L’avenir est riche de défis

12/03/2012
L’avenir est riche de défis

Le Togo et la France organisent conjointement à Lomé, du 12 au 15 mars, le 14e Colloque international des Services du Trésor francophones. Thème de la rencontre : « Les services du Trésor, piliers de la réforme de l’Etat et de la décentralisation ».

Cet évènement international se veut un cadre d’échanges, de confrontation des expériences et de réflexion sur les thèmes d’actualité relatifs à la gestion des finances publiques.

Plus de trente pays et des principales organisations financières internationales (FMI, Banque Mondiale) et régionales (UEMOA, BAD, BCEAO, CEDEAO, etc.) sont représentés.

Lors de l’ouverture des travaux, l’ambassadeur de France au Togo, Nicolas Warnery (photo), a souligné l’ « intérêt commun de nos différents pays et organisations pour trouver des solutions concertées et durables en matière de gouvernance économique et financière dans le contexte de crise internationale que nous connaissons ». 

Le diplomate a également salué les résultats obtenus par le Togo en matière économique et financière. « Le chemin parcouru mérite d’être salué », a-t-il déclaré.

De son côté, le ministre togolais de l’Economie et des Finances, Adji Otéth Ayassor, a relevé les défis majeurs en matière de gestion des finances publiques, en particulier dans la zone UEMOA et mentionné les réformes opérées au niveau du Trésor public au Togo.

Voici le discours prononcé par le ministre de l’Economie et des Finances, Adji Otéth Ayassor

Permettez-moi, tout d’abord de souhaiter une cordiale bienvenue et un agréable séjour au Togo à tous nos hôtes venus des pays frères et amis de la sphère francophone pour prendre part à la 14ème édition du colloque international des services du Trésor.

Tout en vous remerciant d’avoir porté votre choix sur mon pays pour la tenue de cette importante rencontre, je voudrais aussi vous dire combien ce pays est heureux et honoré de vous accueillir dans la pure tradition de l’hospitalité africaine.

Je voudrais adresser en particulier, la profonde gratitude du Gouvernement togolais au Gouvernement de la République française pour sa contribution inestimable à l’organisation des présentes assises.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

 « Les services du Trésor, piliers de la réforme de l’Etat et de la décentralisation », c’est le thème central qui meublera vos discussions pendant les trois prochains jours. 

Ce thème est aujourd’hui plus que d’actualité, eu égard aux défis majeurs que nos pays doivent relever en matière de gestion des finances publiques, en particulier dans la zone UEMOA, suite à l’évolution récente de la réglementation financière et comptable.

En effet, en juin 2009, de nouvelles Directives du cadre harmonisé des finances publiques ont été édictées, introduisant ainsi dans l’ordonnancement juridique communautaire d’importantes innovations en matière de gestion des finances publiques. 

Au nombre de ces innovations, il me plait de souligner la déconcentration des fonctions d’ordonnateur et celles de contrôleur financier, la prise en charge comptable des engagements de l’Etat au moment de la liquidation et l’enregistrement des ressources d’emprunt à moyen et long termes dans les opérations de trésorerie.

Le Trésor public est un acteur important de l’exécution du Budget de l’Etat, en ce qui concerne les dépenses et les recettes, la tenue de la comptabilité, la production des comptes de l’Etat ou la gestion de la trésorerie. Il est donc au centre des  problématiques de mise en œuvre de ces réformes.

Excellence, 

Mesdames et Messieurs

Le Trésor public est l’administration qui représente au sein du Ministère chargé des finances, le réseau des comptables publics et qui exerce une tutelle sur un certain nombre de secteurs de la vie économique du pays. 

Au Togo, depuis 2008, le Trésor public a fait l’objet d’importantes réformes qui répondent à la fois aux préoccupations nationale et communautaire. Ces mutations ont permis entre autres de décharger le Directeur Général des attributions comptables au profit de trois comptables principaux de l’Etat, à savoir :

- le Payeur Général du Trésor ;

- l’Agent Comptable Central du Trésor ;

- le Receveur Général du Trésor ;

qui ont pris fonction depuis 2009.

En outre, face aux difficultés inhérentes à la crise sociopolitique traversée par le Togo dans les années 90, le Gouvernement, sous la haute inspiration du Président de la République, a pris des mesures idoines afin de réglementer les régies de recettes. Trente-neuf régies de recettes de l’Etat ont ainsi été créées. Les  responsables de ces postes comptables ont été nommés et installés. La centralisation des fonds publics est l’un des défis majeurs auxquels le Trésor public  s’attèle aujourd’hui à lever. 

Adji Otéth Ayassor

Par ailleurs, la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique a, depuis 2010, initié une série de rencontres avec les acteurs de l’exécution des budgets des collectivités territoriales. Le but de ces rencontres est de renforcer les capacités des acteurs budgétaires et comptables au plan local et de faciliter le dialogue entre eux afin d’améliorer la qualité et la performance du service public dans la gestion des collectivités dont ils ont la charge. Ces rencontres se poursuivront et permettront, j’en suis convaincu, de bien cerner la problématique de viabilisation financière du processus de décentralisation au Togo.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Vous conviendrez avec moi que ce colloque est une opportunité d’enrichissement mutuel de nos expériences et qu’il vous permettra de mettre en exergue le rôle incontournable que jouent les services du Trésor dans la réforme de l’Etat en vue de mieux catalyser le développement économique de nos pays. Je vous invite donc à mener des discussions ouvertes, constructives et enrichissantes.

Pour terminer, je voudrais vous inviter à joindre l’utile à l’agréable pendant votre séjour au Togo et vous réitérer les remerciements du Gouvernement togolais pour avoir accepté de faire le déplacement de Lomé.

Tout en souhaitant pleins succès aux travaux, je déclare ouverte la 14ème édition du colloque international des services du Trésor.

Je vous remercie.

Voici l’intervention de l’ambassadeur de France à Lomé

Je vous souhaite, au nom de la France, la bienvenue à la 14ème édition du Colloque International des Services du Trésor francophones. 

La France se félicite d’être aux côtés du Togo pour l’organisation de cet événement international. C’est la première fois que le Togo accueille ce rendez-vous des principaux dirigeants des administrations publiques en charge de la gestion financière et comptable de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics. 

Le Togo reçoit dans ce cadre, du 12 au 15 mars 2012, des délégations venues de près de 30 pays, d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, des Caraïbes, de l’Océan Indien et d’Asie du Sud-est, ainsi que les principales organisations internationales et régionales concernées par la gestion des finances publiques.  

Alors que le Togo siège depuis le 1er janvier dernier au Conseil de sécurité des Nations Unies et qu’il a accueilli, il y a quelques mois, l’Assemblée parlementaire UE- ACP, le colloque qui nous réunit aujourd’hui, contribue, lui aussi, à nous rappeler la période faste des « Accords de Lomé » qui ont posé le cadre du dialogue et de la concertation entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les partenaires au développement. 

La signature de l’Accord Politique Global en 2006 a marqué la reprise de la coopération internationale entre le Togo et ses principaux partenaires techniques et financiers. Depuis, d’importantes réformes ont été menées afin d’engager le Togo sur la voie de la bonne gouvernance. C’est dans ce cadre que le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) a été atteint en décembre 2010, et que le programme économique et financier triennal (2009-2011) appuyé par la Facilité Elargie de Crédit du FMI a été conclu favorablement. 

Le chemin parcouru mérite d’être salué. Il nous oblige à continuer à aller de l’avant. 

Nous savons que la marche vers le développement est encore longue et ardue, et que les réformes à venir sont nombreuses et complexes. 

En effet, comme l’ont rappelé récemment les travaux organisés par le gouvernement togolais avec les différentes institutions internationales ou nationales, des marges de progrès existent, notamment dans l’amélioration du climat des affaires. Le nouveau Code des Investissements doit pouvoir s’appuyer sur des structures administratives modernisées, portées vers des objectifs de performance et des procédures transparentes, afin de faciliter la création d’entreprises et d’encourager l’investissement qui sera porteur de développement et de création d’emplois. 

Je pense en particulier à l’administration fiscale et aux douanes. 

De même, la stabilité du droit et le respect des contrats constituent des facteurs clé dans l’analyse de l’environnement des affaires. La mise en place des institutions de régulation et de contrôle des marchés publics constitue une avancée majeure. Il importe maintenant de veiller au traitement équitable et transparent des candidats aux appels d’offre, et de garantir la crédibilité des dispositifs mis en œuvre. 

Le bon fonctionnement de la justice est, par ailleurs, une condition clé de sécurité juridique pour les entreprises.  

Enfin, les réformes majeures portées par les directives communautaires de 2009, pour la gestion publique de l’Etat, et de 2011, sur le régime financier des collectivités territoriales, impliquent un engagement fort et une vision à long terme qui doivent permettre de mobiliser les énergies et les compétences, dans un esprit de coordination et de partage d’information entre les différents acteurs, internes et externes. 

L’avant-projet de loi relatif au Code de transparence dans la gestion des finances publiques, adopté par le Conseil des ministres du 29 février, porte des valeurs fondamentales que nous partageons tous : la légalité, la transparence, le contrôle démocratique et la responsabilité dans la collecte et l’utilisation des fonds publics. 

Dans cette démarche qui s’inscrit sur le moyen et le long terme, et qui se concrétise dans la rédaction du prochain Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté, il conviendra de mettre en évidence les enjeux de conduite du changement afin que les cadres et leurs équipes puissent porter les réformes institutionnelles qui permettront aux politiques publiques d’atteindre les objectifs de développement. 

L’avenir est riche de défis que nous saurons, ensemble, transformer en opportunités.  

Pour ce faire, le Togo pourra compter sur l’appui de ses partenaires, et en particulier celui de la France. 

La présence aujourd’hui des différentes institutions publiques, nationales, régionales et internationales, engagées dans la gestion des finances publiques atteste de l’intérêt commun de nos différents pays et organisations pour trouver des solutions concertées et durables en matière de gouvernance économique et financière dans le contexte de crise internationale que nous connaissons. 

Les échanges qui se dérouleront au cours de ces trois jours de débats et d’ateliers trouvent là toute leur pertinence. 

Je vous souhaite une excellente semaine de dialogue et de réflexion afin que ce 14ème Colloque International des Services du Trésor francophones soit un franc 

succès.  

Je vous remercie.

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