La grande révolution des universités

28/01/2010
La grande révolution des universités

Gilbert Houngbo, le Premier ministre, a ouvert jeudi sur le campus de l’Université de Lomé (UL), les premières rencontres gouvernement-universités publiques du Togo, un forum de dialogue et de discussion sur l’avenir du monde étudiant.
« Pendant longtemps, les universités ont entretenu une relation de dépendance vis à vis du gouvernement, il est temps qu’elles deviennent de véritables partenaires, pourvoyeuses de richesse et vecteur de développement », a déclaré Gilbert Bawara, le ministre de la Coopération, à l’ouverture des discussions.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mensanvi Gbéyassor, a mis pour sa part l’accent sur la nécessité de réorienter la recherche, de mobiliser davantage d’expertise au sein du corps enseignant et d’inculquer aux jeunes l’esprit d’entreprendre
Le Premier ministre a souligné, lors de son intervention, que ce forum de dialogue s’inscrivait dans la vision du chef de l’Etat qui plaide pour la concertation, seul moyen de régler les problèmes et de faire avancer le Togo.
« Les universités constituent un extraordinaire gisement de ressources humaines dans tous les domaines de compétence. Le gouvernement en attend beaucoup, qu’il s’agisse de la rénovation de l’enseignement pour l’adapter aux besoins de la société, de la réorientation de la recherche, de la valorisation de l’expertise universitaire ou de la culture de l’entreprenariat » a déclaré M. Houngbo.
Plusieurs membres du gouvernement et des diplomates assistaient à la cérémonie d’ouverture.
Au terme de deux jours d’échanges, la réunion devrait aboutir à la signature d’un accord cadre entre le gouvernement et les universités publiques du Togo.
Voici un extrait du discours prononcé par le Premier ministre
La démarche initiée par la communauté universitaire du Togo et qui nous rassemble en ce lieu, procède en effet de l’essence même de la vision politique du chef de l’Etat, son Excellence Faure Essosimna Gnassingbé, qui a inscrit au premier rang des stratégies de lutte pour le développement de notre pays, le rassemblement de tous les acteurs dans le dialogue, la concertation et la synergie des idées et des compétences.
Cette volonté obstinée de n’exclure personne, d’accepter les différences et de faire émerger les complémentarités a déjà porté ses fruits sur le terrain politique où notre pays sort progressivement de la longue crise qui l’a miné depuis les années 1990. (…)
La stratégie de concertation est également mise en œuvre par l’Etat pour redynamiser les différents secteurs de la vie économique de notre pays.
C’est ainsi qu’un atelier a été organisé le 18 janvier entre les acteurs des secteurs public et privés, en vue de trouver les meilleurs voies et moyens pour redynamiser la cellule de concertation gouvernement/secteur privé.
Trois jours plus tôt, une rencontre avait été organisée entre le gouvernement et les opérateurs économiques du Togo, en vue de bâtir une nouvelle politique de la relance économique à travers la promotion et la revalorisation du secteur privé.
Ces rencontres ont mis en exergue la nécessité pour tous les acteurs de jouer, chacun pleinement, sa partition dans le développement national et de cultiver à cet effet, l’esprit de solidarité, de sacrifice et de gestion participative.
Il est heureux de constater que les universités du Togo se sont appropriées ces vertus cardinales et se sont résolument engagées dans la voie du dialogue et de la concertation avec leurs partenaires pour ouvrir des voies plus opérationnelles et mieux adaptées à l’accomplissement des missions qui leur sont assignées, et jouer pleinement leur rôle dans le développement économique et social de notre pays.
Il me plaît en particulier de saluer la nouvelle dynamique à l’œuvre dans nos institutions universitaires, qui veulent désormais devenir des partenaires à part entière, changer, innover et surtout entreprendre par elles-mêmes et pour elles-mêmes.
Je voudrais me féliciter à cet égard, des réformes pédagogiques en cours dans nos universités, voulues et initiées par elles-mêmes, en vue d’adapter les offres de formation aux exigences très contraignantes de la globalisation de l’économie et du savoir, ainsi qu’aux besoins spécifiques du marché national de l’emploi.
Conscient de l’enjeu stratégique de ces réformes, le gouvernement n’a pas hésité à les accompagner et à leur donner le cadre juridique et institutionnel qui leur manquait, en adoptant un décret instituant le système Licence, Master, Doctorat dans l’enseignement supérieur du Togo. Il est en effet apparu évident que nos universités doivent changer et s’adapter à l’évolution de notre environnement politique, économique et culturel, sous peine de cesser d’exister comme source de réflexion autonome et rempart de notre souveraineté nationale.

Ce changement, faut-il le souligner, doit venir des universités elles-mêmes et ne sera pas dicté par le gouvernement.
Aujourd’hui donc, pour paraphraser le chef de la Etat dans sa déclaration au deuxième Forum national du paysan togolais, tenu à Kpalimé du 14 au 16 janvier 2010, nous ne sommes pas venus pour vous enseigner ce que vous savez déjà, nous sommes venus surtout pour vous écouter, pour vous montrer notre volonté et notre détermination à résoudre avec vous, les problèmes qui se posent.
C’est pourquoi, nous prêterons une oreille particulièrement attentive aux réflexions et surtout aux propositions d’actions qui seront émises au cours de cette rencontre.
Chers invités, les universités constituent en effet le plus grand gisement de ressources humaines du pays dans tous les domaines de compétence, et le gouvernement en attend beaucoup, qu’il s’agisse de la rénovation de l’enseignement pour l’adapter aux besoins de la société, de la réorientation de la recherche à la résolution des problèmes de notre pays, de la valorisation de l’expertise universitaire ou de la culture de l’entreprenariat.
Nous accordons une attention toute particulière à cette dernière dimension de l’institution universitaire, aujourd’hui malheureusement inexistante, malgré toutes les potentialités disponibles.
Le gouvernement consentira toujours les efforts nécessaires pour apporter son appui financier aux universités publiques. Mais ces efforts ne doivent pas empêcher nos universités de rechercher des voies alternatives de financement de leurs activités, pour suppléer à l’insuffisance des allocations budgétaires de l’Etat ou simplement augmenter les ressources disponibles afin de viser toujours plus haut et plus loin.
Les expériences conduites dans d’autres pays ou celles des établissements privés d’enseignement supérieur peuvent inspirer fructueusement les réflexions de ces assises.
A cet effet, le développement de l’entreprenariat universitaire nous semble particulièrement prometteur, tant du point de vue de la formation que de la production de biens et services et de la mise en place d’incubateurs d’entreprises.
Je souhaite vivement que les réflexions sur ce thème tout à fait novateur et sur d’autres qui seront développés au cours de ces assises ne se perdent point dans des vœux pieux, mais débouchent sur des propositions concrètes, dont la mise en œuvre apportera à court et à moyen terme, des ressources additionnelles autonomes significatives à nos établissements d’enseignement supérieur.

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