Instabilité africaine et action militaire française

17/07/2014
Instabilité africaine et action militaire française

La France réorganise son dispositif militaire en Afrique.

Son intervention était jusqu’ici considérée comme temporaire et géographiquement concentrée sur le Mali. C’était une vue trop optimiste de la situation. Il faut désormais inscrire cette action dans la durée  et sur une base régionale.

 C’est pourquoi l'opération Barkhane va  succéder à Serval, lancée en janvier 2013 au Mali, et regrouper les contingents  français dans la région. Cette action placée sous un commandement unique localisé à Ndjamena disposera de 3000 militaires français et sera conduite  en coopération avec cinq pays de la zone sahélo-saharienne (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad).

Les risques terroristes sont nombreux et l’instabilité s’installe dans une vaste zone qui va  du Mali à la Libye en passant par le Nigeria et le Soudan. Malgré des notables avancées, l’action de l’armée française n’a pas encore permis d’éradiquer les groupes terroristes. Un neuvième militaire français vient d’être victime d’une attaque suicide au nord de Gao et  la sécurité est loin d'être rétablie au Mali où la France a déployé son armée il y a un an et demi comme l’illustrent les récents affrontements meurtriers entre le mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et une dissidence du mouvement arabe de l'Azawad.

La France est ainsi engagée pour une durée indéterminée dans une vaste région. Elle doit se garder  de différents obstacles.

Le pouvoir français doit réviser de façon drastique la politique de retrait militaire

Elle doit le faire sans se laisser impliquer dans le jeu politique local mais elle peut aussi difficilement ne pas mettre les mains dans le cambouis. C’est dire la complexité politique de son action militaire. Il lui faut naviguer  entre une pression de la gauche du Ps et des écologistes en faveur du changement des gouvernants et la satisfaction des prurits démocratiques d’une part et le souci d’éviter les dissidences régionales et l’action des groupes anarchiques tentés par le djihadisme et les trafics de tous genres d’autre part.

Equilibre difficile à tenir.

Le pouvoir français doit également réviser de façon drastique la politique de retrait militaire qui avait été initiée depuis une dizaine d’années. Nul  doute que lors de sa visite dans la région ces jours-ci François Hollande aura à concilier l’inconciliable :défendre la stabilité institutionnelle des Etats africains tout en évitant un  brusque virage autoritaire des pouvoirs locaux sous le coup des pressions sécuritaires.

Koffi SOUZA

Commentaires

Loading comments ...

Loading comments ...

IL NE FALLAIT PAS MANQUER

Solution en vue à Bissau ?

Cédéao

Le président de la Cédéao, Faure Gnassingbé, a rencontré vendredi à Abuja son homologue de Guinée Bissau.

Innover pour une santé de meilleure qualité

Santé

Le président Faure Gnassingbé s’est rendu jeudi au CHR d’Atakpamé (région des Plateaux) qui expérimente depuis plusieurs mois un processus de gestion externe.  

Les priorités de la BM pour 2018

Développement

Joëlle Dehasse, la représentante de la Banque mondiale à Lomé, a indiqué les priorités de son institution pour l’année prochaine. 

Cina Lawson s'intéresse à la green tech

Environnement

Cina Lawson a assisté lundi à Paris au  ‘Tech for Planet’ organisé en marge du One Planet Summit.