Un ‘one stop shop’ pour développer les infrastructures en Afrique

29/07/2015
Un ‘one stop shop’ pour développer les infrastructures en Afrique

Nouvelles voies rapides à Lomé

Africa50, la nouvelle plateforme d’investissement destinée au financement de projets d’infrastructures nationaux et régionaux pour la transformation structurelle des économies africaines tient mercredi à Casablanca (Maroc) sa première assemblée générale constitutive.  

Le ministre togolais de l’Economie, des Finances et de la Planification, Adji Otèth Ayassor, participe aux travaux.

Le Togo a d’ores et déjà libéré la totalité de sa contribution financière à ce Fonds. L’un des rares pays à l’avoir déjà fait.

Pour Alassane Ba, directeur général par intérim d’Africa50, cette initiative n’a pas pour vocation de concurrencer la BAD, mais d’accompagner la stratégie de la banque pour le développement du continent.

Republicoftogo.com : Quelle est l’ambition de ce nouveau Fonds qui tient sa première Assemblée générale à Casablanca ?

Alassane Ba : Africa50 est une structure financière autonome et indépendante, dédiée à la promotion et au financement de projets d’infrastructures en Afrique. L’objectif ultime  est de promouvoir et financer des projets d’infrastructures qui permettront à l’Afrique d’atteindre un nouveau palier de croissance, autour de 7-9 %. 

La  BAD est l’actionnaire de référence. Elle est suffisamment reconnue pour sa compétence sur les questions de développement, sa rigueur dans la gouvernance et sa capacité à incuber et à développer de telles structures. 

Je rappelle qu’au cours de ces 30 dernières années, la BAD a promu la création d’Africa Re, Afreximbank et de Shelter Afrique et bien d’autres, toute performantes. Africa50 fonctionnera avec deux guichets autonomes : une Facilité de promotion des projets d’infrastructure et une Facilité de financement des projets. Elle est dotée d’un capital suffisant et régie par un cadre juridique de droit privé.

C’est en fait une société anonyme avec des organes de gestion et de gouvernance comme dans le privé. Elle est constituée sur le modèle d’un partenariat public-privé, avec des actionnaires de catégorie A pour les gouvernements africains ; des actionnaires de la catégorie B pour les institutions financières africaines (sociétés de réassurance, fonds de pension, sociétés d’assurance, banques centrales et banques de développement…) ; et  des actionnaires de catégorie C pour le secteur privé. Africa50 est conçue pour être une entité rentable avec une politique de dividendes.

Le Fonds permettra de changer les paradigmes de la réalisation des infrastructures d’aujourd’hui et de demain. L’idée est opportune, comme l’atteste la création, juste après celle d’Africa50, de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures promue par la Chine, avec des actionnaires composés de pays européens et asiatiques.  

Nous avons tiré les leçons du financement de développement et ses nouvelles contraintes liées à la situation interne des pays développés. Nous voulons prendre notre destin en main. Africa50 mêle expérience et innovation. Il s’agit d’une solution africaine pour résoudre les problèmes africains, et pour qu’enfin émerge l’Afrique que nous voulons.    

Republicoftogo.com :  Le nombre des pays africains qui ont souhaité adhérer au Fonds Africa50 montre l’intérêt suscité par le développement des infrastructures dans la région. Où en sont les souscriptions dans la mise en place d’Africa50 ?

Alassane Ba : Nous sommes très satisfaits de la façon dont se déroule la mobilisation du capital. Plus de 15 pays aux niveaux de développement très différents ont payé le ¼ du capital souscrit, conformément aux statuts d’Africa50, les souscriptions ont atteint plus de 600 millions de dollars. 

Republicoftogo.com :  En quoi cette nouvelle institution est-elle importante pour les pays africains et quels bénéfices l’Afrique pourrait-elle en tirer ?

Alassane Ba : Africa50 jouera un rôle capital dans la physionomie du financement des infrastructures. Elle a un avantage compétitif distinct, lié à sa Facilité de développement des projets et à son business plan intégré. Sa gouvernance lui permet d’être une institution rapide dans ses prises de décision. Son partenariat stratégique avec la BAD lui permet aussi de profiter des avantages compétitifs de cette institution sans ses contraintes. En définitive, le Fonds sera un accélérateur des projets d’infrastructure. Il est espéré que Africa50 réduira les délais de préparation jusqu’au financement à 3-4 ans, au lieu des 7 à 0 ans comme c’est le cas actuellement.

Comme toute institution financière, il est prévu d’avoir un effet de levier financier modéré, qui permettra d’attirer des ressources des marchés de capitaux africains et non africains. Avec un investissement initial de 100 millions de dollars, la BAD pourra créer une institution financière, dont le total du bilan pourrait atteindre des dizaines de milliards de dollars.

Compte tenu de tous ces paramètres très positifs, Africa50 aura des impacts importants sur les économies africaines comme accélérateur de la réalisation d’infrastructures.

Republicoftogo.com : Africa50 est-il en concurrence avec la Banque africaine de développement ?

Alassane Ba : La relation entre la BAD et Africa50 est une relation filiale. Africa50 sera un bon complément de la BAD dans la préparation des projets et dans leur cofinancement. Etant l’actionnaire de référence du Fonds, la BAD assurera l’influence stratégique nécessaire pour assurer la synergie entre les deux institutions. Il est plus qu’obligatoire que la BAD et Africa50 travaillent main dans la main pour assurer la disponibilité de solutions efficaces à la réalisation de projets d’infrastructure. Leur rôle respectif est de faire en sorte de maximiser les projets pour répondre aux besoins des pays, dans un cadre de division du travail bien définie entre les deux institutions. 

En fait, parler de compétition entre les deux institutions quand la BAD siège au Conseil d’administration d’Africa50 est illusoire. 

Republicoftogo.com : Le marché des infrastructures en Afrique est actuellement fragmenté. Comment comptez-vous vous y prendre pour accélérer la mise en œuvre des investissements d'infrastructures dans la région ?

Alassane Ba : Sur le marché des infrastructures, le segment le moins bien financé actuellement est la préparation de projets. Les besoins sont énormes or il y a une rareté des sources de  financement. Africa50 aidera à financer ce segment et j’espère que d’autres institutions augmenteront les ressources disponibles pour les financements de la préparation, particulièrement les études de pré-faisabilité et de faisabilité. 

Le Fonds sera l’institution qui accélérera les projets en intervenant dès en amont à travers la facilité de développement. Nous espérons que ce business model fera des émules et sera amplifié. Africa50 est l’un des pionniers pour un business plan intégré du début à la fin, ce qui lui a valu le concept de 'one stop shop'. C’est une proposition de valeur unique.

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