Une économie pénalisée par les sanctions

10/10/2007
Une économie pénalisée par les sanctions

Privée d'aide substantielle par les partenaires au développement, notamment l'Union européenne depuis 1993, l'économie du Togo peine à se redresser, victime des mauvaises performances de ses principaux secteurs d'exportations. Premier produit d'exportation et qui représente à lui seul plus de 40% des recettes, le phosphate est aujourd'hui sinistré et la production a chuté de plus de moitié en dix ans.

Selon les propres chiffres du ministère des Mines, la production de phosphate brut est passée de 5,4 millions de tonnes en 1997 à 2,4 millions en 2006. Le secteur n'est plus rentable depuis dix ans en raison de l'état de dégradation très avancée des machines et des installations. Le président Faure Gnassingbé a lancé récemment un plan de sauvetage et s'est adossé à la Banque islamique de Développement qui vient d'accorder un prêt de 45 milliards de Fcfa à la Société nouvelle de phosphate du Togo (SNPT) en charge de la relance du secteur.Les productions de coton, cacao et café ont également dégringolé ces dernières années.

Pour le coton par exemple, on est passé de 187.700 tonnes en 1998 à 42.000 tonnes en 2006. Qui plus est, les impayés de la Société togolaise de coton (SOTOCO) ont contraint plus de 40% des cultivateurs de coton à jeter l'éponge.

Selon la Fédération nationale de groupements de producteurs de coton, l'Etat a certes versé 18 milliards de FCFA d'arriérés (27,5 millions d'euros) aux agriculteurs ces derniers mois, mais il leur en doit encore plus de 3 milliards de FCFA (4,6 millions d'euros).

En revanche, l'activité est florissante au port de Lomé devenu en quelques années l'une des plateformes les plus performantes d'Afrique de l'Ouest. La société espagnole Progosa qui gère une grande partie de l'activité conteneurs est à l'origine de cette relance aidée, il est vrai, par la forte baisse d'activité à Abidjan en raison de la crise qui secoue la Côte d'Ivoire depuis 2002.

La croissance annuelle n'a pas atteint 2% depuis 2005, selon les principaux indicateurs macro-économiques publiés en avril par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

L'encours de la dette extérieure a atteint 840 milliards de FCFA (1,27 md d'euros) en 2006 contre 812 milliards de FCFA (1,23 md d'euros), selon les mêmes statistiques.

Seule l'inflation a été maîtrisée, à 2,7% en 2006 contre 6,8% en 2005.

"L'activité économique est pratiquement au point mort. Les résultats seront encore catastrophiques à la fin de cette année, en raison des effets de la crise énergétique", estime Ayaovi Attiota, responsable d'une institution financière à Lomé.

Le Togo traverse depuis avril 2006 une crise énergétique sans précédent qui pénalise tous les secteurs d'activité. Crise régionale qui touche également le Bénin et le Ghana. Les choses semblent cependant s'arranger depuis quelques semaines avec des délestages moins fréquents.

Selon des experts du ministère des Finances, "seuls les partenaires au développement, notamment l'Union européenne peuvent (...) aider à sortir de ce marasme économique".

L'UE, qui a suspendu son aide au Togo depuis 1993 suite à des violences électorales, a conditionné la reprise de sa coopération avec Lomé à des élections législatives "libres" et "transparentes". Ce scrutin tant attendu et reporté deux fois, doit finalement se dérouler le 14 octobre.

Plusieurs autres bailleurs de fonds dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) qui n'ont plus mené depuis plusieurs années d'opérations de grande envergure au Togo, s'apprêteraient comme l'UE à normaliser leurs relations avec Lomé, dit-on au ministère des Finances.

"Les Togolais sont face à leur destin. Ils sont contraints de réussir ces législatives censées notamment décrisper l'ambiance politique", a estimé un responsable de la Commission européenne à Lomé.

Bruxelles, qui a mis à la disposition du Togo environ 9 milliards de FCFA (13,6 millions d'euros) pour l'organisation de ces législatives, a envoyé une grosse délégation d'observateurs pour les superviser (plus d'une centaine de personnes).

 

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