Lorenzo, ministre et manager

26/03/2010
 Lorenzo, ministre et manager

Le ministre du Commerce, Guy Lorenzo, revient de Paris où il a signé avec l’école des Hautes études commerciales (HEC) un partenariat destiné à former les fonctionnaires togolais. Au final, l’objectif est de disposer d’une administration performante où l’usager devient client.
Dans un entretien accordé à republicoftogo.com, M. Lorenzo revient également sur les réformes entreprises par son ministère et qui permettent désormais de créer une entreprise au Togo en moins de 5 jours. Et ce délai devrait encore se réduire avec le soutien de la Banque mondiale. Reste à mettre en place des structures de crédits aux sociétés qui font encore défaut.
Enfin, Guy Lorenzo, commente la situation politique actuelle. Il se dit déçu et peiné par l’attitude de l’UFC.
« Dans le monde des affaires, quand on signe un contrat on le respecte ; en politique, c’est la même chose », souligne le ministre, qui parle de « mauvaise foi caractérisée, sinon d’une immaturité politique ».
Republicoftogo.com : Vous avez signé la semaine dernière avec HEC un protocole d'accord destiné à former les fonctionnaires togolais. Pouvez-vous nous donner plus de détails ?
Guy Lorenzo : Le groupe HEC est l’université mise en place par la Chambre du commerce et d’industrie de Paris pour former les managers et les cadres économiques français et étrangers, c’est l’une des plus prestigieuses écoles de commerce de France et d’Europe.
Nous avons signé une convention de formation des cadres et des agents de l’administration avec une approche managériale pour rendre l’administration plus performante. C’est un souhait émis par le chef de l’Etat.
Le programme va débuter au mois d’avril prochain. Il se composera de 10 séminaires à raison de 250 personnes par session. Il y aura à chaque fois deux grandes conférences et douze ateliers.
Le gouvernement va se charger de définir les contenus qui seront communiqués aux formateurs d’HEC. L’objectif recherché est de parvenir à une culture du résultat.
Toutes les formations vont se dérouler au Togo où les professeurs de HEC, toutes disciplines confondues, viendront chaque mois pour les cours et le suivi pédagogique.
L’administration publique doit avoir un objectif d’efficacité qui est d’accueillir et d’aider les administrés comme de véritables clients.
Parallèlement à cela, la Chambre de commerce et d’industrie du Togo a signé une convention analogue pour le secteur privé.
Les enseignants de HEC viendront au Togo tous les mois pour des séminaires de formation à l’attention des chefs d’entreprise.
La finalité est de faire en sorte que le secteur privé et l’administration
publique aient les mêmes méthodes de travail.
Je pense, de par mon expérience dans le secteur privé, que c’est la meilleure approche quand on veut être performant.
Republicoftogo.com : La formation concerne quels types de cadres ?
Guy Lorenzo : Cela concerne tous les cadres et agents de l’administration publique, du directeur de cabinet au planton. On ne peut pas préparer le haut, ensuite laisser la classe intermédiaire et le bas de côté.
Republicoftogo.com : Depuis votre nomination, vous avez tenté de moderniser le secteur du commerce en installant, notamment, un guichet unique de formalités pour les entreprises. Est-il plus facile de créer une société aujourd'hui au Togo ?
Guy Lorenzo : Certainement, mais nous sommes en train d’améliorer encore les choses. Au terme d’une année d’une mise en œuvre du programme de réforme, nous avons vu les faiblesses et nous avons apporté un correctif qui va bientôt se matérialiser par un arrêté visant les formalités d’entreprises.
L’objectif est de réduire à maxima les différentes procédures de création d’entreprise.
Nous sommes revenus ainsi de 20 procédures à huit pour les formalités de création.
Nous visons la simplification et l’informatisation à outrance.
Plus les formalités sont longues, chères et compliquées et plus cela favorise le business informel.
C’est la raison pour laquelle, en accord avec le président de la République, nous avons décidé de rendre les procédures très simples et de réduire les coûts d’enregistrement.
Ils ont baissé de 30% pour les ressortissants hors Cédéao et de 40% pour les ressortissants du Togo et de la Cédéao. Nous espérons que ces mesures vont permettre à toute la frange d’opérateurs informels, de devenir patron de société ; le moyen d’élargir l’assiette fiscale.
Republicoftogo.com : En combien de jours crée-t-on finalement une société aujourd’hui au Togo ?
Guy Lorenzo : En 4 ou 5 jours, vous avez créé votre entreprise. L’arrêté qui sera signé dans deux ou trois jours va permettre de demander à chaque administration concernée par la création de sociétés de détacher à la Chambre de commerce, dans un même local, un agent pour éviter de faire des navettes entre les administrations concernées.
C’est une étape provisoire car la Banque mondiale devrait nous accorder une aide pour renforcer l’informatisation et avoir un système similaire à celui existant déjà au Mali et au Burkina Faso.
Republicoftogo.com : Reste un problème épineux, c'est celui du crédit aux PMI/PME; il est quasi inexistant !
Guy Lorenzo : Il y a deux ans le chef de l’Etat a demandé la création d’une Agence nationale de promotion et de garantie de
financement des PME/PMI (ANPGF). Cette agence a une dotation annuelle d’environ 500 millions de fcfa pour pouvoir garantir ou aider au financement des PME/PMI.
Nous sommes en train de réfléchir avec les milieux bancaires à un système de financement spécifique et propre aux PME/PMI pour répondre à leurs besoins.
Toutefois, les établissements financiers doivent disposer d’une certaine visibilité avant de pouvoir accorder des crédits. Je veux dire que les entreprises doivent disposer d’une comptabilité fiable ; ce qui n’est pas toujours le cas.
Republicoftogo.com : Quel bilan faites vous de l'action du président Faure Gnassingbé à la tête du pays depuis 5 ans et, particulièrement, en ce qui concerne votre secteur, celui de l'économie et du commerce ?
Guy Lorenzo : Le président de la République a su instaurer un climat de confiance entre l’Etat et le secteur privé.
Vous savez qu’en 2009, il a été inscrit au budget de l’Etat, 6 milliards pour acquitter une partie la dette intérieure. Le président a très bien compris que payer cette dette permettait de réinjecter directement de l’argent dans le circuit économique.
Le chef de l’Etat a ensuite donné des instructions et ce budget a été multiplié par trois puisque le gouvernement a payé pratiquement 20 milliards de dette intérieure.
Par ailleurs, le cadre de concertation gouvernement-secteur privé, présidé par le Premier ministre, a été relancé afin de trouver des solutions aux problèmes qui peuvent se poser.
Le bilan est donc globalement positif.
C’est vrai que le panier de la ménagère a besoin d’être amélioré. J’ai confiance que cela sera fait puisque le chef de l’Etat a demandé au ministère de l’Economie et des Finances d’exonérer de TVA les produits de première nécessité.
Cela signifie un pouvoir d’achat en hause de 18%. Il faudra surveiller que les commerçants ne cherchent pas à profiter de ces mesures gouvernementales en augmentant leur prix.
Republicoftogo.com : Pensez-vous conserver votre fauteuil dans le prochain gouvernement ?
Guy Lorenzo : Il ne m’appartient pas de me prononcer. C’est le président qui décidera. Ce que je sais faire, c’est ce que je suis en train d’accompir en ce moment, mais le propre de l’homme est de s’adapter et de se dépasser.

Republicoftogo.com : Enfin que pensez-vous des contestations de l'UFC et du FRAC à propos des résultats de la présidentielle ?
Guy Lorenzo : C’est une grande déception et une grande tristesse.
Dans le domaine commercial, il y a une règle qui veut que lorsque l’on se met autour de la table pour définir les clauses d'un contrat, ont se doit de les respecter jusqu’au bout, même si à l'arrivée elles peuvent ne pas vous être favorables. C'est pareil en politique.
Il faut faire montre d’une mauvaise foi caractérisée, sinon la démonstration d’une immaturité politique pour remettre en cause les fondements, les institutions de la République et les règles qu’on a communément définies avec les autres sensibilités politiques. C’est à se demander ce que ces gens veulent.
Veulent-ils vraiment le développement de ce pays ou bien ils veulent simplement semer la zizanie, la division entre les enfants d’un même pays ?
Je pense qu’aujourd’hui, grâce au président Faure - et ce n’est pas parce que je travaille avec lui, mais en toute objectivité - des efforts ont été faits pour ramener un climat politique serein dans le pays, pour que désormais nous puissions tous aller à l’essentiel, c’est à dire le développement du Togo.
Je pense que si on est vraiment adulte et politiquement mature, on ne peut pas faire ce genre de choses. Nous sommes pratiquement la risée du monde aujourd’hui. Nous ne pouvons pas suivre tout ce cheminement pour en arriver à des manifestations de cette nature.
Je voudrais dire que je ne suis pas surpris, mais j’avoue simplement être déçu et triste.
Je suis intimement persuadé que dans sa sagesse, le chef de l’Etat, malgré tout, conduira notre entreprise « Togo SA »à bon port. Nous serons les meilleurs dans peu de temps et c’est cela qui est le plus important.

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