L’Afrique doit mobiliser ses recettes intérieures

23/05/2014
L’Afrique doit mobiliser ses recettes intérieures

Donald Kaberuka, le président de la BAD

Le rapport annuel 2013 de la BAD, publié à l’occasion des assemblées annuelles qui ont lieu en ce moment à Kigali (Rwanda), souligne que l’Afrique a accompli quelques progrès vers les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ; notamment en matière de réduction de la mortalité maternelle et infantile, d'éducation pour tous et d’amélioration de l'égalité hommes-femmes. Cependant, les pays se tournent vers le programme pour l’après-OMD qui privilégie l’inclusion économique et la transformation structurelle

En 2011, la Banque, la Commission de l’Union africaine (CUA), la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont engagé des consultations sur l’agenda de développement après 2015.

La position commune définie pour l’Afrique privilégie quatre éléments : transformation structurelle et croissance verte, innovation et transfert de technologie, développement du capital humain et financement et partenariats durables.

S’agissant de la transformation économique structurelle et  de la croissance inclusive et verte, la croissance devrait être au service des populations et diversifiée; elle devrait promouvoir les activités respectueuses de l’environnement et viser la réduction des inégalités par l’intégration des populations pauvres dans les secteurs productifs. 

A cet égard, l’Afrique, estime la BAD, gagnera considérablement à créer un environnement propice à l’industrialisation en développant les chaînes de valeurs dans tous les secteurs et en favorisant le développement du secteur privé, et en encourageant la transformation du secteur informel. L’équité devrait être mesurée au moyen d’indicateurs de résultats ventilés, à intégrer dans les objectifs.

Pour l’innovation et le transfert de technologie, l’accès à l’énergie et aux TIC est essentiel pour la transformation économique et sociale du continent, au même titre que les infrastructures de base. L’Afrique ne doit pas passer à côté des innovations technologiques et numériques, notamment dans les domaines de la technologie mobile, de l’informatique dématérialisée, de la biotechnologie, de l’e-gouvernance, si elle veut élargir les perspectives pour les entreprises.

Utilisation optimale des ressources existantes

Quant au développement du capital humain, l’égalité, l’amélioration de la sécurité alimentaire, la protection sociale et la santé pour tous, l’assurance d’un logement adéquat et d’un accès à l’eau, l’assainissement l’hygiène et la parité hommes-femmes et l’éradication de la pauvreté devraient être des objectifs prioritaires.

Pour le document de la BAD, il est essentiel de mettre en œuvre des politiques complètes qui prévoient le renforcement des capacités et favorisent les programmes d’études en adéquation avec les besoins du marché du travail pour aider les jeunes à obtenir un emploi décent et bien rémunéré. Pour ce faire, il faudrait mesurer la qualité de l’éducation et des services proposés en mettant surtout l’accent sur le renforcement de compétences clés présentant un intérêt sur le marché du travail.

Enfin pour le financement et les partenariats, la mise en œuvre d’un programme de développement pour l’après-2015 requiert un financement approprié et un environnement mondial favorable. Les flux d’aide ne cessent de diminuer en termes relatifs et de nouvelles modalités d’aide au développement sont nécessaires. Pour ne plus dépendre de l’aide et des partenariats mondiaux, l’Afrique doit s’attacher davantage à attirer les investissements nationaux et étrangers et à mobiliser ses recettes intérieures.

Pour Adji Otéth Ayassor, le ministre de l’Economie et des Finances du Togo, présent aux Assemblées annuelles, l’accent doit être mis sur le renforcement de l’intermédiation financière, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration des capacités dégénération de revenu au moyen de mécanismes de financement, innovants, la réduction des mouvements illégaux de capitaux et l’utilisation optimale des ressources existantes.

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