Un accord qui protège les intérêts africains

17/07/2014
Un accord qui protège les intérêts africains

Après des années d’âpres discussions, les chefs d’Etat de seize pays d’Afrique occidentale ont enfin signé le fameux accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne.

Jusqu’à présent, la majeure partie des Etats africains estimaient que les APE faisaient la part belle à l’Europe et marginalisait les économies du continent.

16 pays sont signataires : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo), la Cédéao et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

‘Je crois fermement à l’extension de notre coopération avec l’Afrique, un continent en plein essor, où les opportunités ne manquent pas. L’instauration d’un partenariat dont les membres seraient sur un pied d’égalité a toujours été l’une de mes priorités», a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

L’accord tient pleinement compte des écarts de développement entre l’Union et l’Afrique de l’Ouest. La première offre aux entreprises de la seconde des conditions plus avantageuses que celles qui s’appliquent aux exportations européennes vers l’Afrique. Lors des négociations, elle s’est engagée à ouvrir son marché à l’ensemble des produits d’Afrique de l’ouest dès que l’accord entrerait en vigueur. Elle a accepté en échange une ouverture partielle et graduelle du marché ouest africain. Ce n’est qu’au moment où l’Afrique de l’ouest sera prête à accorder de plus amples concessions aux principaux concurrents de l’Union que celle-ci pourra réclamer les mêmes améliorations.

Aux termes de l’accord, l’Afrique de l’ouest restera en mesure de protéger ses produits agricoles névralgiques de la concurrence européenne en maintenant des barrières tarifaires ou, au besoin, en instituant des mesures de sauvegarde. Pour soutenir la production agricole locale, l’Union a également accepté de ne pas subventionner ses exportations agricoles vers l’Afrique de l’Ouest.

Les entreprises ouest-africaines disposeront par ailleurs d’une plus grande souplesse pour l’emploi de composants d’origine étrangère, tout en continuant à bénéficier d’un libre accès au marché de l’Union. 

En complément de l’effort consenti par les partenaires ouest-africains quant à l’ouverture de leur marché, l’Union proposera un généreux ensemble de mesures d’aide au développement. Le 17 mars, le Conseil «Affaires étrangères» de l’Union a confirmé l’octroi à l’Afrique de l’Ouest d’une aide d’au moins 6,5 milliards d’euros durant la période 2015‑2020. Le programme de développement de l’accord de partenariat économique (PAPED) jouera un rôle crucial pour garantir que l’APE promeut les échanges et attire les investissements dans les pays ouest-africains, ce qui contribuera à accélérer le développement, à favoriser une croissance durable et à lutter contre la pauvreté.

Le texte final de l’accord a été récemment officialisé par les négociateurs. Il sera maintenant présenté aux décideurs politiques de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union européenne, pour signature et ratification.  

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