Haro sur les sociétés de transfert d'argent

19/07/2012
Haro sur les sociétés de transfert d'argent

1,5 million de Togolais vivent à l’étranger, dont les 2/3 en Afrique. Leur contribution à l’économie de leur pays est significative avec des transferts estimés à 154 milliards de Fcfa en 2010, dernier chiffre connu.

Ce sont là quelques unes des données contenues dans une étude réalisée par la Banque africaine de développement (BAD).

Si la plupart des Togolais vivent sur le continent africain, près de 60% des transferts sont générés depuis l’Europe et l’Amérique du Nord. Logique car les niveaux de rémunération y sont bien plus élevés qu’en Afrique.

Selon la BCEAO, les transferts de fonds de la Diaspora vers le Togo ont fortement progressé de 2000 à 2010, selon un taux annuel moyen de 30% contre 6% pour le PIB, 7% pour l'investissement direct étranger (IDE) et 9% pour les recettes fiscales. Les fonds transférés sont passés en 10 ans de 1 % à 10 % du PIB. 

Comparativement aux autres pays de l'UEMOA, le Togo se situe au 4e rang des 8 pays de l'UEMOA avec 10,6% du total des transferts de fonds entre 2000 et 2010 dans la région.

La BAD souligne que ces envois d’argent constituent une source importante de devises permettant au Togo de consolider les réserves de change et partant sa "viabilité externe".

L'étude de la BAD confirme ce qui est connu ; les transferts de fonds sont dominés par les banques à travers lesquels prospèrent les sociétés de transferts express comme Western Union, Money Gram, Ria et Coinstar. 

Ces institutions spécialisées canalisent plus de 50% des fonds transférés. Mais la BAD déplore les frais appliqués qui sont une amputation sérieuse sur le disponible reçu à destination. En effet, ces frais varient entre 7 et 20% des montants 

engagés. 

La question des coûts de transferts se pose avec d'autant plus d'acuité, note la Banque, qu'il s'agit d'une quasi rente pour ces sociétés de transferts. La facturation du service est une combinaison de pourcentage et de charges fixes indépendamment du montant en jeu. Ces dernières charges sont fatidiques pour les petits montants.

Raison pour laquelle de nombreux Togolais de la Diaspora ont recours au système D avec les risques inhérents : perte ou vol de l’argent confié à un tiers.

Autre donnée intéressante de l’étude, les transferts de fonds provenant des ressources épargnées par les Togolais de l'extérieur, sont à 90% affectés à des dépenses courantes de familles (alimentations, santé, éducation). Toutefois, cette compensation à la faible capacité d'épargne interne constitue un levier direct pour le développement de la consommation et indirectement pour la production intérieure au Togo.

Les transferts à motivation financière ou d'investissements ne représentent que 10% des envois. Ils se concentrent dans les secteurs de l’immobilier et des unités de transformation. 

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