Un ciel togolais sans nuages

05/03/2009
Un ciel togolais sans nuages

Lancement prochain d'une compagnie aérienne au Togo, installation d'un Hub ouest-africain de la compagnie Ethiopian Airlines à l'aéroport de Lomé, projet de rénovation de la plate forme aéroportuaire, renforcement des mesures de sûreté, croissance du trafic.

L'aviation civile togolaise accumule les bonnes nouvelles. Reste à gérer ce secteur vital pour l'économie togolaise. C'est la mission du colonel Latta Toguissime Gnama, le directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile du Togo. Pilote de formation, le transport aérien n'a pour lui plus de secret. Il détaille les projets en cours et tord le cou à certaines affirmations. « Non, les taxes d'aéroport à Lomé ne sont pas les plus chères d'Afrique », affirme-t-il.

Republicoftogo.com : Quel a été le trafic global à l'aéroport international Gnassingbé Eyadema en 2008 ?

Latta T. Gnama :

Depuis un certain temps nous assistons à une reprise certaine du trafic. En 2008, douze compagnies commerciales ont opéré auxquelles il faut ajouter une compagnie cargo et le transporteur DHL.

De janvier à décembre 2008, l'aéroport a enregistré 267.096 passagers au départ et à l'arrivée.

S'agissant du fret, le volume est également en nette augmentation.

Republicoftogo.com : Pensez-vous que la crise financière internationale puisse avoir un impact sur ce trafic en croissance à l'aéroport de Lomé

?

Latta T. Gnama :

Il est évident que la crise va avoir des conséquences sur le trafic. Les gens ayant moins d'argent, ils vont réduire leurs déplacements touristiques vers l'Afrique.

Toutefois, il faut dire que l'accroissement du trafic sur l'aéroport de Lomé est lié au climat d'apaisement qui règne aujourd'hui dans le pays. Aussi, nous risquons d'assister plutôt à un phénomène inverse au Togo car davantage d'hommes d'affaires et d'opérateurs économiques s'intéressent maintenant aux opportunités qu'offre le marché togolais. Souvenez-vous qu'avant 1990, le Togo était une plaque tournante pour le business et le tourisme; c'est cette place que le pays en train de reprendre et c'est tant mieux.

Republicoftogo.com : Certains passagers se plaignent des taxes d'aéroport jugées prohibitives à Lomé.

Latta T. Gnama :

Croyez-moi, Lomé n'est pas l'aéroport le plus cher dans la sous-région.

Ce sont justement les avantages que nous offrons qui attirent de plus en plus ce flux d'opérateurs aériens vers Lomé.

Nous avons ce qu'on appelle la RDA (Redevance de Développement aéronautique) et les fonds de sureté qui se pratiquent dans tous les aéroports du monde.

La RDA contribue essentiellement au développement aéronautique ; et c'est ce que nous faisons à l'aéroport de Lomé avec les salons VIP, les salons d'accueil, l'aménagement de l'aéroport, l'entretien des bâtiments, les parkings, les hôtesses etc.

Je pense que sur le plan de la gestion, la SALT (Société aéroportuaire de Lomé) est en train de faire ses preuves.

Il y a aussi la redevance de développement des infrastructures aéronautiques (RDIA). C'est avec cette redevance que nous comptons développer la plate forme aéroportuaire pour répondre aux normes de l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale).

En ce qui concerne les fonds de redevance de sureté, ils nous servent à acquérir les équipements les plus modernes (rayons X,  magnétomètres, ordinateurs, scanners…).

Republicoftogo.com : Vous faites mention de la nécessité de développer et moderniser l'aéroport de Lomé. Dans ce cadre, Ethiopian Airlines, partenaire de la nouvelle compagnie Asky, envisage de faire de l'aéroport de Lomé, un Hub pour la sous-région. Qu'est-ce qui est prévu exactement ?

Latta T. Gnama :

La Salt a d'ores et déjà pris des contacts avec entreprises spécialisées pour l'agrandissement et la modernisation de l'aéroport. Des plans ont été élaborés.

Deux options s'offrent à nous. D'abord réaménager l'existant en le rendant plus fonctionnel. Cela suppose d'augmenter le nombre des boxes d'arrivée et de départ et le nombre de carrousels qui pourraient passer de 2 à 10.

Deuxièmement, construire une nouvelle aérogare en rallongeant et en agrandissant les parkings pour que les avions puissent stationner « au contact », c'est à dire face aux bâtiments comme cela se fait dans les grands aéroports internationaux.

Avantage :  cela permet de parquer plusieurs gros porteurs et d'accueillir davantage de trafic. Les passagers à la descente, passent par des passerelles télescopiques pour accéder directement aux formalités. Idem pour l'embarquement. Fini les bus ou la marche sur le tarmac vers l'aérogare.

Republicoftogo.com : L'aéroport de Lomé a pris de nouvelles dispositions en matière de sécurité. Est-il désormais aux normes internationales ?

Latta T. Gnama :

Nous faisons régulièrement l'objet d'audits de l'OACI qui regroupe 190 pays dont le Togo.

Si vous consultez le site de l'OACI, vous vous rendrez-compte que le Togo est largement au dessus de la moyenne mondiale en ce qui concerne la sureté et la sécurité aéroportuaire.

Nous ne lésinons pas sur les moyens pour appliquer à la lettre les normes et pratiques de l'organisation.

Nous refusons systématiquement l'atterrissage aux compagnies qui ne sont pas en règle. Nous avons élaboré une stratégie en trois volets. Un premier volet qui concerne la surveillance continue. Nous inspectons régulièrement les avions des compagnies qui ont reçu les agréments pour nous assurer qu'ils restent toujours conformes aux documents et recommandations d'agrément.

En deuxième point, nous faisons des surveillances inopinées sur les appareils pour nous assurer que les documents sont en règle. En troisième point, c'est la formation. Nous mettons un accent particulier sur la formation de nos inspecteurs et de nos techniciens par des recyclages et des stages pour qu'ils soient toujours à niveau.

C'est d'ailleurs l'occasion de remercier les autorités togolaises qui nous aident beaucoup dans ce secteur. Nous avons actuellement trois inspecteurs qui sont en formation en France.

Republicoftogo.com : Avez-vous reçu récemment des demandes d'agrément de nouvelles compagnies ?

Latta T. Gnama : Oui. Nous recevons régulièrement des demandes de cette nature.

La dernière en date, c'est la compagnie Asky. Il reste à lui fournir son permis d'exploitation.

Je pense que cette compagnie a de l'avenir car elle a une vocation sous-régionale et elle va travailler avec des compagnies qui existent déjà.

C'est une société strictement privée qui a des partenaires comme Ethiopian Airlines, les banques etc. Je pense que d'ici le deuxième semestre, cette compagnie verra le jour.

 

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