Togocel joue la transparence

11/11/2009
Togocel joue la transparence

Togo Cellulaire (Togocel), le seul opérateur mobile actuellement au Togo veut jouer la transparence. A l'initiative de l'Association togolaise des consommateurs (ATC) ses responsables ont accepté de répondre aux principales questions qui préoccupent les abonnés et, en premier lieu, le prix élevé des appels. C'est ce que rapporte L'Union dans son édition paru mardi.

Le journal liste les 14 problèmes auxquels sont confrontés les clients : coût trop élevé du kit, qualité du réseau médiocre, détérioration des cartes SIM, SMS trop chers, accès laborieux au GPRS, etc… Togocel a répondu avec franchise à l'ensemble des points évoqués sans toutefois régler la question des tarifs des communications. Des tarifs lus élevés au Togo que dans les pays voisins ; Ghana et Bénin, notamment. Voici une sélection d'articles publiés par L'Union

Verbatim

La démarche de "conciliation"

Maîtres Christian Charrière-Bournazel, Djovi Gally et Zeus Ajavon ont finalement rencontré à l'Agence Nationale de Renseignements (ANR) le lundi 2 novembre dernier Kpatcha Gnassingbé, détenu depuis le 15 avril dans une affaire de «tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat». Suite à cela, une conférence de presse a été animée pour expliquer à l'opinion l'essentiel de leurs discussions avec l'honorable député qui se résume en ces termes : «je mandate ces avocats que je charge d'entreprendre une démarche de conciliation avec mon frère Président de la République, Faure Gnassingbé», dixit Kpatcha Gnassingbé. Quelle honorabilité !

Au cours de leur conférence de presse, les avocats en «mission de confiance» ont rejeté avec force toutes les accusations portées contre leur délégant. «En ma conscience d'avocat que mes frères ont estimé digne d'élire comme Bâtonnier de Paris, il n'y a aucun fait dans ce que nous avons vu et je ne suppose pas qu'il y ait quelque chose ailleurs qui puisse aider à penser que M. Kpatcha Gnassingbé ait préparé un coup d'Etat», a lancé Me Charrière-Bournazel.

Plus loin, fustigeant la délibération de l'Assemblée Nationale et son bureau, il estime qu'il n'y a pas de flagrance dans cette affaire :  «Et s'il n'y a pas de PV de police, c'est qu'il n'y a pas de flagrance et s'il n'y a pas de flagrance, c'est que l'Assemblée Nationale et son bureau ont été abusés et ont probablement délibéré un peu vite». De là, à croire que Kpatcha Gnassingbé est abusément détenu, le pas est franchi.  

A la même tribune, les avocats ont fait des démonstrations encenseuses sur les conditions de détention du député : «Je voudrais en venir à présent à ce que vit Kpatcha Gnassingbé. A 180 jours de détention dans une pièce sordide, nous ne l'avons pas vue mais on a pu en mesurer la dimension par rapport au parloir où nous sommes entretenus avec lui. La porte avait été sérieusement fermée à clé pour qu'on ne puisse pas y entrer», a-t-on laissé entendre. De la même manière, les avocats ont spectaculairement avancé les humiliations dont ils ont fait l'objet.

On leur a demandé de marcher sous le soleil à 16 heures pour aller vers le parloir.

Pour les avocats, Kpatcha Gnassingbé est la victime et non le coupable dans cette histoire. «A comprendre que dans l'esprit des personnes qui gouvernent, le fait d'envisager, éventuellement en plaisantant, d'être candidat à une élection, ce serait un coup d'Etat qui justifierait une tentative d'assassinat», a-t-on mentionné pour expliquer les mobiles ayant conduit aux accusations. Pour finalement chercher à assassiner froidement Kpatcha Gnassingbé et les membres de sa famille : «Nous sommes donc là et cet homme est en isolement depuis 180 jours.

Aucune procédure contre les auteurs de tentative d'assassinat dont il a fait l'objet. Les photos de la maison montrent qu'il n'y a pas d'erreur, ce n'est pas un coup de feu tiré au hasard. Ce sont des murs entiers qui ont été sacrifiés sans aucun égard pour les pièces où vivaient la mère et les enfants, comme si on a cherché à atteindre délibérément tout le monde», a dit publiquement Me Charrière-Bournazel.

Ainsi les avocats ont entamé devant la presse leur mission de conciliation qui doit aboutir dans 10 jours. A suivre de près leurs démonstrations, le coup n'est pas encore joué. D'autant plus que le frère auprès de qui l'on doit obtenir l'arrangement est accusé indirectement de cautionner l'assassinat de son cadet et sa famille.

Une telle démarche a plutôt compliqué la situation. Et la riposte a été la constitution d'avocats de l'Etat pour que la lumière soit faite sur cette affaire devant les tribunaux.

 

 

Actualités

Pour mieux gérer le secteur Coton

La NSCT met en place ses organes

 

22 milliards de francs de dette envers les producteurs remboursés par l'Etat en 2007, 39.000 tonnes de coton produites en 2006-2007, 50.000 tonnes en 2007-2008, 40.000 tonnes produites la campagne suivante contre le double prévu, avec en sus 7,715 milliards de francs Cfa de manque à gagner,… la situation quasi chaotique de la Société togolaise de coton (Sotoco) a amené son conseil de surveillance à proposer sa liquidation et sa transformation en une société d'économie mixte impliquant les producteurs.

Ce qui fut fait fin janvier 2009 où la Sotoco, par un décret du chef de l'Etat, cède sa place à la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT). Dans un souci de redressement de la filière cotonnière, avait-on officiellement expliqué.

Un appel à candidature courant juin a permis récemment de nommer un nouveau directeur général en la personne de Dr Kokou Djagni (49 ans, Agro-économiste et Docteur en management), et un directeur général-adjoint, Essowè Batana (51 ans, Maîtrise en économie/gestion et DESS finance/fiscalité). Les deux font partie des trois noms pressentis, suivant l'ordre décroissant des notes obtenues et harmonisées (26,25 sur 30, 22,75 sur 30 et 21,75 sur 30). La nouvelle société met progressivement en place son dispositif composé de 353 agents au total, contre 915 pour la défunte Sotoco, a appris L'Union de source officielle.

Au total, dix-sept (17) dossiers de candidatures avaient été enregistrés après l'ouverture des plis par la Commission ad hoc. A l'ultime épreuve de l'interview, six candidats ont été soumis au préalable du guide d'interview (en 22 questions) en vue d'apprécier le candidat à travers son aspect extérieur, ses connaissances, son raisonnement et ses expériences générales mais surtout en rapport avec le poste de directeur général de la NSCT. Cette phase de questions-réponses s'est tenue le 23 juillet 2009 avec la présence du président du Conseil d'administration de la NSCT, Aharh-Kpessou Mongo.

La NSCT est une société d'économie mixte dont le capital est constitué de 60% d'apport de l'Etat et 40% de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC). La nouveauté, c'est l'implication des producteurs dans la gestion de la filière, ce qui ne manquera pas de les stimuler davantage dans les prochaines années. Sauf que, sur le marché international, les producteurs du Sud se sentent désarmés face aux subventions du Nord qui impactent négativement sur les prix.

En rappel, le coton joue un rôle majeur et stratégique dans l'économie togolaise. La fibre de coton est le 2ème produit d'exportation après les phosphates. En temps normal, le coton occupe plus de 300.000 producteurs et fait vivre plus de la moitié de la population nationale. La production de coton-graine a connu une croissance soutenue avec de bonnes performances, allant de 11.000 tonnes en 1974-1975 à 188.000 tonnes en 1998-1999. Mais, en raison d'une série de dysfonctionnements comme la mauvaise gestion, le secteur coton est entré dans une récession à partir de l'année 2000, avant de connaître une véritable crise en 2004-2005 et 2005-2006.

 

 

 

Sur appel du liquidateur

Les créanciers du FER appelés à faire valoir leurs droits

Par annonce légale, le liquidateur du défunt Fonds d'entretien routier (FER) invite, en exécution de son mandat, tous les créanciers de ladite structure à produire leurs créances assorties des pièces justificatives afférentes (contrats, bons de commande, bons de livraison, bons de réception, procès-verbaux de réception, décomptes, factures, etc.) au plus tard le 28 décembre 2009 pour les créanciers domiciliés au Togo et le 25 janvier 2010 pour les créanciers domiciliés hors du Togo. Visiblement, il s'agit de mettre de l'ordre dans le passif de la défunte société pour l'apurer dans les normes.

De quoi ne pas avaliser des dettes fantaisistes ou amicalement contractées par l'ancienne équipe dirigeante. C'est la phase d'audit. Officiellement, l'Etat a toujours injecté 8 milliards de francs Cfa par an dans le FER.

A la suite de l'Exécutif courant juillet 2008, le parlement a adopté le 19 décembre 2008 l'abrogation de la loi 97-02 du 10 janvier 1997 portant création du FER, autorisant ainsi par la loi n°2008-016 la mise en place de nouvelles structures qui doivent relever les défis de reconstruction et d'entretien des routes et pistes. Les actifs et le passif du FER sont depuis transférés au Fonds routier (FR) et à la société de péage (CAPER). Et par arrêté interministériel du 14 août 2009, M. Olatoundé de Souza du Cabinet Auditeurs Associés en Afrique / KPMG a été nommé liquidateur. Quant aux recettes des péages, elles seraient gérées par les bonnes mains d'un coordonnateur sous la Direction du Ministre de Economie et des Finances.

Récemment, le projet d'audit du Fonds d'entretien routier (FER) a pris une forme pratique avec la consultation restreinte lancée par le ministère de l'Economie et des finances pour le choix d'un consultant. Sur ses ressources internes, le Togo se propose de supporter les services de l'audit financier et comptable du FER pour la période allant de 2005 à 2008.

«Il faut relever que supprimer le FER ne dégage pas ceux qui l'ont géré de leurs responsabilités. Le gouvernement prendra les dispositions pour faire la lumière sur la gestion du FER depuis sa création dans le cadre de l'audit», lançait, au titre du commissaire du gouvernement, Aharh Kpessou Mongo, secrétaire permanent pour le suivi des reformes politiques et des programmes financiers, en réponse à la question des responsabilités des différentes équipes dirigeantes du FER.

En rappel, le Fonds routier, établissement financier à statut spécial, sera sous la tutelle du ministre des Finances, avec un conseil d'administration. La Société de péage, sous le contrôle de l'Etat, décidera du niveau de services à prester et du prix à payer pour le maintien de nos routes dans des conditions acceptables pour l'usager. Un programme annuel d'entretien routier sera soumis au Conseil national des routes pour validation. Le Conseil national des routes est l'organe chargé de soumettre au gouvernement les projets routiers (entretien, grosses réparations ou construction de nouvelles routes) via le ministère chargé des routes, qui instruit le FR à rechercher le financement ou la CAPER pour les travaux d'entretien sous le contrôle des services du ministère chargé des TP.

 

 

 

Pour relever le défi de la pauvreté

La sécurité alimentaire pour tout Togolais en 2015

 

Le PNSA, Programme national de sécurité alimentaire, constitue à n'en point douter, l'un des gros défis que l'Etat togolais s'est lancé. Partie intégrante de la Stratégie de réduction de la pauvreté – et répondant au premier objectif du millénaire pour le développement (OMD), il a été adopté en conseil des ministres le 30 octobre dernier. Après plus de deux ans de réflexions communes et de larges concertations notamment avec l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et la société civile qui ont abouti à la validation du document mi-décembre 2008 à Lomé.

Expression de la volonté politique du gouvernement, le PNSA vise prioritairement à garantir à tous Togolais le droit à l'alimentation et à la sécurité alimentaire. L'assurance sera aussi donnée aux ménages et à tout individu d'avoir «la disponibilité et l'accès aux aliments et à l'eau en quantité et en qualité, suffisante, à temps, à tout moment, en tout lieu et sans aucune discrimination», explique le ministre de l'Agriculture, de l'élevage et de la pêche Paulin Kossi Messan Ewovor.

Le programme devra en outre contribuer à l'utilisation rationnelle des aliments, grâce à des régimes appropriés, à de l'eau propre, à l'innocuité des aliments et à l'éducation nutritionnelle. Des objectifs à atteindre dans un délai de 6 ans, à l'horizon 2015, avec un financement attendu de 100 milliards de francs Cfa, dont 35,4 milliards de francs sur la période 2009-2010. Des partenaires du Togo, il est attendu 85 milliards, soit 85% du financement.

Le contexte

Hormis les contraintes de financement, rien ne peut justifier un éventuel échec du Programme de sécurité alimentaire. D'autant que, d'après le ministre Ewovor, il a été identifié que le Togo dispose de zones agro-écologiques riches et diversifiées, d'abondantes ressources en eaux de surface, 3,6 millions d'hectares de terres cultivables (soit 60% de la superficie totale des terres arables) et des ressources halieutiques maritimes, lagunaires et continentales, relativement limitées. Pour une population estimée en 2007 à plus de 6 millions d'habitants, dont 51% de femmes, et plus de 70% de ruraux. Au plan économique, le pays dépend en grande partie du secteur primaire (agricole) qui représente environ 40% du PIB et occupe plus de 70% de la population active.

Par ailleurs, le bilan céréalier, sur la période 1998-2005, a été légèrement déficitaire. Des déficits qui s'expliquent en partie par la faible productivité et les aléas climatiques qui détruisent ou réduisent périodiquement une partie des récoltes. En plus, une enquête en 2006 a relevé que 30% des Togolais consomment moins de 2400 Kcal par personne et par jour, qui sont les normes internationales de la FAO.

L'étape d'adoption du programme franchie par le gouvernement, il reste à lui créer un cadre institutionnel et de concertation, ainsi que celui de suivi-évaluation afin de lui assurer une réussite. Pour la mobilisation des ressources financières, le gouvernement compte exploiter le volet financement du pacte PDDAA/PNIA signé le 30 juillet 2009 à Lomé par les partenaires au développement, qui se sont, «collectivement», engagés «à accompagner le gouvernement du Togo dans la mobilisation effective des ressources nécessaires pour financer les opérations agricoles qui sont alignées sur les priorités identifiées dans le DSRP». Pour inciter les autres, le gouvernement s'est lui-même engagé à consacrer un minimum de 10% de son budget à son secteur agricole.

 

 

 

Campagne cotonnière 2009-2010

Une production attendue de 30.000 tonnes

 

La production cotonnière du Togo ne cesse de baisser ces dernières années, en raison de «mauvaise pluviométrie», et doit atteindre seulement 30 000 tonnes pour la campagne 2009/2010, a rapporté l'agence Reuters lundi, citant Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT). La production était de 310 000 tonnes la campagne précédente. Quant à la superficie semée, elle est de 42 759 hectares contre 55 211 hectares l'année dernière.

La NSCT estime que «la superficie semée aurait été meilleure si la mauvaise pluviométrie n'avait pas eu d'incidence négative sur la campagne». L'irrégularité des pluies, explique son directeur Dr Kokou Djagni à Reuters, «a perturbé l'engouement des producteurs sélectionnés pour la culture». Le niveau «non incitatif» des prix d'achat du coton graine a découragé davantage des groupements de productions, ajoute-t-il. Ces prix, pour la campagne en cours, passent à 165 francs Cfa le kilogramme, contre 160 francs la campagne précédente. Avec la nuance que, en 2008-2009, sur les 165 francs fixés pour le kilogramme, 5 francs étaient reversés à la faitière et aux groupements des producteurs. Cette campagne, la totalité des 165 francs est versée directement au producteur.

Le Togo va de contre-performances en contre-performances depuis 2001. La campagne 2007-2008 n'avait produit, elle aussi, que 50 000 tonnes, après une production de 39 000 tonnes en 2006-2007. La mauvaise pluviométrie est souvent indiquée comme raison principale de la faible production. Mais l'endettement de l'ancienne société, la Société togolaise de coton (Sotoco), jusqu'à 22 milliards de francs envers les producteurs avait également poussé ces derniers à déserter le secteur. Dans le cadre du redressement de la filière, les producteurs ont été entièrement payés en 2007, et la Sotoco (publique) a été dissoute en janvier 2009 pour faire place à une Nouvelle société cotonnière du Togo (Nsct, mixte) qui implique à 40% du capital la Fédération des groupements de  producteurs.

Histoire des les inspirer davantage. De source non encore confirmée, des études sont en cours pour porter, d'ici l'an 2015, la production du Togo à son niveau d'antan (entre 100.000 et 180.000 tonnes).

 

 

 

 

Renforcement prévu des pouvoirs de la Haac

A chacun sa responsabilité !

 

Les gesticulations tapageuses des collègues au sujet du renforcement des pouvoirs de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac) donnent à sourire et démontre combien les associations de journalistes et de leurs patrons manquent de coordination dans leurs actions. La réaction de l'opposition parlementaire aussi. On se rappelle que le projet de loi organique modifiant la loi organique du 15 décembre 2004 relative à la Haac avait été introduite au Parlement au cours de la première session ordinaire de l'année. Au vu et au su de l'opposition parlementaire.

A la reprise de la session, en octobre, le texte avait été cité en priorité. Et L'Union en avait fait écho. S'il y avait à contester ou, mieux, à faire un lobbying pour son abandon, cela devait débuter en avril déjà.

Il était question hier d'observer une « Journée sans presse », sur l'ensemble du territoire national. Dans la solidarité, l'action a été presque un succès qui mérite d'être saluée. L'étape suivante serait de saisir la Cour constitutionnelle, occasion pour cette haute juridiction de nous situer sur la constitutionnalité de la nouvelle loi organique. Mais, si jamais elle donnait raison à la Haac… et faisait naître ce dangereux organe qui se frotte déjà les mains à l'idée de nous la faire boucler à tour de rôle. Qu'est-ce qui nous peut empêcher de l'étouffer dans l'Œuf ? De grâce, nous n'y  parviendrons guère en se versant dans la rue. Ce sport est le brevet d'une célèbre formation politique.

L'idée serait de solliciter du chef – à qui il revient en dernier lieu de promulguer la loi – de s'empêcher de le faire. Une pétition circule déjà au sein de la corporation dans ce sens. Mais elle doit s'accompagner d'une démarche responsable vers le chef de l'Etat. Allons solliciter une audience de Faure Gnassingbé à ce sujet. Des voix plus connues nous ont aussi précédés dans ce sens. Le 5 novembre 2009, dans un courrier officiel, Reporters sans frontières (RSF), organisation internationale de défense de la liberté de la presse, a fait part au chef de l'Etat de son «inquiétude» au sujet de la nouvelle loi organique de la Haac.

Estimant que l'organe dispose largement de pouvoir déjà, et risque de fourvoyer sa véritable mission de régulation, d'éducation, de formation... Et non de répression. L'idée de le voir se transformer en "conseil de discipline" et de se mettre à auditionner des journalistes "auteurs de fautes graves" fait tout de même trembler. Et quel est le niveau de ce qui est aujourd'hui «fautes graves» ? En prenant la décision de ne pas promulguer la nouvelle loi, «vous enverriez un signal fort et rassurant aux journalistes, à vos concitoyens ainsi qu'à la communauté internationale», écrit RSF à Faure Gnassingbé.

Depuis la dépénalisation de la loi sur la presse en 2004, le Togo a fait une percée notable au point de gagner 29 places dans le classement mondial de la liberté de la presse 2006 pour se situer au 66è rang. Puis au 53è rang en 2008, et au 62è en 2009. Bien devant nombre de pays dits de démocratie. Loin de paraître comme un passe-droit, ce code, en fait, règle tout, sauf les peines privatives de liberté. Il ne lui manque que son application par le citoyen.

Ou on l'applique, en protagonistes conscients et responsables, ou il s'applique contre nous. Dans tous les cas, ce code est bon. Il n'a point besoin de protocoles additifs. A force de solliciter la Haac pour les « amiables », les citoyens ont fini par oublier qu'il existe des voies de recours judiciaires régulièrement prévues par la loi sur la presse.

Monsieur le Président, le Code de la presse d'août 2004 est bon !

 

 

Forum de discussions de l'ATC

L'abonné accuse, Togocellulaire se défend

Avec la fin de l'exploitation de sa licence par Moov depuis ce 10 novembre 2009, pour faute de versement des droits de renouvellement, l'Association togolaise des consommateurs (ATC) nourrit l'inquiétude de revoir tous les consommateurs de la téléphonie mobile soumis au monopole de Togocellulaire.

Du moins, pour le temps qu'une solution soit trouvée. Et pour ne pas revivre les caprices de la période d'avant Telecel (l'ancêtre de Moov), l'organisation de défense des consommateurs veut faire baisser les prix de l'opérateur public. Mieux, par défaut de concurrence, elle ne veut pas voir les prix à nouveau augmentés ou la qualité des prestations diminuée. C'est le sens du forum de discussions tenu le 5 novembre dernier à Lomé, avec des responsables de Togocellulaire à la barre pour tenter de rassurer les consommateurs, les revendeurs des produits Togocellulaire, les opérateurs économiques, la presse, etc.

Au total, 14 préoccupations de l'abonné : coût élevé de la communication, coût élevé du kit, qualité défectueuse du réseau (par moment), détérioration des puces (puces grillées), coût trop élevé de la récupération des puces grillées, durée trop courte de l'impulsion (15 secondes), coût élevé des SMS, délai court de la mise en réception, saturation du réseau, numéro privé affecté à des tiers sans aucun avis préalable, difficile accès au GPRS (pour Internet), tarification élevée de l'utilisation du GPRS, délai parfois trop long pour le traitement des réclamations et système d'accueil à améliorer.

Plus est, il a été noté un déficit d'information autour de l'abonnement au roaming, du roaming prépayé, des tarifs famille et solution entreprise, des tarifs passerelle et post-paid.

Dans les détails, l'opérateur public est accusé de griller volontairement les puces de ses abonnés pour les obliger à dépenser à nouveau, et plus si l'on veut retrouver son premier numéro. Le réseau, lui, multiplie ses défectuosités car on ne peut pas toujours appeler quand on veut. Si ce n'est qu'il faut garder sa patience et décupler les tentatives. Surtout les week-ends, les jours fériés ou pendant le temps des bonus sur les rechargements de crédit. Avec Togocellulaire, il faut s'absenter du pays pendant six mois pour voir son numéro d'appel désactivé. Pis est, il suffit de voyager sur d'autres pays pour se rendre compte de la cherté du coût de communication au Togo.

«C'est vrai que globalement, en comparaison à certains opérateurs de la sous région, nos prix sont élevés», reconnaît d'entrée le directeur commercial de Togocellulaire, Ago Bazaa Jean. Et d'ajouter, comme justificatif, que son entreprise n'a pas directement accès au canal de transport de l'appel en entrée ou en sortie. Tout est donc lié aux coûts de l'investissement nécessaires pour soulager l'abonné. «Togocellulaire n'a aucun intérêt à griller les cartes SIM ; c'est que souvent les charges électriques font perdre la magnétisation de la carte. Nous déplorons le désagrément. Si c'était le fait des équipements de Togocellulaire, on aurait déjà trouvé une solution. Comme c'est un truc exogène, nous ne pouvons garantir qu'à partir de maintenant les puces ne vont pas se griller. Mais je profite aussi de l'occasion pour donner un certain conseil : le simple fait que l'on change permanemment de portable provoque la démagnétisation des cartes SIM : l'alliage qui se trouve derrière la puce et qui permet de faire le contact entre le mobile et la puce se lime», ajoute-t-il.

Quant au coût élevé de la communication, tout part du fait que les prix sont surveillés. «On est sur un marché bien contrôlé ; il y a les autorités qui ont un droit de regard sur nos tarifs proposés à la clientèle pour qu'il n'y ait pas d'abus. Quand on peut baisser les tarifs, on le fait. On fera aussi mieux si on peut pour le coût de reprise de la carte grillée (…) Ce n'est pas à tout bout de champ qu'on a l'intention de faire des marges bénéficiaires», se dédouane M. Ago Bazaa, ajoutant que ce ne sont même pas les coûts réels du service qui sont facturés au client.

Pour le reste, il s'agit aussi d'une préoccupation persistante des dirigeants de Togocellulaire. «On est malade quand la client dit qu'il n'arrive pas à appeler. C'est un manque à gagner pour nous. Nous travaillons pour que le réseau soit toujours disponible», avance-t-on sur la qualité de temps en temps défectueuse du réseau.

L'autre solution est la décision de placer des antennes de relais. Seulement le plus difficile est l'acquisition des terrains avec des prix insupportables dès que le propriétaire du fonds identifie l'acquéreur, ou des soucis géographiques dus à la démographie galopante. Togocellulaire est aussi handicapé par les doubles ventes de terrain ou des promesses de vente qui n'aboutissent jamais.

Bon à savoir : pour conserver sa puce, il faut signaler à l'opérateur tout voyage qui excèdera six mois (durée de validité sur le réseau) et y retourner pour les formalités de reprise dès son retour. Un abonnement activé et non opérationnel se meurt. Le fait qu'un numéro dort sur le réseau est facturé à Togocellulaire par l'Autorité de réglementation (ARTP).

Au finish, «nous espérons qu'avec tout ce qui a été dit, Togocellulaire va essayer d'améliorer la qualité de ses services. Dire qu'on est convaincu dans l'immédiat, ce n'est pas ce que nous recherchons. Nous voulons qu'ils prennent en compte les préoccupations des abonnés», se résout à conclure Agouta Aladjou, vice-président de l'ATC.

En attendant un nouvel acte de plaidoyer. Le kit de connexion, lui, se revend toujours publiquement au-delà des 2.500 FCfa TTC officiellement fixés.

 

 

 

 

Coopération financière

Quatre missions des bailleurs de fonds en séjour au Togo

Selon une note du ministère de l'Economie et des finances, quatre missions des bailleurs de fonds sont actuellement en séjour au Togo depuis le 29 octobre. Et ce jusqu'au 12 novembre 2009. C'est le renouement du pays avec la Communauté Financière Internationale, après une longue crise socio-économique. Il s'agit :

- d'une mission d'assistance technique du Fonds Monétaire International (FMI) pour l'Afrique de l'Ouest dont l'objectif est d'évaluer les modalités d'émission des titres d'Etat ;

- d'une mission de la Banque Africaine de Développement (BAD), dont l'objectif est d'échanger avec le Ministre de l'Economie et des Finances sur l'état de la coopération entre la Banque et le Togo, en particulier sur l'état de mise en Œuvre de la stratégie intérimaire de la Banque pour la Togo et perspectives, la situation du Document complet de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP-C) qui est une priorité à court et à moyen terme du Gouvernement, le progrès vers l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) et la coordination de l'aide ;

- de deux missions distinctes de la Banque Mondiale. La première est une mission de supervision du Projet Secteur Financier et Gouvernance et la seconde, une mission technique de préparation du troisième Don pour la Relance Economique et la Gouvernance (DREG 3) dont les objectifs sont de faire le point sur les réformes entreprises par le Gouvernement dans le cadre des mesures mises en Œuvre pour le second Don DREG 2 (actions futures), d'identifier les prochaines réformes devant sous-tendre la préparation du troisième Don DREG 2 et de poursuivre des discussions sur le Don LICUS pour la relance économique et le réengagement international, notamment les activités concernant les secteurs du coton, des phosphates et de l'énergie.

© L'Union du 10 novembre 2009

 

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