Croissance à la baisse

15/09/2010
Croissance à la baisse

Le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), Philipe Henry Dacoury Tabley s’est exprimé mercredi sur la situation économique et monétaire dans les pays de l’Union.
C’était à l’occasion d’une visioconférence au siège de l’institution à Lomé par le Comité Politique et Monétaire (CPM), le gouverneur même se trouvant à Dakar.
«L’analyse des indicateurs de conjonctures internes laisse apparaître au sein des Etats membres de l’Union une évolution moins favorable par rapport au trimestre précédent, notamment dans les secteurs des industries, des bâtiments et des travaux publics. Prenant en compte ces contre-performances dans l’activité industrielle, de même que l’impact dans la persistance des pénuries dans l’approvisionnement en énergie électrique qui affecte la plupart des Etats de l’espace, le taux de croissance de l’union a été révisé à la baisse passant de 4% à 3,6% », a indiqué M. Tabley.
Le gouverneur de la Banque centrale s’est également prononcé sur la situation des sociétés de placements (ICC-service au Bénin, Redemare au Togo) qui proposaient jusqu’à récemment des taux d’intérêts mirobolants.
« Ces structures opèrent dans l’inégalité totale et la seule chose à faire c’est de les fermer. La banque centrale a pour rôle d’attirer l’attention des autorités et il revient aux autorités de les fermer », a martelé Dacoury Tabley. Et de préciser : « la Banque centrale et la Commission bancaire ne contrôlent que les structures légales qui opèrent dans un environnement réglementaire ».

Le communiqué de la BCEAO
Le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a tenu sa première réunion le 14 septembre 2010, dans les locaux de son siège à Dakar, en République du Sénégal, sous la présidence de Monsieur Philippe-Henri DACOURY-TABLEY, Gouverneur de la Banque Centrale, son Président statutaire.
Le Comité de Politique Monétaire a procédé, conformément aux dispositions des Statuts de la Banque Centrale, à la définition de l'objectif de stabilité des prix dans l'Union. Après analyse des caractéristiques de l'inflation dans l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), des spécificités de la Zone et des délais de transmission des impulsions monétaires à la sphère réelle, le Comité a décidé :
● d'adopter l'Indice Harmonisé des Prix à la Consommation, calculé par les Instituts Nationaux de la Statistique, comme indicateur de mesure de l'inflation ;
● de définir l'objectif opérationnel de stabilité des prix comme un taux d'inflation annuel de l'Union compris dans une marge de ± un point de pourcentage (1%) autour de 2%, à un horizon de vingt-quatre (24) mois ;
● de retenir le taux d'inflation en glissement annuel pour la gestion opérationnelle de la politique monétaire.
Examinant ensuite la situation économique, financière et monétaire récente de l'UEMOA, le comité a relevé que l'inflation reste modérée dans l'Union. En effet, le niveau général des prix s'est accru, en glissement annuel, de 1,3% à fin juillet 2010 contre 0,6% à fin mai et 0,5% en mars 2010. Cette légère remontée des prix est principalement liée à la progression des prix des céréales locales et au renchérissement des carburants, atténués par la modération de l'évolution des cours des principaux produits alimentaires importés par les Etats membres de l'Union.
Au plan international, l'activité économique a été relativement bien orientée dans les pays partenaires de l'Union. Cependant, les perspectives pour certains pays partenaires demeurent empreintes d'incertitudes.
Dans l'UEMOA, un recul des activités non agricoles a été observé durant le deuxième trimestre 2010. En effet, l'indice de la production industrielle (IPI) s'est inscrit en baisse de 1,6%, en glissement par rapport au deuxième trimestre 2009, contre une hausse de 2,9% observée au trimestre précédent. Cette évolution est induite, entre autres, par la contre-performance des industries extractives.
En revanche, l'indice du chiffre d'affaires dans le commerce de détail s'est accru en moyenne sur le deuxième trimestre 2010 de 11,5%, en glissement annuel, après une hausse de 1,6% un trimestre plus tôt. Les perspectives du secteur agricole sont ressorties mitigées par pays, en liaison avec la mauvaise répartition temporelle et spatiale des pluies et la présence de parasites dans certaines régions.
Les conditions monétaires sont apparues globalement favorables, avec une liquidité bancaire relativement abondante et une détente des taux débiteurs des banques ainsi que des taux de sortie des émissions de bons par les Trésors Nationaux, dans le prolongement de la tendance observée depuis le début de l'année 2010. La croissance de la liquidité globale, en glissement annuel, s'est ainsi accélérée, induite par la consolidation des réserves de change et la progression des crédits nets aux gouvernements.
Les dernières prévisions situent la croissance économique à 3,6% en 2010 après 2,8% en 2009. Le taux de croissance du PIB projeté pour l'année 2010, bien que supérieur à celui réalisé en 2009, reste faible et soumis à de fortes incertitudes. Celles-ci portent notamment sur les conditions climatiques ainsi que sur les incertitudes liées à la vigueur de la reprise de l'économie mondiale et son impact sur la demande adressée aux Etats membres de l'Union.
Les perspectives de croissance pourraient être affectées également par la persistance de l'insuffisance de l'offre d'énergie électrique dans certains pays.
Les perspectives d'inflation ressortent globalement modérées. Le taux d'inflation, dans l'UEMOA, s'établirait, en glissement annuel, à 1,6% et 1,8% respectivement à fin décembre 2010 et fin décembre 2011 contre 0,7% en 2009. Le taux d'inflation devrait fluctuer, à l'horizon de fin décembre 2011 dans une fourchette comprise entre 0,6% et 3,0%. Dans ce contexte caractérisé par l'absence de risque majeur pour la stabilité des prix, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir le statu quo au niveau des taux directeurs de la BCEAO. Ainsi, le taux minimum de soumission aux opérations d'open market et le taux de la pension restent respectivement fixés à 3,25% et 4,25%.
Par ailleurs, la capacité des banques à constituer les réserves obligatoires est globalement satisfaisante et l'abondance relative de la liquidité bancaire ne devrait pas être à l'origine de tensions inflationnistes. A cet effet, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir les coefficients des réserves obligatoires à leur niveau actuel.
Ainsi, le coefficient des réserves obligatoires applicables aux banques demeure à 7,0% au Bénin, au Burkina, au Mali, au Niger et au Sénégal et à 5,0% en Côte-d'Ivoire, en Guinée-Bissau et au Togo.

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