Meurtres en série : jackpot de la gendarmerie

17/11/2011
Meurtres en série : jackpot de la gendarmerie

Dix auteurs présumés d’assassinats commis ces derniers mois dans plusieurs quartiers de Lomé ont été arrêtés par la gendarmerie. 

Au total, 12 cadavres avaient été retrouvés dans la banlieue Nord de Lomé, dont certains horriblement mutilés.

Jeudi les criminels ont été présentés à la presse.

Le directeur de la gendarmerie, le Lieutenant-Colonel, Yark Damehame a indiqué que les arrestations avaient été rendues possible grâce à l’opération « arc-en-ciel » aussitôt après le premier meurtre.

Ces meurtres en série, qualifiés par certains de rituels, avaient créé la panique chez les riverains et dans l’ensemble du Togo.

Voici la déclaration du directeur général de la gendarmerie 

Depuis le  mois de mai 2011, la banlieue nord de Lomé notamment Agoè-Nyivé et ses environs, est le théâtre d’une criminalité inédite, caractérisée par des meurtres en série suivis de mutilation d’organes. Les victimes sont le plus souvent des revendeuses ambulantes dont l’âge est compris entre 16 et 25 ans. Du 18 mai 2011 à ce jour, douze corps ont été découverts. Lesdits corps sont souvent jetés dans le secteur du champ de tir et de la réserve de Cacavéli.

Après la découverte du quatrième corps le 19 juillet 2011 et au regard des éléments de similitudes relevés par ses services techniques quant à la nature des victimes, à la manière d’opérer et éventuellement au but poursuivi, le Directeur Général de la Gendarmerie Nationale a mis sur pied depuis le 1er août 2011, une grande commission d’enquête sous la Direction du Commandant de Groupement de Lomé. Des moyens humains et matériels non négligeables étaient mis à la disposition de cette commission qui regorgeait de grandes potentialités au regard de la diversité de qualifications de ses membres. 

Ceci n’a malheureusement pas permis d’arrêter très tôt le phénomène, les auteurs de ces actes ignobles, prenant toujours le pas sur les méthodes employées. 

La persévérance des enquêteurs et le système de renseignement par eux mis sur pied, ont permis d’interpeller dix (10) présumés auteurs, constitués en plusieurs groupes : 

Le nommé TONATO Agouzé, charlatan fétichiste demeurant à Sanguéra a été contacté par un de ses clients qui lui a demandé de lui trouver du sang humain. Sans tarder et contre une somme d’argent, il accepte la proposition et met les gens sur le terrain. Informée, la Gendarmerie Nationale  a infiltré le réseau. Le sieur TONATO sera interpellé le 08 Novembre 2011 à 17 heures 20 minutes, en flagrant délit au moment où son envoyé lui remettait du sang contenu dans une seringue  conditionnée dans une glacière.  Interrogé, il déclare être au service d’un certain FOUSSENI, son client, qui lui a commandé ce produit et qui a mis préalablement à sa disposition la seringue et la glacière par l’intermédiaire d’un conducteur de  taxi-moto nommé ADRAKE Yao Dogbéda. 

Recherché, le nommé ADINDA Fousséni est interpellé. Interrogé, il reconnaît sans détours les déclarations du charlatan. Il précise que ce sang était destiné à fructifier de l’argent pour lui-même et pour le nommé BODE par les services d’un certain KONDO-ANI Bawoumondom dit « ABOU » qui se passe pour un marabout béninois de passage à Lomé.

L’interpellation du supposé marabout ABOU a permis de mettre la main sur d’autres individus qui, en réalité, font partie d’un vaste réseau d’escrocs. Il s’agit de :

  • - TCHA Badawasso dit Ibrahim et connu sous le nom de « Commerçant »
  • - BOUKARY Ousmane dit « GROS »
  • - AYARMA Magliwè dit « Papuce »
  • - DADJA  Joseph
  • - BADAWASSO  Falapalaki Alex dit « Ousmane »   

L’audition du marabout ABOU a permis de mettre à nu le mode opératoire du réseau. Pour agir, les membres du réseau ciblent leurs victimes parmi ceux qui nourrissent le désir de prospérer en un temps record  et  à qui ils proposent leur pouvoir de produire de l’argent à partir des moyens mystiques. Pour les convaincre à embarquer dans l’illusion  de l’opulence, ils procèdent à des mises en scènes au cours desquelles les victimes constatent l’apparition des billets de banque estimées à des centaines de millions de francs CFA. Afin de rentrer en possession effective de l’argent, ils font croire aux victimes qu’il est indispensable de procéder à des rituels. C’est ainsi qu’ils leur demandent de façon graduelle, des sommes d’argent et des objets au départ facilement réalisables  notamment  10.000 ; 20.000 ; 50.000 ; 100.000 F CFA; des plateaux d’œufs, boîtes de lait; parfums ; bêtes et volailles.

L'un des assassins présumés

Une fois toutes ces demandes satisfaites et se trouvant dans l’incapacité de livrer les sommes d’argent promises, ils montent au deuxième degré. A  ce stade, ils exigent des victimes des produits rituels dont eux seuls maîtrisent le circuit d’acquisition : parfums de haute gamme, percale (bandeau servant à couvrir les orifices) utilisé sur les cadavres dont l’âge est compris entre 18 et 22 ans, eau bénite et autres. 

Après avoir encaissé ces faramineuses sommes d’argent demandées, sachant qu’ils sont dans l’impossibilité absolue de satisfaire les victimes, ils passent au troisième degré. Cette phase consiste à demander aux victimes d’apporter du sang ou des organes humains aux fins de rendre utilisable l’argent supposé fabriqué mystiquement en les laissant entendre qu’on ne peut devenir immensément riche sans utiliser du sang humain.  Ce sang humain est désigné par eux sous le vocable de « l’huile » ou « mercure rouge ». L’opération à ce stade appelée « CLOSE » consiste à conduire leurs victimes à démissionner. Mais celles-ci s’étant complètement dépouillées et  surendettées de surcroît et dans l’espoir de refaire surface se lancent à la recherche et finissent par trouver le produit demandé.

Dans le cas d’espèce, ABOU, le marabout et ses acolytes après avoir soutiré environ trois millions de francs à FOUSSENI et à BODE, leur ont fait voir une supposée somme d’argent d’une valeur de cinquante-cinq millions (55.000.000) de francs CFA contenue dans une mallette.  Ayant fermé la chambre de BODE où se trouve la mallette, ABOU a exigé du sang humain en vue de libérer l’argent qu’il  a produit. 

Dans un premier temps, sur proposition de KPATCHA et de M’BAH, deux membres influents du réseau, BODE se rend à Kpalimé (P/Kloto) où il obtient le sang contenu dans une seringue emballée dans un plastique noir. Selon KPATCHA et M’BAH, ce sang qui coûte un million (1.000.000) de francs CFA, est le reste de celui que leurs clients de Morétan (P/Est Mono) avaient fourni contre la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA pour une opération similaire.

Dans un deuxième temps, ayant  estimé que ce sang n’était pas de la qualité requise, ABOU demande à FOUSSENI et à BODE une somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA en vue de s’en procurer au Nigeria. Faute de moyens, FOUSSENI préféra le trouver sur place par l’entremise de son charlatan TONATO Agouzé résidant à Sanguéra.

Face à la lenteur de FOUSSENI et de BODE d’apporter le sang  demandé, ABOU leur propose de fournir une somme de cent mille (100.000) francs CFA en vue de lancer des jeunes  susceptibles de trouver le produit sur le terrain.

Il faut rappeler que dans ses recherches tous azimuts, la Gendarmerie Nationale avait déjà mis la main sur un autre réseau se livrant  à des activités similaires dans le quartier d’Agoè Nyivé. 

En effet, ce réseau composé de N’BOUKE Komi, BEDE Komla,  LOMBO Koffi Koyi et KLELI Adjé Yawo a tenté d’assassiner le nommé DONSO Mazama-Esso, menuisier demeurant à Agoè Logopé. Ce même groupe a également conspiré l’assassinat de mademoiselle MAYABA Chérifa, élève à l’Ecole Privée  Laïque «MAWUGNON » à Agoè Logopé. Ses suspects ont été interpellés à Tohoun alors qu’ils tentaient de fuir vers la République du Bénin.

Tous de nationalité togolaise, ces criminels ont planifié des assassinats en vue de sectionner des organes et de soutirer du sang au profit d’un El Hadj. Dans la recherche de leurs victimes, ils ont décidé d’assassiner le sieur DONSO Mazama-Esso, un ami de N’BOUKE Komi.  C’est ainsi que dans la nuit du 20 au 21 octobre 2011, ils ont invité celui-ci à prendre un pot. Après lui avoir offert un verre d’alcool « Sodabi », ils l’ont conduit dans un bar où ils l’ont fait consommer une bonne quantité de bière. Poursuivant leur manœuvre, ils ont demandé à la victime de les accompagner chez une de leurs sœurs à Adétikopé à motos. Chemin  faisant,  ils  abandonnent  la  route  nationale   n°1 et  empruntent  un  sentier conduisant vers la brousse. Après quelques centaines de mètres, KLELI Adjé qui remorquait la victime s’arrête, obligeant celle-ci à descendre de la moto. A l’arrivée de BEDE Koffi et de N’BOUKE Komi, ce dernier sort de la manche de sa chemise un coupe-coupe et assène un coup de machette à la victime au niveau du cou, en vue de la décapiter. N’étant pas atteinte mortellement, cette dernière a réussi à se sauver dans la broussaille. Après avoir recherché vainement leur victime, ces malfrats quittent précipitamment la ville, craignant d’être dénoncés par elle.

Deux jours plus tôt, le même groupe avait projeté d’assassiner la nommée MAYABA Chérifa, la copine de N’BOUKE Komi. L’opération devait être exécutée dans la chambre de ce dernier. La nuit choisie pour la circonstance, elle a été invitée par son copain, mais  l’opération avait avorté. Le lendemain soir, N’BOUKE a réitéré l’invitation. A l’arrivée de Chérifa, il fait appel à KLELI et BEDE. Ceux-ci lui demandent de l’étrangler avant leur arrivée pour l’imputation des organes. C’est ainsi qu’ils ont accouru sur les lieux, mais ont été surpris par l’arrivée inopinée de Hezouwè, une camarade de la victime.

Interpellés et interrogés sur ce qu’ils allaient faire du corps de leur victime, ils ont déclaré qu’ils allaient le jeter dans la réserve de Cacavéli0, endroit où un autre corps avait été déjà découvert précédemment.  

Il convient de préciser  que toutes les personnes interpellées et celles qui sont actuellement recherchées résident dans le secteur d’Agoè Nyivé et ses environs. 

C’est le lieu d’appeler la population à plus de vigilance et de collaboration avec les forces de sécurité, afin de permettre à ces dernières de mettre la main sur d’éventuels autres suspects.

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