Aide au développement : bons et mauvais élèves

18/02/2010
Aide au développement : bons et mauvais élèves

L’Organisation de Coopération et de Développement Economiques(OCDE) vient de faire le bilan de l’aide au développement. En 2005, les quinze pays de l'UE membres du comité d'aide au développement de l'OCDE s'étaient engagés à consacrer en 2010 au moins 0,51% de leur richesse nationale à l'aide publique au développement (APD).L’OCDE remarque que
"L'aide aux pays en développement pour 2010 va atteindre des niveaux records exprimés en dollars après avoir augmenté de 35% depuis 2004’’
Mais"Ce sera néanmoins toujours moins que les aides promises par les principaux donneurs de la planète il y a cinq ans à l'occasion des sommets de Gleneagles et du Millénaire +5."
L'organisation chiffre à 21 milliards de dollars l'écart entre les promesses d'il y a cinq ans et les projections pour 2010, du fait des "résultats insatisfaisants de plusieurs grands donneurs".
Parmi les pays en retard, la France consacrera cette année 0,46% de son produit national brut à l'APD, l'Allemagne 0,40%, l'Autriche 0,37%, le Portugal 0,34%, la Grèce 0,21% et l'Italie 0,20%, loin des 0,51% promis.
A l'inverse, d'autres pays européens dépasseront leurs objectifs avec en tête la Suède dont l'aide publique au développement, la plus importante du monde, représente 1,03% de sa richesse nationale.
Elle est suivie par le Luxembourg (1%), le Danemark (0,83%), les Pays-Bas (0,8%), la Belgique (0,7%), le Royaume-Uni (0,56%), la Finlande (0,55%), l'Irlande (0,52%) et l'Espagne (0,51%).
Les Etats-Unis s'étaient engagés à doubler leur aide à l'Afrique sub-saharienne entre 2004 et 2010, le Canada promettant de son côté de doubler le montant de son enveloppe 2001 pour l'aide internationale d'ici à 2010 en valeur symbolique.
L'Australie visait quatre milliards de dollars australiens et la Nouvelle-Zélande prévoyait d'atteindre un niveau de 600 millions de dollars néo-zélandais d'ici à 2012-13.
"Ces quatre pays semblent être sur la bonne voie pour atteindre ces objectifs", précise l'OCDE.
"La Norvège maintiendra le niveau de son APD à 1% de son PNB, et la Suisse parviendra probablement à 0,47%, dépassant son objectif précédent de 0,41%", ajoute-t-elle.
Si on fait un bilan global, on constate que "Globalement, ces chiffres aboutissent à une aide supplémentaire de 27 milliards de dollars US entre 2004 et 2010, mais un écart de 21 milliards demeure entre les promesses des donneurs en 2005 et les résultats des estimations de l'OCDE pour 2010",.
"L'aide a fortement augmenté puisque 16 donneurs ont honoré leurs engagements. Mais les niveaux insatisfaisants d'autres dont l'Allemagne, l'Autriche, la France, la Grèce, l'Italie, le Japon et le Portugal, signifient que le niveau de l'aide globale va considérablement faire défaut à ce qui a été promis", a déclaré Eckhard Deutscher, président du Comité d'aide au développement de l'OCDE.
"Ces engagements ont été pris et confirmés à plusieurs reprises par les chefs de gouvernement et il est essentiel qu'ils soient pleinement respectés".
Le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, a promis que l'effort d'APD serait supérieur en 2010 à celui de 2009.
L'APD de la France se situera ainsi cette année entre 8,66 et 9,36 milliards d'euros en fonction des annulations de dettes, soit dans une fourchette allant de 0,44% à 0,48%.

Koffi Souza

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