisent déjà à des changements positifs et mesurables (augmentation de revenus, création d’emplois pour les femmes et les jeunes).

La grande réunion de restitution tenue le Vendredi 18 octobre 2013 a regroupé l’ensemble des principaux acteurs du PNIASA qui ont pu apprécier les résultats atteints depuis la mission de supervision d’avril 2013. Les membres de la mission ont saisi l’occasion pour exprimer leurs encouragements aux équipes des projets respectifs et à l’ensemble des acteurs pour les efforts entrepris pour promouvoir l’agriculture togolaise et lui permettre de mieux contribuer à la croissance économique du pays.

Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le Colonel Ouro Koura Agadazi, a également félicité l’ensemble des acteurs et a réitéré l’engagement du gouvernement togolais à tout mettre en œuvre pour la relance de l’agriculture : « D’un point de vue général, la mission conjointe de supervision reconnait et salue les progrès tangibles qui ont été réalisés dans les trois projets prioritaires du PNIASA.  Ces progrès qui font aujourd’hui notre fierté, n’ont été possibles que grâce

-  aux soutiens du Chef de l’Etat à qui je voudrais rendre un vibrant hommage pour ses conseils et directives avisés,

-   au chef du gouvernement et à l’ensemble des ministères sectoriels,

-   et à l’accompagnement de tout temps des Partenaires Techniques et Financiers dont notre département a bénéficié. Il appartient à tous les cadres de notre département et aux acteurs de terrain de maintenir la même mobilisation en vue d’exploiter les opportunités qui s’offrent au Togo »   

La troisième mission de supervision a été conduite par des équipes de la Banque mondiale et du FIDA, en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes concernées et sous la coordination d’ensemble du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. La prochaine mission de supervision est prévue pour le mois d’avril 2014.

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