Enseignement : gratuité rime avec qualité

03/10/2008
Enseignement : gratuité rime avec qualité

Le gouvernement a décidé mercredi dernier de rendre l'école publique gratuite dans le préscolaire et le primaire. Une décision dont se félicite le ministre des Enseignements primaires et secondaires, Yves Madaw Nagou.

Au Togo, le taux de scolarisation a considérablement chuté passant de 95% en 1990 à 73% en 2007, selon des statistiques officielles. Les frais de scolarité annuels varient de 1.500 à 8.000 F.CFA en fonction des régions. Plus de 2 millions d'enfants doivent bénéficier la rentrée prochaine de la gratuité.Interrogé par republicoftogo.com, Yves Madaw Nagou précise les grands axes de la réforme de l'éducation.

Republicoftogo.com : Comment allez-vous gérer la gratuité ?

Yves Nagou :

Pour la mise en application du décret de gratuité, nous avons un arrêté interministériel qui sera pris vendredi fixant les modalités d'application. L'arrêté prévoit trois types de mesures.

D'abord, quels sont les élèves qui seront accueillis ? Il s'agit des élèves qui auront 6 ans révolus ou qui vont avoir 6 ans révolus au cours de l'année scolaire au plus tard le 30 mars 2009 et qui ont au plus 9 ans. Ils doivent posséder un certificat de naissance qui peut justifier de leur âge. Tous ceux qui ne rempliront pas cette condition ne seront pas pris en compte.

Nous savons que dans certaines régions, les enfants ne disposent pas de certificats de naissance parce qu'ils n'ont pas été déclarés à leur naissance. Nous sommes en train de prendre des dispositions avec notre collègue de la Justice pour envisager des audiences foraines qui permettront d'établir rapidement et à moindre coût des certificats.

Mais comme nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes d'un coup, nous limitons l'accès aux classes à ceux qui ont leur certificat de naissance; le temps de contrôler l'identité et l'âge des élèves présents dans les salles.

Cela afin d'éviter que des jeunes de 14 ans s'inscrivent en primaire.

Deuxième mesure contenue dans le décret, la mise à disposition du matériel minimum de travail. Il s'agit d'équipements de base permettant aux enseignants d'assurer les cours. Jusqu'à présent, les parents mettaient la main à la poche pour payer livres, cahiers et stylos dont avaient besoin les enseignants.

Dernier point, le recrutement de nouveaux professeurs. En cas de sureffectifs dans les classes, nous serons contraints d'en ouvrir de nouvelles et donc d'avoir davantage d'enseignants. C'est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de faire appel à 2050 professeurs au lieu des 1.250 prévus initialement lors du concours de recrutement en mars dernier.

La gratuité impose à mon ministère de faciliter la vie quotidienne des élèves et des professeurs. Nous devons aménager certaines écoles, acheter des tables, des chaises, des tableaux, de la craie, etc… Bref tout ce qu'il faut pour faire tourner un établissement.

En coopération avec le PAM (Programme alimentaire mondial), la Banque mondiale et l'Unicef, nous allons installer des cantines dans certaines écoles avec l'objectif de pouvoir servir 172.000 repas par jour. Les premières expérimentation auront lieu dans la région maritime et dans celle des Plateaux.

Une fois toutes ces questions réglées, il faudra s'attaquer à la qualité de l'enseignement. C'est la raison pour laquelle l'Eta va rouvrir le 15 décembre prochain l'Ecole nationale des instituteurs qui se trouve à Notsé. Objectif : former 200 nouveaux enseignants d'ici un an. A cela va s'ajouter de la formation continue, indispensable pour garantir un certain niveau d'enseignement.

Republicoftogo.com : Combien y a-t-il d'enseignants dans le primaire et le secondaire au Togo ?

Yves Nagou :

L'effectif tourne autour de 40.000 dont 22.000 sont absorbés par l'enseignement primaire. Pour ce qui concerne les élèves, nous nous attendons à un effectif d'environ 2 millions pour cette rentrée. Quand vous faites la répartition, il est clair que nous manquons d'enseignants et surtout d'enseignants formés, d'enseignants spécialisés. Selon nos prévisions il aurait fallu embaucher 7417 enseignants pour combler ce manque.

Republicoftogo.com : Quels sont les taux de réussite ?

Yves Nagou :

Dans le primaire il tourne autour de 76%, au collège 54% et au lycée entre 38 et 40%.

Ce n'est pas satisfaisant. Nous ne pourrons améliorer ces taux de réussite ainsi que les conditions de travail qu'avec le soutien des parents. C'est pourquoi, le gouvernement entend créer autour de l'école, un cadre partenarial très dynamique qui permette une meilleure implication des parents d'élèves dans la scolarisation de leurs enfants.

 

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