Croissance inférieure aux prévisions

16/04/2010
Croissance inférieure aux prévisions

Les représentants du Fonds monétaire internationale (FMI), présents depuis deux semaines au Togo, ont achevé jeudi leur mission. Depuis la reprise de la coopération avec le FMI, la visite de ces experts à Lomé est régulière et a pour objectif de vérifier la bonne exécution de la feuille de route fixée en matière de gestion des finances publiques.
Le Fonds apporte également son appui pour l’obtention d’aides ponctuelles
Selon Marshall Mills, le chef de la mission, « malgré une conjoncture économique mondiale difficile, la mise en œuvre du programme économique et financier du gouvernement togolais, appuyé par la FEC, a été globalement satisfaisante, en dépit de quelques écarts modestes constatés par rapport à certains grands objectifs budgétaires ».
Le rapport fait état d’une croissance de 3,1% en 2009, inférieur aux prévisions qui tablaient sur 4%.
Les experts du FMI se sont entretenus avec les principaux responsables politiques dont le chef de l’Etat, le Premier ministre, le ministre de la Coopération et celui de l’Economie et des Finances.
Voici le communiqué publié par la délégation du FMI
« La récession mondiale a eu des retombées négatives sur l’économie togolaise en 2009, et a ralenti la reprise économique engagée par le pays au sortir d’une longue crise intérieure. Malgré la politique budgétaire contracyclique menée par les autorités, la croissance du PIB réel n’a atteint que 3.1% en 2009, chiffre inférieur au niveau potentiel estimé de 4%.
La production alimentaire a en particulier contribué à la croissance, grâce à des conditions climatiques favorables et aux subventions sur les engrais. L’inflation a chuté à une moyenne de 2% en 2009, contre 9% en 2008, sous l’effet du repli des prix des produits alimentaires et énergétiques. Le déficit budgétaire global s’est creusé quelque peu pour atteindre 3%, principalement en raison de l’augmentation des investissements publics destinés à amortir l’impact de la récession mondiale et de plusieurs années de sous investissement.

Le déficit courant s’est creusé à 7% du PIB, la récession mondiale ayant freiné la croissance des exportations et pesé lourdement sur les envois des fonds des travailleurs expatriés, tandis que les investissements publics ont alimenté la demande d’importations. La situation monétaire a évolué favorablement dans un contexte de poursuite de la restructuration du secteur bancaire, avec une saine croissance des dépôts et du crédit à l’économie.

En 2010, les effets persistants de la récession mondiale continueront de freiner la croissance économique, dont le taux devrait se situer à 3,3%. Au vu de cela, la mission s’associe à l’intention des autorités de maintenir une orientation budgétaire contracyclique en 2010, pour autant que les financements soient disponibles et pas onéreux.

L’inflation et le déficit courant devraient rester stables. Si la conjoncture macroéconomique justifie l’orientation de la politique budgétaire en 2010, la réussite de cette politique passe par une solide mobilisation des recettes, un respect rigoureux des plafonds de dépenses et un complément d’aide financière de la part des partenaires extérieurs.

Pour renforcer la viabilité de la dette à moyen terme, les autorités doivent opérer un rééquilibrage progressif des finances publiques à parti de 2011, à mesure que l’économie mondiale poursuivra son redressement.

Dans une conjoncture économique mondiale difficile, la mise en œuvre du programme économique et financier du gouvernement appuyé par la FEC a été globalement satisfaisante, encore que l’on ait relevé quelques écarts modestes par rapports à certains grands objectifs budgétaires. La progression des réformes sectorielles a été globalement conforme aux objectifs du programme, mais avec des retards dans certains cas.

En plus d’avoir bien avancé dans l’apurement d’un stock important d’arriérés intérieurs, les autorités s’apprêtent à privatiser les banques publiques d’ici la fin de l’année et elles ont d’ores et déjà adopté une stratégie pour la réforme de la filière des phosphates.

La mission a salué les plans destinés à mettre en place un guichet unique pour faciliter les formalités commerciales et douanières.

Les réformes dans les secteurs de l’électricité et des télécommunications demeurent importantes pour la croissance. La mission a exhorté les autorités à poursuivre la mise en œuvre de leur programme de réformes structurelles.

La mission s’est entendue avec les autorités à titre préliminaire sur un programme économique et financier pour le reste de 2010 et 2011. Au vu de cela, le conseil d’administration du FMI devrait être saisi en juin 2010 d’un rapport sur les résultats de la quatrième revue du programme appuyé par la FEC et d’une demande des autorités pour un accès à un niveau supérieur aux ressources du FMI.

La mission souhaite remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité et de la grande qualité des entretiens techniques.

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