L’interrogation démocratique en Afrique

14/05/2012
L’interrogation démocratique en Afrique

Jusqu'à ces derniers mois, l’idée d’une progression de la démocratie en Afrique, n’était guère contestée. Spontanément ou sous la pression des institutions européennes, l’Afrique francophone tendait à transposer sur son territoire les canons de la démocratie occidentale : élections libres et  transparentes, mandats limités dans le temps, état de droit ; respect des droits de l’homme. Le rejet unanime des coups d’état appuyait cette légitimité démocratique.

Cette progression est de plus en plus souvent remise en cause ; coups d’état au Mali et en Guinée-Bissau, lutte armée pour le pouvoir en Côte d’Ivoire et en Libye, contestation par les oppositions de la légitimité des gouvernants comme en Guinée.

La démocratie à l’occidentale a du mal à s’imposer .On commence alors à se poser la question de l’opportunité de cette transposition .

Suffit-il d’imiter pour rendre les nouvelles institutions acceptables ?

Ne s’agit-il pas en revanche parfois de démocraties de contrefaçon qui, à l’image des produits contrefaits, ressemblent aux marques originales mais ne sont que des illusions sous des apparences trompeuses ?

Voici que l’on remet aujourd’hui en cause le fondement de cette démocratisation de façade, -la loi de la majorité- qui n’est guère adapté au consensus nécessaire dans de jeunes structures. A appliquer brutalement le principe majoritaire, on provoque cassures et rébellions.

Et voici qu’une autre contestation apparaît. La démocratie occidentale repose sur la séparation du spirituel et du temporel. Or de nouvelles forces politiques  se’ développent qui souhaitent imposer la théocratie islamique .La rébellion malienne est en partie basée sur le salafisme, c’est-à-dire sur le retour à une société basée sur une conception rigoriste de la religion.

Les valeurs de la démocratie doivent être sans cesse promues et défendues. Mais, c’est sans doute une profonde erreur d’imaginer qu’elles peuvent être imposées par la force des armes comme ce fut le cas en Libye.

La légitimité démocratique doit être une force morale et ne doit pas prendre le visage de la force armée.

Koffi Souza

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