Une Bourse pour booster la production agricole ?

06/09/2010
Une Bourse pour booster la production agricole ?

« J’ai produit plus 12 tonnes de maïs au cours de la campagne 2009-2010. Ce stock, j’ai du mal à l’écouler. L’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSAT) n’a pu m’en prendre que 7 tonnes, le reste est en train de moisir dans mon magasin. Je ne sais à qui le vendre ».

C’est l’appel de Komou, un producteur de la préfecture de Sotoboua et comme lui, ne nombreux paysans constatent l’absence de débouchés.

Sur les 100.000 tonnes d’excédents alimentaires au cours de la campagne agricole 2009-2010, l’ANSAT n’a pu acheter qu’environ 30.000 tonnes.

Il se pose donc un vrai problème de commercialisation.

Charles Birregah, Docteur en sciences de gestion, expert- comptable a peut être la solution.
C’est la création d’une Bourse agricole. Il y travaille depuis 2009, mais le projet n’a pas encore aboutit.

Republicoftogo.com : Où en êtes-vous du projet de Bourse ?
Charles Birregah : Depuis un an, nous avons créé une Bourse sur Internet, c’est déjà une première étape.
Des excédents ont été vendus au Gabon, au Bénin, en Angola, en Europe et au Etats-Unis.
C’est aussi bon pour l’image des produits agricoles togolais.

Par exemple, beaucoup de gens savent désormais que le soja togolais est l’un des meilleurs au monde. Ils savent aussi qu’il ya des noix de Cajou au Togo ainsi que de l’huile rouge par exemple.

Mais cette bourse a besoin de prendre de l’élan. L’expérience dans d’autres pays a prouvé que c’est une solution pérenne.

Si l’on regarde la courbe de la production depuis 12 ans, elle est restée sinusoïdale parce que les paysans ne disposent pas d’un canal de commercialisation.

Si rien n’est fait, c’est malheureusement ce que nous risquons de connaître encore cette année après la montée historique de la production au cours de la campagne agricole 2009-2010.

Republicoftogo.com : Cette Bourse doit fonctionner avec le concours de l’Etat ou de manière 100% privée ?
Charles Birregah : Utiliser les structures étatiques est d’avance voué à l’échec car l’Etat ne peut pas efficacement s’occuper du commerce, ce n’est pas son jon.
Ce sont donc les privés qui doivent s’impliquer.

Le système de commercialisation au Togo est dépassé. On trouvait les mêmes aux Etats Unis et en Europe … il y plusieurs siècles.

Depuis quelques années l’Etat, il faut le reconnaître, fait des efforts louables en organisant des forums de paysans et en mettant à la disposition des producteurs des engrais.

Le seul chaînon manquant dans ce circuit, c’est la Bourse agricole qui devra permettre véritablement l’écoulement la production et donc de développer l’agriculture dans notre pays.
Des pays comme l’Ethiopie ou l’Afrique du Sud ont des systèmes similaires et ça marche très bien.

Republicoftogo.com : Que faut-t-il faire pratiquement pour avoir une Bourse agricole crédible ?
Charles Birregah : Il y a du travail en amont, effectivement.
L’Etat doit d’abord créer un environnement juridique qui ne freine pas les exportations, comme c’est le cas aujourd’hui. Il faut ensuite construire disposer d’infrastructures de stockage et construire des pistes rurales qui permettent de transporter les produits agricoles.
Les paysans doivent disposer d’un outil spécialisé leur permettant de disposer d’information sur l’état du marché et sur les demandes.
Les autorités doivent réfléchir à des incitations en défiscalisant, par exemple, les frais de transports.
Toutes ces idées ne représentent pas des investissements considérables. En revanche, la relance de la filière agricole peut entraîner toute l’économie togolaise vers le haut.
C’est cela qui est important.
Le site de la Bourse agricole

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