Jean-Marie Yao Noagbodji ne veut plus de fabriques à chômeurs

17/09/2010
Jean-Marie Yao Noagbodji ne veut plus de fabriques à chômeurs

«La qualité de l’enseignement au Togo laisse à désirer. Les diplômés ne répondent pas à nos attentes ».
C’est le constat dressé par Jean-Marie Yao Noagbodji (photo), le patron de Cafe informatique, une entreprise spécialisée dans les nouvelles technologies et dans la fourniture d’accès à internet.
«Il faut tout faire pour que l’enseignement devienne une référence au Togo », estime M. Noagbodji qui a quelques idées en la matière synthétisées dans un document qu’il remettra prochainement aux autorités.

Republicoftogo.com : Vous laissez entendre que la qualité de la formation n’est pas au rendez-vous ?
Jean-Marie Noagbodji : Jadis, les étudiants togolais étaient bien formés, souvent mieux qu’en Côte d’Ivoire
Aujourd’hui, il faut reconnaître que c’est le contraire qui se passe.
La qualité de l’enseignement au Togo ne fait que décroître. Les centres de formation ne sont que des fabriques à chômeurs.
Cette situation s’explique par l’inadéquation entre la formation et le monde du travail.
Le même constat a été fait récemment par la Chambre de Commerce et d’indusrie qui a également relevé la dégradation de la qualité de l’enseignement au Togo.
Idem au niveau de l’encadrement des apprentis.
Republicoftogo.com : Quelle solution miracle proposez-vous ?
Jean-Marie Noagbodji : Quatre pistes méritent d'être explorées.
Il faut d’abord une plus forte implication du secteur privé, c’est- à- dire des professionnels du monde du travail dans la formation.
L’intervention des entreprises permet donc de former une main d’œuvre adaptée à la demande.
Il faut ensuite que l’on puisse mettre en place des stages d’au moins six mois pour les jeunes diplômés.
Deux ou trois mois de stage ne permettent pas aux étudiants d’acquérir le minimum d’expérience. Ils doivent constituer un véritable apprentissage.
En contrepartie de cette contribution des entreprises, il faut que l’Etat mette en place des mesures incitatives. Par exemple, aider financièrement les étudiants en fin de cycle à créer leur entreprise.
Incitation pour les diplômés, mais aussi pour les entreprises qui investissent dans la formation comme par exemple des exonérations de charges.
Enfin, concernant les universités et les centres de formation, il y a un manque évident de moyens. Les installations sont vétustes.
Naturellement, l’Etat n’a pas les ressources nécessaires pour le moment. On peut donc envisager une mobilisation du secteur privé en échange d’un allègement fiscal accordé par l’Etat.

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