L’Afrique a besoin d’une croissance solidaire

11/05/2014
L’Afrique a besoin d’une croissance solidaire

Kossi Assimaidou

Le Fonds monétaire international (FMI), en coopération avec le gouvernement du Mozambique, organise les 29 et 30 mai prochains à Maputo une conférence de haut niveau destinée à faire le point sur les bons résultats économiques de l’Afrique, sa résistance aux chocs et les principaux défis liés à leurs politiques économiques. 

Cet évènement s’inscrit dans le prolongement de la conférence organisée en Tanzanie en 2009, qui a aidé à rallier l’aide internationale en faveur de l’Afrique après la crise financière de 2008. 

La conférence rassemblera des dirigeants d’Afrique et d’ailleurs, des représentants du secteur privé, de la société civile et du monde universitaire, ainsi que des fondations privées, avec pour objectif de maintenir la croissance actuelle et de mieux répartir les bénéfices parmi les populations africaines.

La conférence organisée en Tanzanie s’était déroulée sur fond de crise financière et économique mondiale. 

Cinq ans plus tard, une bonne partie de l’Afrique subsaharienne a fait preuve d’une résistance remarquable grâce aux progrès accomplis dans les réformes économiques au cours de ces dix dernières années. 

La région a rebondi rapidement après le ralentissement de l’économie mondiale et plusieurs pays ont connu une croissance rapide. 

Accélérer la réduction de la pauvreté, créer des emplois

Pour eux, il s’agit maintenant principalement de maintenir une croissance élevée, tout en stimulant la création d’emplois et en accélérant la transformation structurelle. Mais pour d’autres pays, notamment les pays fragiles, la priorité absolue reste d’établir une stabilité politique et économique suffisante pour faire partie des «lions africains».

Comme le fait remarquer Kossi Assimaidou, l’administrateur du FMI pour 23 pays africains, il existe bien d’autres sujets de préoccupation. Les bénéfices d’une croissance soutenue n’ont pas toujours été répartis de façon équitable parmi les populations, la croissance de l’emploi est moins rapide qu’on ne l’espérait et la pauvreté demeure élevée dans de nombreux pays. 

Il est donc important, explique-t-il, de favoriser une croissance solidaire et d’accélérer la réduction de la pauvreté. Un nombre croissant de pays sont maintenant des producteurs de ressources naturelles, une évolution qui offre des possibilités immenses, mais qui comporte aussi beaucoup de risques. Enfin, bon nombre de marchés financiers nationaux restent peu actifs et l’accès au crédit demeure difficile, en particulier pour les pauvres.

Kossi Assimaidou et Christine Lagarde

C’est d’ailleurs ce qui a conduit le Togo à lancer récemment le Fonds national pour la finance inclusive ; un instrument qui a pour mission de rendre accessibles les services financiers à tous, surtout les plus pauvres, par l’entremise des banques et des institutions de micro finance (IMF).

Kossi Assimaidou en est convaincu, en s’attaquant à ces défis, l’Afrique peut, avec d’autres régions, contribuer à accélérer la croissance économique et la réduction de la pauvreté au XXIe siècle. 

La conférence de Maputo permettra d’aborder plusieurs questions importantes. Quels sont les enjeux à long terme pour l’Afrique? Comment l’Afrique peut-elle créer davantage d’emplois, réduire les inégalités, favoriser la diversification de l’économie et la transformation structurelle, et rehausser la productivité agricole dans un environnement post-OMD? Comment le continent peut-il financer ses énormes besoins d’infrastructures dans les domaines des transports et de l’énergie? Quelles sont les meilleures pratiques de gestion des ressources naturelles et comment les progrès accomplis récemment en matière de gouvernance peuvent-ils être consolidés? Comment le développement du secteur financier et du secteur privé peuvent- ils être accélérés? Comment les pays peuvent-ils surmonter durablement leurs fragilités? Comment le continent peut-il mieux se protéger contre les risques tels que les chocs climatiques et économiques? Enfin, comment le FMI peut-il aider au mieux ses pays membres à relever tous ces défis?

Deux jours de discussion qui s’annoncent intenses.

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