Le bilan contrasté de la Francophonie

24/03/2010
Le bilan contrasté de la Francophonie

La Francophonie fête son quarantième anniversaire. Son organisation politique se développe mais elle ne réussit pas à promouvoir la langue française.
L’EXPANSION DE LA FRANCOPHONIE
Le 20 mars 1970 à Niamey, 21 pays seulement avaient créé l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Cette instance -deevenu en 2005 l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) - rassemble aujourd'hui 70 Etats et gouvernements (56 membres et 14 observateurs) qui totalisent 870 millions d'habitants, soit 13% de la population mondiale. Un pays membre de l'Onu sur trois est aujourd'hui membre de l'OIF ou observateur. Il y a 200 millions de francophones de par le monde.
Le président Sarkozy a appelé les membres de l'Organisation internationale de la francophonie à faire de celle-ci une arme internationale contre le "monolinguisme" et la "monoculture" du monde anglo-saxon.
Il a également plaidé pour une transformation de cette organisation en bras politique des pays francophones. Elle doit rassembler derrière sa bannière tous ceux qui se sentent menacés par l'"aplatissement du monde" et porter des combats politiques comme la réforme de la gouvernance internationale, la lutte contre les changements climatiques, la réforme de l'Onu, le développement. "A quoi cela servirait-il d'avoir des valeurs communes si nous ne transformions pas cette adhésion (...) en prise de positions politiques ?" a-t-il fait valoir. "Je vous garantis qu'à ce moment-là, on ne sera pas un sur trois à l'Onu, on sera beaucoup plus forts."
La défense de la francophonie doit aussi permettre d’assurer la diversité culturelle «Défendre notre langue, défendre les valeurs qu'elle porte, c'est au fond se battre pour la diversité culturelle de notre monde", a déclaré le chef de l'Etat français. "Le problème n'est pas l'anglais, le problème c'est le monolinguisme, c'est le prêt-à-porter culturel, c'est l'uniformité’’
Nicolas Sarkozy a déploré le "complexe" d'une francophonie qui serait "la seule à ignorer sa force». Pour lui, nous ne sommes pas dans une forteresse assiégée.’’
UNE FRANCOPHONIE DECLINANTE
La diplomatie française n’y a jamais vraiment adhéré. Les chantres de la francophonie furent de grands africains comme Senghor ou Bourguiba plutôt que des Français. Ce sont des politiques qui l’imposèrent au Quai d’Orsay dont la bureaucratie se complait dans un mondialisme dans, lequel la France se perd.
Le recul du français dans la vie internationale est consternant.
On ne recense actuellement que 200 millions de francophones dans le monde, dont 72 millions de "locuteurs partiels". Le français est la 9e langue de la planète, la 3e sur la Toile: 5% des pages internet sont rédigées en français, contre 45% en anglais et 7% en allemand.
La langue française perd de l'influence partout, sauf sur le continent africain, qui compte à lui seul 96,2 millions de francophones. A la Commission européenne, selon l'OIF, la part des documents d'origine rédigés en français est passée de 40,4% en 1997 à 28% en 2003 et sans doute un quart aujourd'hui.
La France, enfermée dans une vision trop hexagonale est souvent tentée de considérer le ’’glacis’’ francophone comme une charge plutôt que comme une chance. Les moyens de la francophonie ne sont pas à la hauteur des ambitions. Par exemple, les besoins pour la reconstruction d’Haïti se montent pour 2010 à un milliard d’euros. L’OIF elle n’a pu envoyer que 100000 euros.
Une langue forte doit être portée par une économie puissante.
Le déclin de la francophonie n’est guère que le reflet du déclin économique de la France.

Koffi Souza

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