Un engagement fort du Togo

13/02/2012
Un engagement fort du Togo

La Banque mondiale et avec elle d’autres partenaires internationaux ont mis la main à la poche pour financer l’un des secteurs prioritaires du gouvernement, celui de l’agriculture. Le Programme national d’investissement et de sécurité alimentaire (PNIASA) lancé la semaine dernière est censé participer à la relancé économique.

Pour Hervé Assah (photo), le représentant de la Banque mondiale au Togo, ce projet est d’une importance capitale. « Lorsqu’on investit mille francs dans le secteur agricole, on obtient deux fois plus d’impact sur la réduction de la pauvreté que lorsqu’on investit cette même somme dans un autre domaine », souligne le fonctionnaire international dans l’entretient qui suit.

Republicoftogo.com : L’engagement de la Banque mondiale et sa caution et ont déterminants pour permettre le lancement du PNIASA. L’institution semble fonder beaucoup d’espoir sur la relance du secteur agricole

Hervé Assah : Oui, car c’est d’une importance capitale pour le Togo. Le PNIASA a pour objectif principal de relancer l’agriculture togolaise et de lui permettre de contribuer davantage à la croissance économique du pays. 

Plus précisément, le PNIASA vise à porter la croissance du PIB agricole à 6% au moins, pour améliorer la sécurité alimentaire, accroître la valeur ajoutée de l’agriculture et mieux équilibrer la balance commerciale – en réduisant les importations tout en augmentant les exportations –  et, surtout, améliorer le revenu des producteurs. 

Ces objectifs sont ambitieux. Mais ils sont aujourd’hui à la portée des agriculteurs et des industriels du Togo. Nos analyses montrent que lorsqu’on investit mille francs dans le secteur agricole, on obtient deux fois plus d’impact sur la réduction de la pauvreté que lorsqu’on investit cette même somme dans un autre secteur. Les partenaires techniques et financiers sont persuadés que le Togo est aujourd’hui capable de relever les défis qu’il s’est donné pour sortir une large partie de sa population de la pauvreté.

Republicoftogo.com : Croyez-vous en la capacité du gouvernement à traduire dans les faits un tel projet ?

Hervé Assah : Le groupe des partenaires qui accompagne le Togo dans la mise en œuvre de ce programme constate de la part des autorités, un engagement fort et des signes très encourageants. Lors du deuxième Forum des Paysans en 2010 par exemple, le président Faure Gnassingbé avait déclaré ceci : « Nous ne pouvons pas relancer l’économie togolaise si nous ne relançons pas l’agriculture togolaise ». Cette déclaration témoigne de sa conviction personnelle que l’agriculture offre un fort potentiel pour la croissance. Le PNIASA peut donc compter sur le dynamisme qu’il insuffle au plus haut niveau de l’Etat. 

En outre, il est important de souligner l’exemplarité du cas du Togo dans le processus de formulation de son programme d’investissements.

Enfin, nous sommes encouragés de constater que l’objectif d’allouer 10% du budget public au secteur de l’agriculture est en passe d’être réalisé, conformément à la Déclaration de Maputo.

C’est la qualité de la conceptualisation, de la consultation avec la société civile, et de la coordination des partenaires fournis par le gouvernement du Togo qui justifie notre engagement et notre foi en la capacité du Togo à mener à bien un tel programme. 

Quand le vrai chef de file, c'est-à-dire le pays, démontre son ferme engagement à construire avec la participation du plus grand nombre et avoir des impacts réels pour les populations bénéficiaires, les partenaires ne peuvent que l’accompagner. 

C’est d’ailleurs ainsi que le Togo a obtenu des fonds supplémentaires de la part du  Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire et du Programme mondial de réponse à la crise alimentaire.

Je Tiens à adresser nos vives félicitations à l’ensemble du gouvernement togolais qui, sous le leadership du chef de l’Etat, a œuvré sans relâche afin de nous mener à l’étape où nous sommes arrivés aujourd’hui, à savoir le lancement officiel du PNIASA et le démarrage effectif des activités de trois grands projets qui constituent le socle de sa mise en œuvre. 

Avec les importants financements reçus pour cette première phase (près de 60 milliards de Fcfa), il appartient au gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, de relever les défis de la mise en œuvre des investissements prévus.

Republicoftogo.com : Le financement actuel ne couvre que 15% du budget prévisionnel. Cela peut-il suffire ?

Hervé Assah : Il y a sans doute de la place pour d’autres bailleurs qui voudraient rejoindre l’alliance des partenaires techniques et financiers actuels.

Au-delà même de l’accroissement du PIB agricole, c’est aussi de la capacité du ministère de l’Agriculture à définir et à gérer son propre programme d’investissements dont il est question à travers le PNIASA. 

De la démonstration de cette capacité dépendra, notamment, l’accroissement des financements et l’arrivée de nouveaux partenaires financiers.

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